INTRODUCTION
La plupart des héros nous déconcertent par les apparentes contradictions de leur complexe nature, Bossuet par sa miraculeuse simplicité. Au fond, tous les juges qui comptent se rencontrent dans la définition qu'ils donnent de lui. Le difficile n'est pas de le connaître, de dire ce qu'il était, mais de le comprendre, de le réaliser, d'admettre qu'un pareil être ait jamais existé en chair et en os. D'autres aussi grands que lui, et plus divers, saint Augustin, Pascal, Molière, Shakespeare, nous sentons bien qu'ils nous dépassent et nous écrasent, mais, si pauvres que nous soyons, une sorte d'humble sympathie, comme fraternelle, nous rattache à eux. Us se meuvent dans le même monde que nous. Énigmes certes, mais pas beaucoup plus indéchiffrables que l'énigme que nous sommes tous. Bossuet, au contraire, on le vénère, on ya jusqu'à « l'adorer », mais on ne songe pas à l'aimer. Non pas que ses gestes de tous les jours présentent rien d'héroïque et que dans le commerce ordinaire il manque d'humanité : sauf une ou deux peut-être, à savoir la curiosité et l'amour humain, il a toutes nos faiblesses, et comme Saint-Paul « il est...
infirme partout, soit qu'il prêche, soit qu'il combatte, soit qu'il gouverne le peuple de Dieu (1) ». Tellement homme qu'il nous inspire par moments une pitié encore plus tendre que respectueuse. De son vivant, il n'intùnidait personne. Doux, affectueux, jovial, très irritable parfois mais sans malice, prompt à céder devant les puissants, bref, comme l'a dit M. Jules Lemaître, « brave homme », dans toute la force du mot.
Abordez-le librement, comme il convient, lisez-le de près, écoutez le témoignage de ses contemporains, vous serez confondu de le trouver si peu sublhne. Mais ensuite, allez plus avant, essayez de le ressusciter, vous verrez bientôt qu'il vous échappe, qu'il n'est pas pétri du même limon que nous, que son existence entière est un long miracle. Les mots nous manquent pour décrire son état habituel, qui n'a presque rien d'humain. Prenons un de ces mots, une de ces louanges qui honorerait tout autre que lui et qui néanmoins n'est pas à la taille de Bossuet : modeste, il est invinciblement modeste, mais fatalement, pour ainsi parler, et sans aucun effort de vertu. Le catalogue de ses éditions princeps a quelque chose de pathétique. Après un écrit de circonstance et trois brochures, son premier vrai livre — VExposition — est de 1671. Il avait quarante-quatre ans. Le second livre — le Discours — de 1681. Ceci n'est qu'un indice entre mille. Voici qui a encore plus de sens. D'autres paraissent embarrassés et comme effrayés de leur gloire. Lacordaire, quand il descend de la chaire de Notre-Dame, veut qu'un frère convers l'humilie et le piétine, avide, pour ainsi parler, de sentir et d'étreindre son propre néant. Bossuet fait mieux. Il
(1) Lebarq, t. II, p. 297.
