II INTRODUCTION
On lit dans saint Thomas ce beau mol qu" « adorer Dieu est l'œuvre de la raison ». Restaurer la patrie est œuvre de même sorte. Cette vérité, que ressent dans toute la France, l'élite intellectuelle du pays, il appartenait à un évêque du pays envahi de la proclamer.
Et sur tout cela, qui n'admirera le soin pris par le prélat, au milieu de tant de ruines, de cueillir dans Bossuet les paroles humaines et saintes qui dénoncent à Dieu les guerres injustes, effet de l'avidité des princes ou des peuples. Ces paroles relevées par un évèque dans les ouvrages d'un autre évêque, méritaient de rester en tête du livre, comme le sceau même de la religion que Bossuet a enseignée et servie. Tout commentaire ajouté au cours des pages qui suivent, en eut affaibli le sens actuel.
Rien ne sera facile pour le lecteur comme de les rattacher aux grands principes que le chapitre de Bossuet politique expose. D'autre part, isolées à rentrée de l'ouvrage, empruntant une force supérieure à la plume qui les redit pour nous, elles répondront au besoin le plus intime des âmes, elles satisferont l'esprit en rendant plus sensible le dessein qui rattache ces leçons au malheur de tant de victimes, puisqu'il tend, par l'effet d'une pensée rectifiée, à faire détester leurs bourreaux.
Cher Monsieur,
fai appris que dans les cours qui auront lieu en cette année 1916 à V Institut d'Action Française vous deviez prendre notre grand Bossuet comme sujet de vos leçons.
Votre choix 7ie pouvait être plus heureux et Je me permets de vous en féliciter.
Que Bossuet soit, en effet, mis en face des plus beaux génies que les nations actuelles shonorent d'avoir enfantés et nourris; il ne sera éclipsé par aucun. Toujours il apparaîtra comme étant de tous le plus profond, le plus complet.
Notre littérature nationale na pas de plus noble représentant.
Sans doute, il na jamais voulu être auteur, il n'a pas écrit pour écrire, et quand il prenait la plume, c'était pour répondre à des nécessités pj^essantes. D'autre part, tous ses ouvrages, à peu d'exceptions près, ont eu pour but, soit d' expliquer , soit de défendre la doctrine catholique. Mais pour être essentiellement religieux, ils n'en relèvent pas moins de la littérature. Car, ainsi qu'on l'ajustement remarqué, « la théologie qui les inspire et les imprègne est rendue accessible et même attrayante par une composition dont l'ordonnance est une jouissance pour l'esprit et par ce style dont V éloquence toujours présente, encore que discrète,