IV. — Mérites particuliers de l'ouvrage
(i) Que Bossuet, le premier parmi les historiens modernes, a vu que le christianisme était le grand fait de l'histoire de l'humanité: — qu il a compris la véritable imporUince de l'élément religieux dans l'histoire; — 6) Aisance merveilleuse avec laquelle Bossuet mène de front l'apologie de la Religion, la suite de l'histoire générale, la discussion des faits positifs, hi déraonstiation de la Providence; — c) Abondance et richesse des idées incidentes qui donnent au Discours une modernité réelle; — ri) Que ni cette complexité, ni celle richesse ne nuit à la rapidité du courant et à la variété du Discours (la couleur locale
chez Bossuet) ; — c) détail du style : qualité de la langue, des mots, des phrases; — /) De l'accent personnel de IJossuet qui fait de la vérité sa vérité.
DIXIEME LEÇON Les Oraisons funèbres.
I. — L'intérêt particulier qu'elles présentent : du fait de leur chronologie; — parce qu'elles sont les seules pièces oratoires imprimées par Bossuet lui-même; — parce qu'elles appartiennent toutes à l'époque de sa maturité; — parce qu'elles nous renseignent sur la méthode de travail de leur auteur.
II. — Ce que les Oraisons funèbres ont de plus ou d'autre que les Sermons.
a) Que l'Oraison funèbre est plus laïque, plus profane que le sermon. — Comment l'intérêt actuel de la biograpliie s'y mêle à la prédication morale.
/() Les droits de la vérité dans l'Oraison funèbre. — Que Bossuet, quoi qu'on en ait dit, les a respectés et comment ceux qui le critiquent sur ce point se trompent à la fois sur la psychologie, sur les exigences du genre, et sur la nature de la vérité historique. — Que, d'ailleurs, l'idéalisation des personnages tenait bien plus chez Bossu.et à la largeur habituelle de sa touche qu'à un parti pris délibéré.
f) Autre caractère de l'Oraison funèbre chez Bossuet mise en lumière par une comparaison avec Fléchier, — Comment, chez Fléchier, le portrait manque de fond; les grands tableaux d'histoiic chez Bossuet.
d) Que Bossuet n'a garde, cependant, d'oublier les devoirs de l'orateur chrétien et que, dans l'Oraison funèbre, comme dans le Discours sur l'Histoire Universelle, les faits concrets lui servent à vériQer la vérité de sa religion (à ce propos que ceux qui l'en ont repris n'ont pu le faire qu'au nom d'une philosophie plus étroite
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que la sienne). — Bossuet et Bourclaloue dans l'Oraison funèbre. — Que ce dernier ("limine précisément tout ce qui difTrrencie l'Oraison funèbre du Sermon.
m. — Conclusion : Que Bossuet, dans l'Oraison funèbre, a réalisé une complexiti' tout à fait rare dans l'unité. — Qu'il nous y apparaît comme un homme, autant que comme un prêtre et un évéque. — Préférence accordée par la critique du xviir siècle aux Oraisons funèbres de Hourdalouc et de Kléchier. liaisons de cette préiViencf.
ONZIÈME LEÇON L' " Histoire des Variations >.
1. — Histoire des faits qui ont précédé et qui expliquent louvrage.
i" \.'Ej-])osilion dr la doctrine ciitfioliqin' ;1G71 >. — Que ce petit livre inaugurait une période nouvelle de ia lutte entre protestants et callioli(iues. — Effet considérable produit chez les protestants — Los réfutations tentées. — Histoire de l'approbation en Cour de Hume. — Les c'wm] fragments sur l'Kucharistie. — Pourquoi Bossuet ne les a pas publiés de son vivant.
20 Histoire de la conversion do .Mlle de Duras. — Controverse avec Claude (1678) et de la valeur des arguments invoqués de part et d'autre. — La Relation de la Conférence (lier Claude (1()82) et le premier dessein de VlUsloire des Variations. — La thèse essentielle de l'ouvrage. Différence de ton entre la Relation et l'Histoire des Variations; comment l'expliquer.
f ' La Hévocation de l'Édit de Nantes (1685). — a) De la difticulté d'un jugement critique et historique sur cet événement : Si la Hévocation a été un fait politique, un acte de dévotion ou un jeu de la fortune. — ti] Quelle part Bossuet a-t-il prise à la Hivocalion? Qu'il a, en tout cas, célébré la Hévocation comme un fait heureux. Que son
excuse ne saurait être ni dans les opinions de son siècle, ni dans la sincérité de ses convictions, mais dans ce fait que, comme Louis XIV lui-même, il a vu dans la Réforme, non le commencement, mais la consécration d'un état de choses. — c) Conséquences de la Réforme : Exaspération des haines anciennes. — Caractère de violence de VHlsloirc des Variations. — Beauté et passion.
