PALMIERS
absolument de la même manière. Tantôt ces plis sont en eilet disposés comme les branches d’un véritable éventail, s insérant tous ensemble à l'extrémité du pétiole élargi ; tantôt ils le sont comme les barbes d'une plume, s'insérant les uns au-dessus des autres sur les deux côtés du pétiole qui devient alors la nervure moyenne ou rachis. Tout ce limbe ainsi plié était continu dans le premier tige,
mais il finit par se fendre tout le long dos plis, et se partage ainsi plus ou moins profondément en une foule de lanières qui donnent à l'ensemble l’apparence palmatiséquée ou penniséquée (/î<7- 100, 1). Aux aisselles de ces feuilles qui , renouvelées par un bourgeon terminal, forment une sorte de touffe au sommet de la tige, naissent les fleurs en spadicos, ou simples, ou souvent ramcux ; et les spa-
'401. Fleur de VAreca rallient, non épanouie, — ce l’érianllic cxlerne. — ri Périnnlhe interne.
'402. Diagramme île celte fleur, où les dlnmincs se sont développées, et où les ovaires ont avorté. — a Position de l’axe do l'inflorescence, par rapport à la Heur.
WA. Autre fleur dépouillée de son périnntho, dans laquelle les étamines ont avorté en partie, et l'ovaire o s'est développé. — s Stigmate.
4 1 1 4 . Diagramme de la fleur précédente, avec son périantlie.
405. Fruit f de la même, entouré à la liase de son périantlie e persistant.
400. Coupe verticale de ce fruit. — c Périantlie, — f Péricarpe. — p Périsperme ruminé. — e Kmbrynn.
4P". Fleur du Ghttmivrnjut Intmilis vue par en liant.
thés dont ils sont d'abord enveloppés, puis plus ou moins longtemps accompagnés après qu'ils les ont entr ouvertes en les dépassant , ont elles-mêmes un tissu épais, dur, quelquefois ligneux, au point de former comme une nacelle. Il y en a une ou plusieurs ; elles sont complètes ou incomplètes . et quelquefois même manquent tout à fait. Les fleurs peuvent être hermaphrodites, ou polygames, ou monoïques, ou dioïques (dans le Dattier, par exemple). Leur périanthe !/ içj . 495 c, 497) est composé de deux verticilles de folioles coriaces, dont les trois intérieures n'ont pas toujours la même forme et la même longueur que les extérieures, et se soudent quelquefois entre elles. Les étamines au nombre de six le plus communément (fig. 492, 497), réduites rarement à trois, se montrent quelquefois plus nombreuses dans les fleurs diclines ; leurs filets sont libres ou monadelphes. Le pistil est composé de trois ovaires distincts fig. 497 ou soudés [fUj. 493), ainsi que leurs styles, et renfermant chacun un ou deux ovules dressés; mais souvent, et surtout dans le cas de soudure des ovaires, deux loges avortent, et l'on n’en trouve plus qu'une seule. Le fruit, qui acquiert quelquefois d'énormes dimensions (dans les Cocos, par exemple), sous une enveloppe épaisse , charnue ou fibreuse, renferme un noyau de même simple ou triple, presque toujours réduit à une loge unique dans le premier cas, a paroi quelquefois mince , mais acquérant souvent la dureté du bois ou même de la pierre. La graine qui le remplit en se soudant et se confondant fréquemment avec lui, est formée, pour la plus grande partie, d'un périsperme épais, en général fort dur, corné ou cartilagineux, souvent ruminé (fig. 496 p), au bas ou sur les côtés duquel est creusée une petite cavité superficielle où se niche un petit embryon e qui, par conséquent, se dirige tantôt vers le hile, tantôt d'un tout autre côté (fig. 440).
On a distingué plusieurs tribus de Palmiers d’après diverses modifications des inflorescences et des spalhes qui les accompagnent ordinairement, et d’après celles du fruit variant par la consistance de son péricarpe, composé de plusieurs carpelles distincts ou d un seul, et, dans ce cas, contenant plusieurs loges et plusieurs graines ou bien une seule. Elles peuvent se prêter a des sous-divisions, d’après les deux formes si distinctes du feuillage ; la division et la forme du périanthe ; le nombre et la figure des étamines libres ou soudées ; la forme des anthères ; le degré de cohérence des ovaires et des styles et leurs avortements ; la forme , la grandeur, le tissu du fruit et de ses parties, du noyau, du périsperme ; la position de l’embryon ; la distribution des pistils et des étamines sur les mêmes fleurs ou des fleurs différentes , appartenant au même arbre ou ii des arbres différents. Toutes ces différentes modificalions diverse-
JONCACEES. Ho
ment combinées servent à distinguer des genres assez nombreux.
