‹ BotaniqueChapitre 140 sur 206 · ORCHIDÉES · texte numérisé non relu

ORCHIDÉES

vent chacune d'elles esl subdivisée par des cloisons intérieures en plusieurs logettes. Chaque loge ou logette est remplie par une massa pollinique ( fig . 509, 513), celle qui résulte de celle conglutination des grains de pollen dont nous venons de parler. On compte donc toujours deux de ces masses ou un nombre plus grand multiple de deux. Chacune d'elles quelquefois se rétrécit inférieurement en une sorte de queue ( caudicule [fig. 513 c]), et celle-ci dans quelques cas est terminée par un petit corps glanduleux ( rélinacle ) qui va se loger dans une pochette [bursicule) située au-dessous de 1 anthère. Nous devions entrer dans tous ces détails , parce que c’est d’après ces diverses modifications que sont établies plusieurs tribus dans cette grande famille, suivant la nature du pollen, le nombre de ses masses, la forme de chacune munie ou non d’une caudicule avec ou sans rétinacle , la direction générale de l’anthère. Pour l’élève qui ne voudra pas entrer dans leur étude, il suffit de se rappeler qu’il y a une seule anthère à deux loges contenant chacune une ou plusieurs masses de pollen.

Quant à l'ovaire , il est beaucoup plus uniforme dans toute la famille, tordu sur lui-même, ainsi que nous l'avons dit, et creusé à l'intérieur d'une seule loge qui communique par un assez large canal avec le milieu de la surface stigmatique. De ce canal jusqu'au bas courent sur la paroi interne trois placentas longitudinaux opposés aux divisions internes du périanthe et tout chargés d’ovules par milliers (fig. 507 g). L’ovaire devient une capsule dont nous avons décrit (§434, fig. 392) la singulière déhiscence, par laquelle les trois placentas persistent, attachés en bas au pédoncule, en haut par le périanthe, tandis que trois panneaux intermédiaires se détachent et tombent. La Vanille, par son fruit indéhiscent et pulpeux, fait exception à cette règle.

Les graines, innombrables et très menues, sont scobiformca, c’està-dire rappellent par leur aspect de la line sciure de bois. En les examinant mieux on trouve qu’qn général elles présentent un tégument extérieur lâche, allongé en fuseau [fig. 511 l), et un autre beaucoup plus dense, sphéroïde ou ovoïde, sous lequel est une petite masse cellulaire, en apparence indivise, mais où le microscope fait découvrir une petite fossette [fig. 512) dont le bord se relève un peu de côté, et d’où, par la germination , partira l’axe de la plante, ce qui permet de considérer le bord relevé de la fossette comme le cotylédon, et son fond comme la gemmule. Nous aurions donc ici encore un développement énorme de la ligello. Cette masse embryonaire paraît avoir son analogue dans le tubercule qu’on observe à la base de beaucoup d Orchidées toutes développées. C’est de eu

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tubercule que part la tige de l’année, puis il se flétrit et il s'en forme à côté un autre pour l’année suivante.

Les véritables racines sont fasciculées [fig. I I I); les tiges simples ou ramifiées; les feuilles simples, entières, marquées de nervures longitudinales, quelquefois articulées à leur base, et dans beaucoup d espèces exotiques renflées au-dessous de l’articulation en une masse charnue. Nos Orchidées croissent sur la terre; dans les régions tropicales on en trouve un grand nombre sur les arbres ( Orchi - (1res épiplnj les), non quelles y vivent en parasites, maiselles s'établissent dans les fentes, les trous, les angles qu’elles y rencontrent, et trouvent sans doute dans le terreau amassé à ces points une nourriture suffisante : leurs racines en tirent probablement la plus grande partie de l'humidité de l’air, avec lequel elles sont en contact et dont elles paraissent avoir le plus impérieux besoin. De la l habitude actuelle de les cultiver dans des paniers à claire-voie, en n'entourant leur base que de mousse humide ou de mottes de terre entre lesquelles l'air puisse librement circuler.

Si l’on en excepte la Vanille, dont le fruit, légèrement charnu, renferme un principe d'un parfum si délicieux, et fournit en conséquence un assaisonnement si recherché, on ne trouve guère dans les Orchidées d autres parties employées que les tubercules de quelques espèces avec lesquelles on prépare un aliment très restaurant, le salep , mélange de la pécule qui y abonde avec les téguments qui la renferment, et d’un autre principe analogue aux gommes et nommé bassorine, qui se trouve concentré dans de petits noyaux de consistance cornée, disséminés dans la masse de ces tubercules. Malgré des usages si bornés, les plantes do cette famille sont extrêmement recherchées à cause de la beauté et de la bizarrerie de leurs Heurs; leur culture, qui demande la serre chaude, est devenue dans certains pays une véritable mode, et, tandis que Linné n en connaissait qu'une douzaine dospèces exotiques, on en çompte plus de quinze cents dans les catalogues de plusieurs jardins modernes. ~

YÉG ÉTAUX DICOTYLÉDONÉS.

§ 563 . Les Dicotylédonées, qui forment la plus grande partie des plantes phanérogames, ont dû nous occuper beaucoup et nous fournir la plupart de nos exemples. Leurs caractères généraux et tes principaux points do leur organisation se trouvent donc déjà précédemment exposés, et plusieurs chapitres leur sont plus particulièrement consacrés. C’est ainsi quo nous avons fait connaître leurs titres (§§ 48- 74, 2 49-254), leurs racines (§ 4 00), leurs feuilles

Famim.es. Tableau V.

VÉGÉTAUX DI COTYLÉDONÉS

diolines.

I. Gymnoipcrmo» , c'est-à-dire ayant des ovules nus sur des écailles

Embryon à cotylédons I en partie soudés ensemble, à radicule libre Feuilles pinnatiséquéos, — Tronc simple. .

1 entièrement distincts, à radicule adhérant au périsperme. Feuilles simples. . . . — Tronc ramifié.

J». Angiospermes , c’est-à-dire ayant des ovules clos dans des ovaires.

Végétaux I vivant par eux -mêmes, munis de tige et feuilles. Périanthe I simpleounul. 1.

1 | double. ... 2.

I parasites, sans feuilles vertes et quelquefois sans tige. Périanthe simple .... 3.

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