INTRODUCTION m
ne pense pas à lui ; habituellement, facilement, d'instinct il s'oublie. Si c'est être romantique que de ne se perdre jamais de vue, que de tout ramener à soi, même les idées générales, même l'histoii'e universelle, Bossuet est le plus classique des hommes. Si cela était possible, il nous guérirait de l'étrange manie que nous avons de nous prendre pour le centre du monde, d'attacher une importance tragique à notre moi, de revenu-, avec une inquiétude éternelle, à sonder, à étaler, à amphfier démesurément les chétives aventures de notre intelligence et de notre cœur. H n'aurait sans doute pas écrit les Pensées de Pascal, telles du moins que nous les romantîsons aujourd'hui, il n'aurait certainement écrit ni les Mémoires d'outre-tomhe, ni les Souvenirs cVenfance et de jeunesse, ni même VApologia de Xewman. Certes, il n'entend pas que l'homme se méprise tout entier. Il exalte, aussi magnifiquement que personne, la grandeur du plus humble des chrétiens ; mais tout ce qui de près ou de loin ressemble à de l'égotisme lui ferait horreur. Il vit, et d'une façon très intense, mais jamais il ne se regarde vivre. Son attitude constante, ce n'est pas l'analyse intériem'e, mais le « ravissement )). Il lit constamment, il réfléchit et médite plus encore, mais pour arriver à « se perdi'e » — encore un de ses mots habituels — dans les belles réalités qui l'occupent. Sa merveilleuse abondance, ce torrent de pensées, d'images et de citations, ne voyez pas là l'impétuosité verbale, le jeu d'un rhéteur, mais la recherche tumultueuse, l'attente passionnée de l'extase. Il l'a reconnu splendidement : « Je dis beaucoup de paroles parce que je ne suis pas encore au fond que je cherche (1). » Quand il touche à ce fond, les
(1) Corresp., t. pr, p. 306. (Édit. Urbain et Levesquc.)
iv BOSSUET
périodes cessent, la phrase elle-même s'évanouit. Écoutez encore :
Dites ô en silence, n'y ajoutant rien : 0 adorer ! ô louer ! ô désirer ! ô attendre I ô gémir ! ô admirer ! ô regretter ! ô entrer dans son néant ! ô renaître avec le Sauveur ! ô l'attirer du ciel ! € s'unir à lui ! ô s'étonner de son bonheur dans une chaste jouissance! ô être doux et humble de cœur! ô être ardent! ô être fidèle ! Qu'y a-t-il de moins qu'un ô ; mais qu'y a-t-il de plus grand que ce simple cri du cœur? Toute l'éloquence du monde est dans cet ô ; et je ne sais plus qu'en dire tant je m'y perds.
H a raison. Du moins pour ce qui le concerne, oui, toute son éloquence, disons mieux, toute sa vie est dans cet « ô )). H y a bien aussi le « donc » pour lequel, en bon fils de la Sorbonne qu'il était, Bossuet eut toujours beaucoup de tendresse. Mais ce « donc » il ne l'emploie que pour s'entraîner et surtout pour entraîner les autres — protestants, libertins, mondains — à dire cet « ô ». Le voilà déjà presque défini. Chaque ligne de lui que nous lirons confirmera l'impression des deux textes révélateurs que je viens de citer. Bossuet est un homme qui s'oublie habituellement pour s'absorber dans les réalités de la foi.
Autant dire qu'il est un lyrique presque parfait. Qui donc a confondu individualisme et lyrisme? Le vrai lyrique ne se dépouille pas moins de soi qu'un entomologiste ou qu'un philologue. Encore plus dégagé que ceux-ci, parce que l'objet de ses ravissements rassasie toutes les facultés de son âme, il s'abîme, il se fond dans ce qu'il contemple. Combien plus vraiment poète que Victor Hugo, par exemple, lequel se pénètre bien aussi des idées qui l'inspirent, mais qui s'en pénètre en les tirant à lui, en se voyant, en se contemplant en elles, en se substituant insen-
IMKODUCTION v
siblement à elles, les humiliant par là et se rapetissant lui-même avec elles. Bossuet, tout au contraire. H s'oublie lyriquement, même lorsqu'il s'efforce d'écraser Fénelon. Il se perd, — force m'est bien de répéter ce mot, — il se perd dans saint Paul, dans saint André, dans saint Bernard, dans l'histoii'e de FÉgiise et des empii^es, dans la pensée de saint Augustin, dans la contemplation de l'Évangile et des mystères.
Ce « petit astre », qui tient « un si beau rang parmi les étoiles », cède au « gi'and astre de la foi et de la tradition chrétienne ». Xon content « d'honorer le soleil, en paraissant clair et lummeux par le côté qu'il tourne vers lui », il n'a pas d'autre ambition que de « disparaître » et de s'absorber tout entier dans cette divine lumière.