Cette belle famille de végétaux, par plusieurs de ceux qui la composent, rend aux habitants des pays qu’ils habitent les services les plus variés. En elfet, d'une part, leur bois est employé à la construction des huttes, dont les feuilles, si grandes et si dures, fournissent la toiture sans grand travail ; et les fibres si flexibles et si résistantes, dispersées dans toutes les parties , servent à fabriquer des cordages, des armes et divers ustensiles domestiques. De l’autre, diverses espèces offrent des aliments presque sans apprêt. Chacun sait que des populations entières se nourrissent presque exclusivement de Dattes, et que le Coco contient une crème acidulé, boisson délicieuse dans les pays chauds : cette crème n'est autre chose que le périsperme encore fluide, qui plus tard s’épaissit déplus en plus, et finit par se solidifier en une masse aussi dure que la pierre. Eo bourgeon terminal d'une autre espèce précieuse aussi, YAreca oteracea, vulgairement connu sous le nom de Chou palmiste, est recherché lui-même comme aliment. D’ailleurs nous retrouvons dans les produits des Palmiers quelques uns de ceux que nous avons vus si utiles dans les Graminées : une fécule abondante dans les cellules intérieures du tronc d’un grand nombre d’espèces, notamment des Sagas et Phoenix farinifera et renommée sous le nom de Sagou ; du sucre mêlé à la sève, et qui permet d’en fabriquer des boissons fermentées comme le vin de Palme, dont le plus estimé est extrait de Y Etais Giiineemis, comme l'arack qu’on fait du jus do YAreca cath.rcu fermenté avec le riz. On boit dans l'Inde , sous le nom de Todilg, celui qu'on obtient par incision des spathes du Cocotier et autres. Le lait de Coco doit une partie de ses propriétés nutritives au principe huileux qui s’y trouve mêlé, et il est à remarquer qu’un principe semblable sc retrouve dans beaucoup d'autres Palmiers do la même tribu : on en extrait Y huile de Palme, surtout de Y Etais que nous avons déjà nommé. On connaît aussi une cire de Palme, celle qui coule en si grande abondance et s’amasse sur les troncs du Ceroxijlon Amlicola.
§ o-'iO. JoncacccN. — Nous ne les citons ici que comme famille communément représentée parmi les plantes de notre pays, et vulgairement confondue sous le nom d'herbo avec les Graminées, do même qu’on est porté d'autre part à confondre sous le nom de Joncs beaucoup d herbes croissant dans les marais. La structure de leurs fleurs les fait facilement distinguer, et par l’existence d’un périantho a six parties, et par celle d’un ovaire à trois loges ; mais la consistance écailleuse ou herbacée du premier fourbit en quelque sorte le passage des enveloppes florales des fl lumacécs aux périanthos colorés des familles suivantes.
Bu t AN tOU 15.
§ 560. Liliacées. — Le périanlhe acquiert ses plus brillantes couleurs dans les Liliacées , recherchées en conséquence avec tant de prédilection dans nos jardins et nos campagnes. Il suffit de nommer la Tulipe, la Jacinthe, le Lis, [Impériale, l’Asphodèle, pour en donner une idée. Les Liliacées de nos climats sont herbacées ; leurs tiges, souvent courtes et renflées en bulbes, dont nous avons fait connaître autre part (§ 151) les diverses modifications ; d'autres fois elles s’allongent soit rampantes, soit dressées, et quelquefois même très ramifiées. Mais dans les climats plus chauds on en observe en outre de vraiment arborescentes (comme dans les Yucca , quelques Aloès, etc.), et c’est môme parmi elles qu’on trouve les exemples des arbres monocolylédonés les plus volumineux ( les Braconniers, § 162). Les feuilles sont allongées, assez généralement rétrécies, h nervures parallèles. Leurs graines prennent un grand développement autour de certains bulbes qu’elles contribuent à épaissir et forment en partie.
Les fleurs (fuj. 204, 498) offrent le type exact de celles des Mono-
colylédonées : un périanlhe à six folioles sur deux rangs concentriques, semblables entre elles, tantôt distinctes et tantôt soudées
498. Fleur clu Scilla autumnalis, vue par en haut. — ce Périanlhe exlerne. — ci Périnntho interne.