Embryon de la Cuscute
420. Embryon du Pcliea btilyrosa, — / Grosse tigelle formant presque toute la masse , réfléchie à son extrémité en un rétrécissement qui s’applique sur le sillon s et qu'on a écarté pour le mieux faire voir, ainsi que les deux cotylédons rudimentaires e qui le terminent.
421. Coupe verticale d’un carpelle du Troscart ( Triglochin Barrelieri). — p Péricarpe surmonté par le stigmate sessile s. — g Graine. — f Funicule. — r Raphe.
c Chalaze.
422. Embryon, vu séparément. — r Radicule. — f Fente correspondant à la gemmule. — c Cotylédon.
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tite lige ou ligelle de ce végétal raccourci, mais qu’on désigne ordinairement sous le nom de radicule ( fig . 4! 22 r), parce qu elle s allongera inférieurement en racine. Toute la portion située au-dessus de la gemmule est le cotylédon (fig. 422 c). Avec beaucoup d’attention, et en examinant sous un grossissement suffisant l’embryon frais ou humecté, il est possible de déterminer, même sans dissection, ces diverses régions; car on peut presque toujours découvrir une petite fente (faj. 422 [) ou boutonnière extérieure qui correspond a la gemmule, indiquée d’ailleurs le plus souvent par une légère saillie sur la surface de l’embryon, et dès lors on connaît la limite entre la portion radiculaire tournée vers le micropyle et la portion cotylédonaire tournée vers la chalaze. Cel te fente correspond aux bords de la gaîne ou portion vaginale de la feuille que forme le cotylédon.
La radicule est, dans quelques embryons, aussi et même plus longue que le cotylédon (fig. 72 t), et on les appelle alors macropodes (de fiaxpô;, long, et 7tqü;, iro&5ç, pied). Quelquefois même ils se dilatent latéralement de manière à former une sorte d’excroissance qui peut s'étendre jusqu’à constituer la plus grande partie de la masse embryonnaire. Mais plus habituellement (fig. 422), la radicule (»•) est au contraire beaucoup plus courte que le cotylédon (c) ; elle est aussi, en général, plus épaisse et d’un tissu un peu plus compacte. Ce n’est pas cette extrémité même qui s’allongera pour la former, et nous avons vu (§101) que le plus souvent c’est une sorte de mamelon interne qui, perçant la couche extérieure, se développera ainsi.
§ 466. Embryon dicotylédoné. — La forme des embryons dicotylédonés est beaucoup trop variée pour qu’il soit possible do I exprimer d une manière générale. Quelquefois conformés en un cylindre ou un ovoïde très allongés, ils rappellent celle des monocotylédonés ; mais ils s’on distinguent toujours par la division en deux lobes de l'extrémité cotylédonaire : cotte division est plus ou moins profonde, suivant que les cotylédons sont plus ou moins développés par rapporta l’axe ou ligelle qui les porto. Une forme très commune est colle que nous avons eu occasion de signaler et figurer déjà (fig. 73) dans ceux de l’Amandier, oii deux cotylédons ovales cc, appliqués l’un sur l'autre, constituent la plus grande partie de l'embryon , tandis que l’axe est réduit à un corps beaucoup plus étroit et plus court qu’on ne voit à l'extérieur que sous l’apparence d’un petit cône r saillant au-dessous des cotylédons ; cette portion inférieure aux cotylédons est la radicule, dont l'extrémité, ainsique nous l’avons déjà dit (§93), so prolongera immédiatement en racine. L’autre portion de 1 axe, supérieure à leur insertion, la gemmule, plus ou moins, quelquefois à peine développée et cachée entre
eux, ne se voit quaprès qu’on les a artificiellement écartés Elle est souvent terminée elle-même par deux petits lobes (fig 74 g) quelquefois montre un plus grand nombre de ces lobes latéraux premières ébauches des feuilles, d’autres fois paraît encore indivise.
^ 467. 11 peut arriver qu un embryon à deux cotylédons paraisse
n'en avoir qu’un, soit par leur extrême inégalité et le développement à peine sensible de l'un des deux [fig. 423 ), soit parce que tous deux à peu près également développés se sont soudés plus ou moins intimement par i-'i- i2i; leurs faces en contact (fig. 4241,
comme cela a lieu , par exemple , dans la graine de la Capucine.
Mais laissons de côté ces dispositions insolites, et prenons la plus habituelle, celle dans laquelle les deux cotylédons sont égaux et seulement contigus. Tantôt ils acquièrent une grande épaisseur (comme dans l’Amandier [fig. 73], le Haricot, les Pois [fig. 432,61 3], le Noisetier \fig. 527], leChêne, etc.), etl'on dit alors qu'ils sont charnus : dans ces cas, les deux faces en contact ou internes sont en général planes; les faces libres ou externes, plus ou moins convexes. Tantôt ils sont comprimés en lames minces, aplaties sur leurs deux faces, et on les dit foliacés(commedansleRicin, l'Euphorbe [fig. 540], le Fusain, etc.).
