‹ Bossuet orateurChapitre 121 sur 192 · Joan., I · texte numérisé non relu

Joan., I

cendent d'un vol léger, c'est trop peu dire, ils descendent d'un vol impétueux sur cette terre qui est a le propre pays des afflictions. »

.... Venez donc, Anges célestes, honorer cette bonté souveraine; venez tous ensemble chercher sur la terre les victimes qu'elle demande, vous ne les pouvez trouver dans le ciel. « On n'y peut exercer de miséricorde, parce qu'il n'y a point de misères : ibi nulhi miseria est, in qua fiât misericordia *. » Peut-on consoler des affligés, où toutes les larmes sont essuyées? Peut-on secourir ceux qui travaillent, où tous les travaux sont tinis? Peuton visiter les prisonniers, où tout le monde jouit de la liberté? Peut-on recueillir les étrangers, où nul n'est reçu que les citoyens ?

Ici, toutes les misères abondent; c'est leur pays, c'est leur lieu natal. 0 mes frères, la riche moisson pour ces esprits bienfaisants, qui cherchent à exercer la miséricorde! il n'y a que des misérables, parce qu'il n'y a que des hommes. Tous les hommes sont prisonniers, chargés desliensde ce corps mortel : esprits purs, esprits dégagés, aidez-les à porter ce pesant fardeau, et soutenez l'âme qui doit tendre au ciel contre le poids de la chair qui l'entraîne en terre. Tous les hommes sont des ignorants qui marchent dans les ténèbres : esprits qui voyez la lumière pure, dissipez les nuages qui nous environnent. Tous les hommes sont attirés par les biens sensibles : vous qui buvez à la source même des voluptés chastes et intellectuelles, rafraîchissez notre sécheresse par quelques gouttes de cette céleste rosée. Tous les homnes ont au fond de leurs âmes un malheureux germe d'envie, tou-

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