II. — Aperçu historique sur la Réforme. — Qu'il est impossible de porter un jugement suvV Histoire des Variations sans confronter l'idée que Bossuet s'est faite du protestantisme avec son idée vraie et l'histoire de son développement. — Difficultés de cette étude. Analogies entre la Réforme et la Révolution française.
a) Histoire antérieure. — Les Réformateurs avant la Réforme. Ceux que Bossuet a négligés : les mystiques ; — les humanistes. — Pareillement, qu'il n'insiste pas assez sur la crise morale d'où est sortie la Réforme. Mais qu'il a parfaitement vu dans la Réforme : a) la complicité des intérêts matériels et temporels; — b) le terme fatal où elle devait aboutir.
b) Histoire intérieure. — Les étapes de l'évolution protestante : le dogmatisme de Luther; — le prédestinationisme de Calvin; — la réaction de l'arminianisme; — le socinianisme : Négation ; a) de la révélation ; — 6) du surnatux'el et du miracle; — c) de la discipline et de la tradition.
c) Histoire extérieure. — Succession des actes essentiels qui ont marqué les différents termes du développement de la Réforme. — Caractère inverse dans le développement du catholicisme et du protestantisme, jusqu'au milieu du xvn" siècle.
III. — L'Histoire dea Variations des Eglises protestantes (1688). — Que le caractère le plus remarquable de l'ouvrage consiste dans la sévérité de la composition. Comparaison, à cet égard, de VHistoirc des Variations avec VEspjnt des Lois, V Essai sur les Mœurs, V Histoire ISuturelle de BufTon, le Génie du Christianisme.
Difficultés multiples que l'auteur avait à vaincre. —
(Comment il sen est tiré : 1" Qu'il a réduit toute sa matière à trois points essentiels : dogme de la .)ustificalion : — de rEucliuristie: — de l'autoritt' de l'Ktjlise, et qu'ainsi, en resserrant l'exposition de son sujet, il élargissait ce dernier dans son fond. — 2" Qu'au lieu de chercher in abstracto la raison des variations protestantes il les a liées : a) au caractère particulier des hommes de la Réforme; — 6) aux événements politiques intercurrents. — Qu'ainsi VHhtoire des Variationii est un livre organique où l'on suit le développement d'une idée intérieure, en quoi elle est vraiment une histoire, — «e t|ue ne sont pas, au rebours d'elle, quantité d'ouvrages qui portent ce titre.
Qualités toutes nouvelles manifestées dans Vlliatoire des Variations : naturel et facilité de la composition; — style à la fois plus narratif, plus pénétrant dans le détail, plus familier et plus pressant. — Comment ce qu'il y avait peut-être tie trop général dans la pensée de Bossuet, à la faveur de la nouveauté du sujet, se précise, se particulari.se, devient plus concret. — Qu'à cel égard, VHistoirrdrs Viiriations marque une époque dans la pensi-e de Hossuet.
De l'érudition et de rim|»artialitéde Bossuet. — Ses scrupules d'érudit prouvés : par sa Bibliothèque; — par sa correspondance. — Son impartialité définie par lui-même dans son Introduction. — Différence entre l'impartialité et ^a froideur.
IV. — Accueil fait par les protestants à V Histoire des Variations. — Comment ils avaient par avance, préparé leur riposte. — 1,'ouvrage du comte Louis de Seckendorf (1688). — La Helalioa de la Cour de France d'Kzéihiel Spanheim. — La brochure de Burnet, évéque de Salisbury.
— V Histoire de tu Hcli<iion des Eyliscs lléformécs de Basnage.
— Les lettres de lurieu. — Les Héponses de Bossuet : la Ui'fense de l'Histoire d^s Variations contre le ministre Jurieu ;
— les six Avertissements aux protestants sur Paccomplinsement des prophéties.
Les trois points qui avaient particulièrement ému les protestants. — La discussion avoc Basnage. — La discussion
avec Jurieu. Valeur des arguments invoqués de part et d'autre. — Le ton de la polémique. Comment l'expliquer. — Que Bossuet semble avoir répondu victorieusement sur tous les points, mais pour une raison tirée bien moins de la solidité de sa propre cause que de la fausseté d'esprit de Jurieu. — Jurieu : l'homme; le caractère.
Intérêt des Avertissements dans l'histoire des œuvres et du génie de Bossuet : le naturel; — la force de la dialectique et la vivacité de l'éloquence ; — variété et diversité des questions que Bossuet n'avait fait qu'effleurer dans VHistoire des Variations ; — aisance souveraine dans les questions les plus abstruses de la théologie.