Seigneur, toute lumière créée, et qui n'est pas vous, quoiqu'elle vienne de vous, vous doit le sacrifice de s'anéantir, de disparaître en votre présence, et disparaître principalement à nos propres yeux ; en sorte que, s'il y a quelques lumières en nous, nous les voyions, non pas en nous-mêmes, mais en celui que vous avez donné pom* nous être sagesse, justice, sainteté et rédemption, afin que celui qui se glorifie se glorifie non point en luimême, mais uniquement en Notre-Seigneur (1).
Ai-je besoin d'ajouter que cet anéantissement ravi ne ressemble ni à l'immobilité ni au rêve. Contempler ainsi, c'est agh' ; tomiier les plus hautes activités de l'âme vers « le céleste illuminateur », c'est yivre de lui, en lui et par lui. Certains de ses dévots, gens de peu de foi, se bandent les yeux pour ne pas voù" les faiblesses trop certaines de leur idole. Les textes sont là néanmoms. Ce sublime maladroit se dénonce lui-même au moment où il tâche de se
(1) Traité de la conaipiscence, chap. xxxit*
trouver des excuses. Non, aux heures vraiment critiques de sa carrière officielle, Bossuet ne s'est pas conduit en héros. Mais, en vérité, que pèsent ces misères aux yeux de qui a compris une bonne fois le secret de cette vie? Quoi qu'il fasse et quoi qu'il écrive, il reste Bossuet pour nous, c'est-à-dire une chétive créature de chair et de sang qui s'est usée et transfigurée à refléter, à aspirer, si l'on peut dire, ces vérités éternelles que la chair et le sang ne révèlent point. Son histoke véritable est là, dans cet effort qu'il a tenté loyalement, passionnément et jusqu'à la fin pour s'assimiler les choses divines. C'est dans cette vie intérieure, dans ce lyrisme agissant qu'on le voit s'épanouir, s'enrichir, grandir sans relâche. Tout le reste n'est qu'anecdote et ne compte pas (1).
Cet oubli de soi, Bossuet le porte dans les multiples occupations de son ministère. Aucune besogne ne lui paraît trop petite. Il prodigue à de modestes religieuses le meilleur de son temps et de son génie ; d'un même cœur, lui qui n'aùne pas les fables du paganisme et qui « trouve un grand creux dans ces fictions de l'esprit humain », il se
(1) Voici quelques mots de saiut François de Sales qui justifient excellemment ce qu'on vient de lire. Il parle de Poraison, mais l'élo quence de Bossuet n'est qu'une des formes de l'oraison : « Je vous conseille la mentale, cordiale et particulièrement celle qui se fait autour de la vie et passion de Notre-Seigneur : en le regardant souvent par la méditation, toute votre âme se remplira de lui; vous apprendrez ses contenances et formerez vos actions au modèle des siennes. Il est la lumière du monde ; c'est donc en lui et par lui et pour lui que nous devons être éclairés et illuminés ; c'est l'arbre de désir à l'ombre duquel nous nous devons rafraîchir ; c'est la vive fontaine de Jacob pour le lavement de toutes nos souillures. Enfin, les enfants, à force d'ouïr leurs mères et de bégayer avec elles, apprennent à parler leur langage ; et nous, demeurant près du Sauveur par la méditation et observant ses paroles, ses actions et ses affections, nous apprendrons, moyennant sa grâce, à parler, faire et vouloir comme lui. » {Introduction à la vie dévote, t. II, i.)
