‹ BotaniqueChapitre 135 sur 206 · GRAMINÉES · texte numérisé non relu

GRAMINÉES

paillette parinervée comme résultant, de la soudure de deux : on en

485. L'n épillet île l'Avoine cultivée {Aviva saliva). — a Axe. — pe Gluino externe. — pi Glumc inlerno. — ff Fleur inférieure fertile. — fa Doux fleurs supérieures avortées.

48fl. Le même, avec les enveloppes écartées pour laisser voir les parties intérieures. — pe Paillette externe de la fleur fertile, surmontée d'une arête. — pi Paillette interne. — . e Étamines. — o Pistil. — Du reste, même signification des lettres.

487. Diagramme de l'épillct. — Même signification des lettres que dans la figure précédente. — U l’atcoles. — fs Fleurs stériles ou avortées.

488. La fleur fertile , dépouillée do sa gluino. — e Etamines. — p Paléolcs, — o Ovaire. — s Stigmates.

489. Coupe verticale du cariopso dont on a retranché la partie supérieure. — / Téguments confondus du eariopse et île la graine. — p Périspormc. — e Embryon vu de côté.

Mêmes h dires pour ses parties que dans la figure suivante.

490. Embryon séparé, vu de face. — r Radicule, — r Cotylédon. — /Tonte correspondant à la gemmule. — a Ronflement latéral ou liypnhlasle.

aurait ainsi trois devant lesquelles se trouveraient placées les trois étamines, et les paléoles formeraient le verticille intermédiaire complété par une troisième qui avorte, mais a pu être observée dans le bouton extrêmement jeune. Mais il faudrait, pour admettre ce point de vue, que la paillette interne prit naissance sur le môme axe que l’extérieure, et non sur un’ axe secondaire.

Quoi qu'il en soit , les étamines consistent en un filet aminci en fil et une anthère à deux loges qui, réunies par leur milieu, au bas duquel s'attache le filet, écartées à leurs extrémités, figurent ainsi une sorte de y [fig. 488 e). Le pistil est un ovaire surmonté de deux styles (quelquefois soudés en un seul ), et ramifiés dans une partie plus ou moins grande de leur longueur en lanières plus moins lon- , gués qui constituent deux stigmates s hispides ou plumeux II est creusé intérieurement d’une seule loge que remplit un seul ovule adné dans sa longueur à la paroi interne. Plus tard la graine, en mûrissant, se confond par son tégument [fig. 489 t) avec le péricarpe, et forme ainsi un cariopse (§ 423). La plus grande partie de sa masse est composée d’un périsperme farineux p ; mais, en dehors et en bas, on aperçoit un petit corps distinct, enfoncé sur sa surface, à peine saillant : c’est, l’embryon [fig. 489 e, 490) qui s’appuie sur le périsperme par une partie élargie en forme d'écusson a. En bas et en dehors de celui-ci on voit saillir un corps plus petit qui, continu avec le premier par son milieu, présente deux extrémités libres, l’une supérieure et l'autre inférieure. C est entre elles deux qu’on aperçoit la petite fente gemmulaire f; la supérieure c est donc le cotylédon, l’inférieure r la radicale, et l’écusson [hypoblnsle de Richard) n’est’qu'une excroissance latérale de la ligelle analogue à celle que nous avons déjà vue dans quelques Zostéracées ( fig . 403). Nous avons décrit la germination d'une de ces graines de Graminées (§ 101, fig. 4M).

Toutes ces parties, et surtout celles de la fleur, ont reçu do divers auteurs une variété de noms différents (pie la place nous manque ici pour rapporter. Nous nous contenterons cl ajouter que le nom de glumes, au lieu d’étre appliqué à chacune des bractées inférieures et stériles de l’épillet, l'est quelquefois à leur ensemble, et qualors elles sont autant de valves de la glume; que celui de balle est donne à l'ensemble des paillettes , qui sont alors les cubes de lu bulle. Ajoutons encore, pour l’intelligence des caractères génériques et des descriptions, que dans les bractées extérieures de la glume et de la balle la nervure médiane se prolonge souvent en une arête plus ou moins longue au-dessus du sommet, ou d'autres fois se détache plus nu moins bas au-dessous. Le mode d’inflorescence, le nombre des fleurs dans chaque épillet, leur développement complet ou I avorte-

(Ut AMINEES. «9

ment de plusieurs, qui d’autres fois a lieu constamment dans chacun d’eux , la réunion ou la séparation des étamines et des pistils dans une même fleur , la présence ou l’absence des glumes, la consistance et la forme des paillettes , les styles réunis ou distincts , la nature des stigmates, le nombre des étamines et celui des paléoles, tels sont les caractères qui varient dans la famille, et dont la combinaison est employée pour distinguer les tribus et les genres.