Dans ce dernier cas on voit déjà sur les cotylédons des nervures plus ou moins évidentes, tandis qu’elles ne le sont que peu ou point
sur ceux qui sont charnus. La nature foliacée de ces organes se manifeste aussi par leur forme , puisqu’ils peuvent être pétiolés (/î</. 426), avoir un limbe échan-
423. Embryon de VHirœa sahmanniana , coupé verticalement pour faire voir l'inégalité de ses deux cotylédons dont l’un c forme presque loulc la masse embryonnaire.
c' Le petit cotylédon. — t/ Gemmule. — r Radicule.
424. Embryon du Carapa Guianentis, coupé verticalement pour faire voir la soudure des colyédons dont la distinction no s’aperçoit plus que par une faible ligne c. — r Radicule. — g Gemmule.
425. Embryon du Tilleul. — r Radicule. — c L’un des cotylédons.
42(1. — du Géranium molle. — r Radicule. — c Cotylédons qui s’y rotlnrbout
pnr un pied ou pétiole p.
427. Embryon dp l’Orme. — r Radicule, — - r Cotylédon. — on Se» oreillette»,
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cré (pg. 427) ou lobé (pg. 42b), comme celui de véritables feuilles. Au reste, le plus ordinairement ils sont sessiles, et leur contour entier.
§ 468. Il y a des plantes où l’existence de cotylédons verticillés au nombre de plus de deux est le fait constant et normal, par exemple beaucoup de Conifères, et notamment les Pins (pg. 428) et Sapins, dans plusieurs espèces desquels on voit le nombre des cotylédons s'élever à 6 , 9 et jusqu’à 15. En ce cas leur forme est linéaire , comme le sera plus tard celle des feuilles : et remarquons que ces feuilles, réunies en faisceau sur de petits rameaux contractés et presque nuis, offriront souvent à leur tour une disposition analogue qu’on peut étudier sur les Pins, les Mélèzes, etc.
Cette multiplicité de cotylédons a fait proposer de substituer au nom général de végétaux dicotylédonés , celui de polvcotylédonés. Mais le premier convient à la grande majorité, ou plutôt à la presque totalité de ces végétaux; il est depuis longtemps et généralement adopté, et doit en conséquence être conservé. On devra seulement se rappeler que la différence essentielle des embryons dans ces deux grandes classes de végétaux est que ces premières feuilles naissent toujours alternes dans les uns ( monocotylédonés ) , dans les autres (dicotylédonés) toujours verticillées, soit habituellement deux à deux, soit très rarement en plus grand nombre. D’ailleurs, d’après les recherches organogéniques do M. Duchartre, les cotylédons se montreraient toujours au début sous l'apparence de deux mamelons seulement, et leur nombre multiple ne serait dû qu’à des dédoublements ultérieurs, do sortes qu’on n'aurait réellement que deux feuilles multiparlies au lieu de plusieurs feuilles entières.
§ 469. Nous avons dit que les deux cotylédons se présentent le plus souvent appliqués par leurs faces planes l’un sur l’autre. Mais souvent aussi ils offrent d’autres dispositions analogues à celles que nous avons signalées dans les feuilles proprement dites avant le développement, lorsqu’elles sont resserrées dans le bourgeon à l’état de vernation ( § 144). Ainsi ils peuvent être pliés en deux moitiés, réclinés (pg. I 47, 1 ) ou condupliqués (pg . 1 47, 2 ; 430), convohités (pg. 1 47, 4 ; 429) ou circinés (pg. 1 47,7; 431). Le plus ordinairement les deux cotylédons se plient et se contournent ainsi dans le même sens, et parallèlement, comme s’ils ne formaient qu’un
428. Embryon 1I11 [‘in. — \ Pris dans la grnino. — 2 Ayant romtnonn' à gormor. — r Radimlo - r Cotylédons.
môme corps ; plus rarement c’est en sens contraire, comme lorsqu'ils sont équitnnls (fig. I 5 7, 9) ou drmi-éqvitnnls ( [ig . 1 57, 8). Quelquefois ils sont en outre cltiffonnés ( fig . 654, 655). On conçoit t[ue ce sont les cotylédons foliacés qui doivent se prêter à ces divers modes de plicature et d’enroulement quelquefois très compliqués, et qui alors ne peuvent être définis par un seul mot, mais demandent une petite description plus explicite.
§ 470. Après avoir examiné les diverses positions que les deux cotylédons d’un môme embryon peuvent prendre l’un par rapport à l’autre, recherchons celles qu’ils peuvent prendre par rapport à l'autre partie fondamentale de cet embryon : la radicule. Très souvent celle-ci suit la même direction que les cotylédons : la direction rectiligne si l’embryon est droit , curviligne s’il est courbe. Cette courbe figure ordinairement un arc de cercle plus moins étendu, mais quelquefois devient une véritable spirale à plusieurs tours dis-
420. Embryon du Grenadier ( Punira granahm) , qu'on a coupé en deux moitiés en écartant la supérieure de manière ù montrer l'enroulement des cotylédons c. — r Radicule.
430. Embryon du Cliou ( ftrasska oleracca ). — v Radicule. — c Cotylédons.
1 Entier. — 2 Tranche horizontale.