‹ Bossuet orateurChapitre 122 sur 192 · S. Augustin. Enarr, in Psalm, cxlviii, n · texte numérisé non relu

S. Augustin. Enarr, in Psalm, cxlviii, n

SERMONS SUR LES àNGËB l r StJH LÉ8 DÉMONS. 28o

jours fécond en procès, en querelles, en murmures, en

médisances , en divisions : esprits charitables, esprits pacifiques, calmez la tempête de nos colères, adouci l'aigreur de nos haines , soyez des médiateurs invisibles pour réconcilier en notre Seigneur nos cœurs ulcérés1...

^ Descendus des cieux pour être nos compagnons, nos serviteurs, c'est encore par amour pour nous, c'est encore pour nous servir qu'ils y remontent . Ces fidèles gardiens ne paraissent nous quitter que pour aller traiter nos affaires eux-mêmes dans les conseils où elles se décident; ils ont recueilli sur nos lèvres H dans le secret de nos cœurs la prière languissante <■( chargée du poids de l'infirmité humaine, qui, soutenue par l<'iir> ailes, perce les nues et monte enfin sans obstacle jusqu'à la face de Dieu. Ils offrent en sacrifice les bons désirs, les aumônes et les larmes de la pénitence. Alors, comme ils savent que la conversion des pécheurs fait la fête et la joie des esprits célestes, ils < as mhlfiil leurs saints compagnons, » pour leur raconter « les heureux succès de leurs soins ri de leurs conseils. » On croirai! entendre l<-s cantiques du chœur des Anges répondre aux >ini^hvs menaces des Démons :

« Enfin, ce rebelle endurci a rendu les armes, cette tête superbe s'est humiliée, ces épaules indomptables ont

subi le joug, cet aveugle a ouvert les veux et déplore ies

l. 1er point.

erreurs de sa vie passée ; il a rompu ces liens trop doux qui tenaient son âme captive, il renonce à tous ces trésors amassés par tant de rapines; les pleurs du pupille ont percé son cœur, il se résout défaire justice à la veuve qu'il a opprimée. »

.... Là-dessus il s'élève un cri d'allégresse parmi les esprits bienheureux; le ciel retentit de leur joie et de l'admirable cantique par lequel ils glorifient Dieu dans la conversion des pécheurs1.

Tels sont les cris d'allégresse dont les Anges se plaisent à faire retentir le ciel ; leur félicité est accomplie lorsqu'ils peuvent joindre à l'ineffable joie de voir Dieu face à face la joie non moins vive de lui offrir, comme un sacrifice agréable, les âmes qu'ils ont ramenées dans les voies du salut. Mais quelle n'est pas leur tristesse, lorsqu'il en est une qui se dérobe à leurs soins et, malgré eux, s'obstine à sa perte. Bossuet indiquait déjà, dans le Panégyrique des Anges gardiens, la saisissante peinture qu'il a reprise dans le sermon sur £ Impénitence finale (1662). Il amène au chevet de l'agonisant, avec les médecins qui consultent sur l'état du corps, les Anges qui consultent de la maladie de l'âme :

Reorésentez-vous, chrétiens, des médecins assemblés qui consultent sur l'état d'un homme frappé d'une maladie périlleuse. La famille pâle et tremblante attend le résultat de leur conférence; cependant ils pèsent entre

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