Cette immense famille, distribuée sur tout le globe, sert à des usages aussi variés qu’importants. L’abondance de la fécule dans ses fruits fait cultiver un certain nombre d’espèces qui prennent le nom dô céréales : ce sont de préférence celles où la graine offre un volume assez considérable, le Froment dans les climats tempérés : concurremment avec lui ou un peu plus au nord l'Orge, le Seigle et l’Avoine; plus au midi le Maïs, le Riz et le Sorgho ; quelques autres différentes sous les tropiques, comme, par exemple, le Pou abyssinica , diverses espèces de Panicum et d ’Eleusine. La farine qu’on retire du périsperme broyé est un aliment doublement nourrissant et par la fécule qu’il contient, et par le gluten, principe azoté, qui y est associé. Le son résulte des débris du péricarpe et doit ses qualités aux particules amylacées qui y restent attachées. La sève de beaucoup de Graminées contient le sucre en dissolution ; c'est surtout de la Canne ( 'Saccharum officinale ), où il est en si énorme proportion, qu’on l'extrait avec avantage. La présence du sucre détermine la fermentation par suite de laquelle sont produits divers liquides de nature alcoolique recherchés aussi pour la boisson et plusieurs autres usages de l’homme. C’est ainsi que le rhum et le tafia sont obtenus du jus de canne, l’arak du riz , et la bière de l’orge. Le procédé pour la fabrication de cette dernière, qui consiste à soumettre à la fermentation dans un grand mélange d’eau l’orge auquel on a fait éprouver un commencement de germination, dépend de ce qu’en germant, une certaine partie de fécule de la jeune plante se convertit en sucre. Cette abondance de divers principes nutritifs dans les diverses parties des Graminées est employée aussi utilement à la nourriture des animaux, et fait d’un très grand nombre d espèces la base des pâturages et des fourrages. Enfin nous avons vu (§ 4 9, 244) que les Graminées ont une aflinité particulière pour la silice, rpii, pénétrant avec leur sève et se solidifiant dans les parois de leurs cellules les plus extérieures, encroûte souvent leur epiderme et leurs nœuds : de la la rigidité et l’incorruptibilité de certaines pailles, dont 1 industrie tire parti.

Toutes les Graminées no sont pas sans odeur ; quelques unes, au moment de la floraison, en exhalent une douce , mais en même temps pénétrante, dont tous les promeneurs ont dû être frappés à celte

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époque, surtout lorsque les individus sont multipliés, comme dans une prairie. On cite la Flouve ( Anlhoxanthum ) comme l'une des plu-~ odorantes parmi nos espèces indigènes. Il y en a qui le sont à un beaucoup plus haut degré dans les climats plus chauds, et l'on en extrait une huile essentielle. Le vetiver , si généralement employé maintenant pour parfumer les vêtements, est la racine d'une Graminée ( Anclropogon muricatuni) .

§ 557. Jussieu composait ses monohypogynes des familles précédentes ; des suivantes , ses monopérigynes , et ses monoépigynes , entre lesquelles la ligne de démarcation n’est pas facile à tirer.

Nous les diviserons donc d’après un autre caractère qui se lie aussi en général à celui de l’insertion et a l’avantage de pouvoir être aisément constaté, l’adhérence ou la non-adhérence du calice avec l'ovaire. Les plantes de ces familles monocotylédonées, qu’il nous reste à examiner, offrent un périanthe à folioles presque toujours disposées par verticilles ternaires, le plus ordinairement par deux, qui sont ou semblables entre eux, offrant l'un et l'autre l'apparence soit d’un calice, soit d’une corolle, où différents, l'extérieur alors calicoïde et l'intérieur pétaloïde.

Parmi les familles à ovaire libre, nous citerons particulièrement les trois suivantes.

§ 558. Palmiers ( Palmœ ). — Nous avons exposé précédemment (§ 77, 78) la structure de la tige des Palmiers et leur port le plus habituel (fuj. 100, 1). Quoique le plus ordinairement elle se dresse en un tronc plus ou moins élevé et simple , ce n'est pas un cas sans exception. Ainsi elle se divise à une certaine hauteur par une dichotomie régulière dans le Doum ( Cuciferu thebaicu), et, dans plusieurs autres, se réduit à un bulbe ou à un rhizome. Le tronc, lorsqu’il s’allonge, peut êlre assez épais ou plus ou moins grêle ; ses entre-nœuds sont tantôt très courts, tantôt écartés l’un de l'autre par de longs intervalles ; sa surface est quelquefois lisse et même luisante (comme dans les Calamus), souvent au contraire toute hérissée par les bases persistantes des feuilles ou même, dans les parties plus vieilles où elles se sont détachées, inégale , rugueuse et fendillée ; il n'est pas rare de la voir armée d’épines droites plus ou moins longues. Les racines adventives, naissant au-dessus du sol et accumulées vers la base de la tige , forment souvent autour d'elle un lacis qui l'épaissit en une sorte de cône.

Les feuilles, qui atteignent dos dimensions considérables, sont portées sur de longs et forts pétioles très flexibles , auxquels leur limbe très épais s’attache non en ligne droite, mais sur une ligne 1 risée en zigzag , de manière à former une suite de plis qu on ne peut mieux comparer qu'à ceux d'un éventail , et qui se déploient

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