‹ Bossuet orateurChapitre 165 sur 192 · De Pœnit., n« 8. Ms., f · texte numérisé non relu

De Pœnit., n« 8. Ms., f

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chrétienne; vous n'osez y entier, parce que vous n'y voyez au premier aspect qu'embarras et que difficulté.-. ; vous ne savez si dans ce fleuve il y a un gué par où vous puissiez échapper. Considérez le Sauveur Jésus : alin de vous tirer hors de doute, il y est passé devant vous; regardez-le triomphant à l'autre rivage, qui vous appelle, qui vous tend les bras, qui vous assure qu'il n'y a rien à craindre. Voyez, voyez l'endroit qu'il a honoré par son passage : il l'a marqué d'un trait de lumière; et n'est-ce pas une honte à des chrétiens d'avoir horreur d'aller où ils voient les vestiges de Jésus-Christ ' ?

On Sera frappé sans doute de la mansuétude qui tempes sur les lèvres de Bossuet l'accent d'autorité si convenable à la chaire et si naturel à son génie. Même dans cette partie de son discours où il veut ranger les esprits sous la discipline de l'humilité Chrétienne, il les subjugue moins qu'il ne les captive; la soumission qu'il exige, parce qu'elle est juste et nécessaire, il la fait paraître facile et désirable! la suite du développement semble avoir pour unique objet de faire sentir toutes les douceur d'Utte loi qui donne à la raieon la certitude, à la volonté, une règle pour ses désordres, au cœur, parmi ses inconstances, des joies sans trouble, des espérum es qui ne seront point confondues et « l'inlmobile repos, qui se comme i ire ra sur la terre pour être consommé dans le ciel -. »

1 . Sur la Loi de Dieu, 1er point. Ms., f. 433, — 2. lbid.f Exorde et 3° point.

Il est aisé de reconnaître dans le sermon sur la Loi de Dieu toutes les pensées qui ont rempli la vie de Pascal et qui devaient aussi remplir son livre. Pascal les exprime avec plus de force : c'est d'abord le propre de cette rigueur géométrique et de ce besoin de perfection qui se font sentir jusque dans les moindres fragments échappés à sa plume, tandis que Bossuet ne donne pas toute sa mesure dans les improvisations de sa jeunesse.

Mais la dialectique de Pascal n'est pas seulement plus subtile et plus nerveuse, elle est surtout plus passionnée. Veut-il arracher à leur imprudente quiétude ceux qui vivent sans se mettre en peine du secret de leur destinée? Cette négligence « en une affaire où il 's'agit d'eux-mêmes, de leur éternité, de leur tout, » l'étonné; elle l'irrite et l'épouvante f. A-t-il obtenu que l'homme cherche à connaître sa condition? il étale à ses yeux la vanité de tous les systèmes imaginés par l'école, il s'emporte contre les orgueilleuses prétentions d'une sagesse imaginaire et accable la raison de son mépris : « Humiliez-vous, raison impuissante; taisez-vous, nature imbécile... Ecoutez Dieu â. » Alors Dieu parle, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob, « non des philosophes et des savants ; » et le chrétien renouvelé promet d'oublier le monde et tout ; il renonce , sans qu'il lui en coûte , à sa volonté comme à sa raison; il saisit et il em-

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