INTRODUCTION vu
remet aux études classiques aussitôt qu'il est chargé de r éducation du dauphin. Très souple, très appliqué, il se façonne avec une suprême aisance aux exigences de chaque sujet et sait au besoin éteindre ses feux. Mais enfin on peut dhe qu'à l'exception de certains travaux purement pédagogiques, — l'annotation d'un lexique latin par exemple, — son lyrisme ou se déploie librement, ou gronde et couve dans toute son œuvre. Les « ô » ne manquent pas, même dans V Histoire des variatiofi;s^-^^ -
Poète merveilleusement divers, imprévu, mobile, puisqu'il poussa jusqu'aux limites du possible le détachement de soi, mais poète avant tout, et toujours poète, ceux-là même, croyants ou non — et ils sont plus nombreux qu'on ne pense — qui ne goûtent pleinement ni ses préjugés d'école, ni sa pohtique, ni sa philosophie de l'histohe, ni l'étroite vigueur de ses doctrines, lui gardent une admiration fervente, désarmés, conquis, par ce don royal qui chez lui transfigure tout.
On pourra suivre, pas à pas, dans les textes que nous allons citer de lui, l'histoire intérieure, le développement continu de ce don lyrique. Pour aider le lecteur dans cette étude, je distinguerai les trois périodes de cette évolution qui, du reste, correspondent assez exactement aux trois principales étapes de la vie de Bossuet. La première période, presque uniquement oratoire, couvre les années de Metz et les premières années de Paris (1652-1670) ; la seconde période, que j'appellerai, si l'on veut bien, réaliste, coïncide avec les dix années que Bossuet passe à la cour en qualité de précepteur du dauphin (1670-1680). Viennent enfin les années de Meaux (1681-1704). C'est la période proprement et triomphalement lyrique. H n'écrit plus désormais qu'avec un charbon^de feu.
Certes, il paraît unique des les premiers pas de sa course. La sève lyrique ruisselle, ardente et puissante, dans ses œuvres de jeunesse. Bossuet lui-même ne dépassera jamais tel des sermons prêches par lui dès avant le fameux carême du Louvre (1662). Mais, d'une part, les subtilités que la mode imposait alors aux prédicateurs et je ne sais quelle ivresse doctorale, d'autre part, la rhétorique — charme et rançon de toute vive jeunesse — troublent parfois le cours de cette éloquence. Pour être tout à fait sincère avec soi-même, pour ne jamais se payer de mots, il faut avoir connu la vie autre part que dans les livres. Au moment de son beau Carême des minimes (1660), Bossuet qui fut toujours plus jeune que son âge, s'il est permis de parler ainsi, n'avait encore que trentetrois ans. Laissez-le croître, et, pour cela, laissez-le descendi'e de. la région des « belles théologies », sur le terrain inégal et dangereux des réalités concrètes. L'enfant royal qu'il a mission d'instruire, les protestants qui lui opposent les exemples de l'Église primitive, les érudits, ses nouveaux amis qui pèsent les vieux documents dans les balances d'une critique minutieuse, les grands morts qu'il doit célébrer, les conflits ecclésiastiques sur lesquels il faut, bon gré mal gré, qu'il prenne parti, le roi et les courtisans à redresser et à ménager tout ensemble, tout lui fait un devoir de s'établir dans l'ordre des faits, d'approfondir les deux histoires, celle du passé d'abord, mais celle aussi du présent qui se fait sous ses propres yeux et qui dépend quelque peu de lui. Double crise qui va nous éclairer à la fois et sur le caractère et sur le génie de Bossuet. Comme homme et comme prêtre, il a donné sa mesure pendant ces années difficiles, prêtre toujours admirable de charité, d'onction et de zèle, homme pacifique, conciliant, un peu
IMRODUCÏION IX
