Matth., XV, H. — 2. Ms,, t. XI, f
se plaindre de notre ignorance à peu près l en cette manière : 0 vous qui naviguez sur les mers, vous qui trafiquez dans les terres lointaines et qui nous en rapportez des marchandises si précieuses, dites-nous, n'avez-vous point reconnu, dans vos longs et pénibles voyages, « n'avez-vous point reconnu où réside l'intelligence , et dans quelles bienheureuses provinces la sagesse s'est retirée? Unde sapientia venit, et quis est locus intelligent iœ - ? » Certes, « elle s'est cachée des yeux de tous les vivants; les oiseaux même du ciel , d c'est-à-dire les esprits éle- . « n'ont pu découvrir ses vestiges 3. La mort et la corruption, » c'est-à-dire l'âge caduc et la décrépite vieillesse, qui, courbée par les ans, semble déjà regarder sa fosse, a la mort donc et la corruption nous ont dit: Enfin, après de longues enquêtes et plusieurs rudes expériences, « nous en avons ouï quelque bruit confus,» mais nous ne pouvons vous en rapporter de nouvelles bien assurées :Perditioetmors dixerunt : Auribusnostrisaudivimus famam ejus'+. »
Quelle est l'unique ressource laissée à l'âme fatiguée de l'inutilité de ses recherches et tourmentée par l'incertitude, sinon d'en demander la lin à une sagesse qui ne connaît pas de limites ni de défaillances ? Bossuet ne balance donc pas à demander à cette sagesse incompréhensible un port assuré contre la tempête; il «m suivra les ordonnances, comme Israël, dans l'immensité du désert et dans le^ ténè-
I . Bossuet ne donne, en effet, d'abord que le résumé du texte de Job. — 2. Job, XXVlll, -0. — X. Abscond'ita est ah oculis omnium rivcntium, volucret quoque cosli Latet. (Ibid., 21.) — 4. lbid.f 22. Ils., f. 429.
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bres de la nuit, suivait la colonne de flamme. L'orateur se plaît à insister sur la simplicité d'une étude où l'on est « savant dès le premier jour, » puisqu'il suffit de se soumettre et de croire pour être certain de ne plus errer, sur la douceur de ployer la tète et de se laisser captiver par la parole du Sauveur Jésus :
Venez donc, ô sages du siècle, venez à cet excellent précepteur qui a des paroles de vie éternelle. Laissez votre Platon avec sa divine éloquence , laissez votre Aristote avec cette subtilité de raisonnement, laissez votre Sénèque avec ses superbes opinions : la simplicité de Jésus est plus majestueuse et plus forte que leur gravité affectée. Ce philosophe insultait aux misères du genre humain par une raillerie arrogante. Cet autre les déplorait par une compassion inutile. Jésus, le débonnaire Jésus , il plaint nos misères, mais il les soulage; ceux qu'il instruit, il les porte. Ah ! il va, au péril de sa vie, chercher sa brebis égarée ; mais il la rapporte sur ses épaules , parce que, a errant de çà et de là, elle s'était extrêmement travaillée : <i Multum enim errando laboraverat, » dit Tertullien1.
Et comment ne pas laisser la courte sagesse du siècle et de l'école pour suivre ce maître qui nous console, qui rend témoignage à la vérité de ses enseignements par l'inimitable perfection de sa vie ?
Que craignez-vous donc, hommes sans courage ?. .. je vous vois éperdus et étonnés sur le chemin de la piété