‹ Bossuet (volume 3)Chapitre 24 sur 38 · II. — A Pierre Mignard, premier peintre du roi · texte numérisé non relu

II. — A Pierre Mignard, premier peintre du roi

Je ne puis vous dire, monsieur, combien je suis sensiblement touché de la perte que vous avez faite. Comment donc avezvous perdu cette chère fille, dont j'ai plutôt appris la mort que la maladie? Je prie Dieu qu'il vous donne des consolations. C'est là, monsieur, qu'il faut regarder. Nos vues sont trop courtes pour savoir absolument ce qui nous est propre. Il faut se reposer sur celui qui fait tout pour notre bien, par rapport à ses fins cachées. L'innocence de cette chère et aimable enfant lui a fait trouver dans la mort la félicité éternelle, qu'une vie plus longue aurait mise en péril. Consolez-vous, monsieur, avec Dieu. Consolez Mme Mignard, et croyez que je suis toueb* au vif de votre malheur.

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