faible et trop ébloui par « les grandes puissances qui mènent le monde ». Quant au génie, il se transforme, il se renouvelle, il nous étonne par une production inlassable de chefs-d'œuvre. Bossuet prédicateur retardait sur son siècle, — le grand siècle plus grave et plus mesuré que sublime. Le voici maintenant qui se maîtrise, qui accepte, pour quelques années, la majestueuse discipline qui dominait alors, le voici qui prend sa place dans le cortège du roi-soleil. Il publie le Discours sur VMstoire universelle, il prêche les Oraisons funèbres, il prépare VHistoire des variations. Ce qu'il a écrit, non pas de plus beau, mais de plus réglé, de plus classique et de plus parfait date de là. Enfin il quitte la cour. Les contemporains dont l'admh'ation lui reste fidèle le trouveront encore égal à lui-même. A nous, hommes d'aujom'd'hui, il semble plutôt que Bossuet va s'élever encore et que les travaux de son âge mûr n'ont fait que préparer les épanchements lyiiques de sa vieillesse. Orateur, historien, philosophe, controversiste, il avait toujours été lyrique, mais il ne s'était pas encore donné libre carrière. Lentement, laborieusement, il fondait sur le dogme, sur la tradition et sur l'histohe l'architecture de sa doctrine, surveillant, mortifiant avec une sévérité croissante les brusques poussées de son génie. Évêque, et bientôt vieil évêque, — en 1687 il parlera de ses cheveux blancs, — il est libre, il n'a plus à se contenir et il s'abandonne. Il écrit alors des livres splendides, dont chaque ligne paraît msph'ée. Controversiste toujours, par devoir et par goût, mais controversiste lyrique et qui ne songe plus à se modérer. Un trait me fera comprendi*e. Comparez le Mélanchton de Y Histoire des variations au Fénelon de la Relation sur le quiétisme. X'est-il pas évident que la période réaliste, mesurée, conciliante, auguste
enfin est passée? Mais en revanche, si vous avez l'oreille juste, comparez les fameuses lettres à une demoiselle de Metz, comparez-les aux Élévations, au Traité sur la concupiscence, à tout ce qu'il a écrit d'intime et de pieux pendant les dernières années de sa vie. Ici plus de rhétorique, plus un mot qui ne parte du fond des entrailles. La poésie a succédé à l'éloquence, une poésie dont il n'est plus maître, dont il déborde et qui, par suite, l'exprime et le définit tout entier.
La courbe que je viens de tracer est-elle exacte? Nous avons un moyen facile de le contrôler. Bossuet a été l'homme de la Bible, mais ce livre divin qu'il n'a jamais quitté, il ne l'a pas toujours pratiqué de la même manière. Tout ce qu'il a écrit a été écrit en marge de la Bible, les Sermons comme les Discours, les Élévations comme la Défense de la tradition et des Pères; mais ces notes marginales n'ont pas toutes le même accent. Ce que le premier Bossuet demande à la Bible, — il nous l'a dit, — ce sont de belles pensées, de beaux thèmes oratoh-es. Il néglige les passages difficiles, il suit le conseil de V Imitation : relinque curiosa. Plus tard, à la cour surtout, il entreprend une étude plus scientifique du texte sacré; il apprend l'hébreu; il compare entre elles les traductions ; il retraduit lui-même les psaumes, il commente, et avec quel luxe de détails, l'Apocalypse; enfin la Bible devient presque exclusivement pour lui un manuel de méditations et à! élévations.
Qu'on me pardonne ces quelques vues d'ensemble, qui fixent le point de vue auquel il me semble qu'on doit se placer pour mieux étudier Bossuet, et qui expliquent les divers choix que j'ai faits dans son œuvre immense 1 Certes nous ferons, comme nous pourrons, le tour des pyramides vastes et sévères qu'il a édifiées pendant la seconde période
INTRODUCTION xi
de sa vie, mais, dans le présent livre, le Bossuet magnifiquement équilibré, le Bossuet « gTand siècle », cédera le pas au Bossuet frémissant des Sermons et à l'extatique des Élévations. Au Bossuet qui se possède et se dompte parfois jusqu'à s'éteindi'e, nous préférerons d'abord le Bossuet qui se cherche, puis le Bossuet qui se trouve ou plutôt se retrouve et qui, sûr de lui-même, libre de toute convention et de toute contrainte, s'abandonne à sa piété et à son génie.