INTRODUCTION
Les dix leçons qui forment cet ouvrage ont été données dans la salle de la Société de Géographie à Paris, de janvier à mars 1916, par l'Institut d'Action Française.
Devant les événements dont la leçon terrible obligeait la France à se ressaisir, il a semblé conforme aux besoins de la patrie d'offrir à sa pensée, à sa contemplation, à son étude, l'image de son génie, dans les écrits du plus grand de ses enfants. Cette pensée devait trouver un écho immédiat dans l'élite supérieure du pays, signalée au respect de tous par la sainteté du caractère, par la dignité des fonctions, et que la guerre même mettait en évidence.
Les conférences étaient à peine annoncées, qu'un des évêques français les plus éprouvés par la guerre, celui dont la ville épiscopale a subi le plus de destructions barbares, celui aussi qui dans ce cataclysme a donné le spectacle du courage le plus intrépide, du dévouement le plus absolu aux populations de son diocèse, Mgr Lobbedey, évêque d'Arras, faisait à l'auteur l'honneur de lui écrire la lettre qu'on va lire, et qui fait l'introduction du livre.
Dans cette lettre, où les mérites de Bossuet se voient définis de si haut, où les traits d'une saine intelligence sont opposés en termes si nets aux tares de l'esprit allemand, le lecteur appréciera autre chose encore que la vivacité de la pensée ; il admirera la sollicitude qui fait s'appliquer l'Eglise, parmi tant de soucis matériels immédiats, aux conditions plus éloignées, mais essentielles, de l'ordre réparateur : nous voulons dire au bon régime de la pensée. Les dégâts matériels, le meurtre, le bombardement, l'incendie, tout ce qu'ont de pressant les plaies de la guerre, n'empêche pas un évêque qui court les panser, qu'on a vu s'exposer vingt fois pour les secourir, de maintenir ses regards plus haut, sur le guide, sur l'intelligence, sur les soins que la raison réclame.