V. — Valeur actuelle des arguments de VHistoire des Variations. — Si Bossuet a bien vu le point vif de la question. Que VHistoire des Variations est discutable : a) au point de vue historique; — 6) au point de vue philosophique; — mais qu'il n'y a rien de plus probant au point de vue de la polémique et de la foi.
Au moyen de quels arguments et jusqu'à quel point Bossuet a-t-il démontré sa thèse de l'immutabilité de l'Église? La question de l'évolution des dogmes. — Comment l'entendent : les protestants ; les catholiques. Ce quil faut en penser,
Que valent les arguments opposés à Bossuet par les prolestants pour légitimer leur attitude? Qu'ils ne valent rien parce qu'ils valent trop. — Justesse des vues de Bossuet sur les destinées de la thèse protestante.
DOUZIÈME LEÇON Bossuet et les protestants.
La grande idée de Bossuet : la « réunion » des Églises. Comment personne n'en avait plus fortement que lui prouvé l'impossibilité et cependant quelles raisons il a eues pour s'obstiner à y croire. — Si, comme on l'a dit,
Hossuet a cru que le xvii» siècle marquait une ère de repos et s'il n'a rien entendu des menaces de l'avenir. — Que son dt'sir de concorde et d'union explique son alti tude à regard : a) des jansénistes; 6) des jésuites; c) dequiélistes; — qu'il explique aussi ses prétendues complaisances pour le pouvoir.
Origines et histoire de la controverse entre Molanus et Leibnitz d'une part, Spinola, Mme de Brinon, Pellisson et Hossuet, d'autre part. — Comment Molanus et Bossuct auraient pu s'entendre, si linlervenlion de Lcibnii/ n'avait tout gAté. — Leibnitz : ce qu'il faut penser : de son caractère; de sa méthode de discussion. — La brusque rupture. — Quelles en furent les raisons.
Attitude de Bossuet vis-à-vis des protestants pendant la (juerelle du quiétisme. Que cette attitude prouve qu'il s'est trompé de bonne foi au moment de la Révocation de l'Édit de Nantes. Les Instructions pastorales sur les promesses de rEi/lise. — Réponse de Hasnage. — Les A'o» relies Inslructiuns pastorales. — S'il est vrai de dire i\u>' Bossuet, dans ces ouvrages, ait manqué d'invention.
Reprise de la correspondance avec Leibnitz. — Lf^ (juostions traitées : l'œcuraénicité du concile de Trenlet les livres deutéro-canoniques. — De l'opinion de Tain' sur la correspondance de Leibnitz. Ce qu'il faut en penser — Que Bossuet et Leibnitz nous présentent comme l'exoin plaire de deux formes d'esprit différentes et de deux générations opposées. — Leibnitz et la philosophie du xviir" siècle.
TREIZIÉMK LEr.ON La Querelle du Quiétisme.
.\bondunce de la production des théologiens mystiques. — Bibliographie du sujet. — Intérêt de la question. j|
I. — Histoire des faits. — Les sources. La Hclation sur l Quiétisme. En quoi c'est un dos plus beaux ouvrages d».
Bossuet. Preuves qui témoignent de l'absolue véracité du témoin. Effet produit par l'ouvrage en son temps. — Les péripéties de la querelle.
II. — Le fond de la querelle. 1° Les raisons toutes personnelles tirées : a) des origines; b) du caractère des deux adversaires; 2° les raisons d'ordre théologique : Les trois points en question. — L'Explication des Maximes des Saints de Fénelon. L'Instruction sur les États d'Oraison de Bossuet et le triple objet du livre. — De l'importance toujours actuelle de la querelle au point de vue historique; au point de vue de la vie chrétienne; au point de vue de la morale purement laïque. — Qui a eu raison de Bossuet et de Fénelon? — Si l'Église n'a pas condamné Fénelon à contre-cœur, et pourquoi.
IIL — Ce que la querelle nous révèle :
a) Du caractère de Bossuet : Que Bossuet s'est montré ce qu'il fut toujours : à la fois naïf et sincère, autoritaire et violent. Des multiples raisons qui expliquent et légitiment cette violence et ce ton d'autorité.
b) Du talent de Bossuet. La limpidité et l'aisance de Bossuet. Les qualités narratives et polémiques de Fénelon.
c) De la nature de son génie. Bossuet et le mysticisme. En quoi les mystiques répugnent au caractère de Bossuet. En quoi ils le gênaient dans sa politique religieuse. — La relitçion de Fénelon et de Bossuet.