‹ Bossuet (volume 3)Chapitre 27 sur 38 · V. — A un savant juif relire en Angleterre · texte numérisé non relu

V. — A un savant juif relire en Angleterre

A Saint-Germain, 2 mars [1677].

Quelle nouvelle pour moi que celle de votre sortie hors de l'Église ! Dieu m'a voulu humilier : car, après ce que vous aviez écrit dans votre dernier ouvrage, je croyais que vous deviendriez un des plus grands défenseurs de notre sainte croyance et je vous en vois l'ennemi, mais j'espère que je ne serai pas frustré dans mon attente. Dieu a voulu vous humilier, aussi bien que moi par votre chute, pour vous rendre à son Église, plus docile, plus soumis, et par là plus éclairé. Je vis dans cette espérance ; et, cependant, en quelque moment que Dieu vous touche le cœur, venez à moi sans rien craindre : vous y trouverez un appui très sûr pour toutes choses, un ami, un frère, un père qui ne vous oubliera jamais, et jamais ne cessera de vous rappeler à l'Église par les cris qu'il fera à Dieu. Je ne vous ai point écrit jusqu'à cette heure, parce que j'ai appris que vous aviez été malade. Sarait-ce que Dieu aurait voulu vous parler dans cet état d'abattement? Tous les moments sont à lui. Hélas ! serait-il possible que la confusion que vous trouvez aux lieux où vous êtes ne vous fasse point souvenir de Sion et de sa sainte unité, ni sentir quel malheur c'est que d'avoir rejeté l'autorité de l'Église? Je ne veux point disputer, et j'aime mieux finir en vous embrassant de tout mon cœur. Revenez, mon fils, etc.

(1) Il s'agit très vraisemblablement d'un des frères Veil, dont il a été question plus haut

Page 1