Feuille île Pavot (Pfipnver ttrqtmnnr
ÏEl'lLLliS. PÉTIOLE. J on
nécessaire pour l'intelligence des livres destinés à décrire et distinguer les diverses espèces de plantes, mais superflue lorsqu'on étudie fa plante en général II nous suffisait de faire comprendre comment
la distribution de ces éléments constitutifs de la feuille, les nervures qui en sont le squelette, le parenchyme qui en est la partie molle et essentielle , détermine ces apparences si variées ; comment au fond il n’y a de différences que dans le degré de développement relatif des unes par rapport à l’autre , et comment la feuille la plus composée n’offre pas un plus grand nombre de parties, mais seulement la même partie répétée un plus grand nombre de fois.
§ 118. Pt-tîoic. — Nous avons déjà signalé la forme la plus ordinaire du pétiole, celle qui résulte de la réunion des faisceaux libro-vasculaires partiels qui , se détachant de la tige pour former l'expansion latérale de la feuille , restent, dans une étendue plus ou moins longue, rapprochés en un faisceau unique, et figurent ainsi
ino. Partie delà feuille du Laserpilium h'nutum.
1 a I . Feuille de V Acacia heterophylla. — p Phyllodo ou pétiole élarpi qui forme souvent seul la feuille. — / Partie limbnire ronqw ?é> de folioles bipennées, qui manque entièrement dans un trrnnd nombre île feuilles.
une sorte de petit rameau interposé entre cette tige et le limbe, fie laiseeau est accompagné de parenchyme, dont la majeure partie lui forme une enveloppe revêtue elle-même par l'épiderme- dépourvu la de stomates, de même qu’il l’est sur la surface des nervures, continuations du pétiole (§ '107).
§ I 1 9 . Nous avons dit autre part ( § 12) que les vaisseaux , à l'origine d'un organe naissant d’un autre sous un angle qui change leur direction primitive, présentent quelque changement dans la forme de leurs éléments, cellules ou fibres, qui se raccourcissent et s'unissent bout à bout par des surfaces moins larges. 11 résulte de cette union moins intime une tendance à se désunir plus facilement; tendance à laquelle contribue aussi le parenchyme dont les cellules présentent aux mêmes endroits des modifications analogues. Aussi arrive-t-il fréquemment qu’à une certaine époque du développement l'adhérence de ces parties peut se trouver assez affaiblie pour qu’elles finissent par se disjoindre, soit spontanément, soit par le plus léger effort. C’est ce qu’on nomme une articulation , et ce qu’on observe souvent au point de juxtaposition de deux organes composés, aux nœuds de la tige, à l'origine des rameaux, à la naissance des feuilles.
Les feuilles sont donc souvent articulées sur la tige, et c’e^t ordinairement lorsque la surface par laquelle elles se continuent avec elle offre moins de largeur. Alors elles s'en détachent à une époque plus ou moins avancée , lorsqu’elles ont rempli les fonctions auxquelles elles sont destinées dans la vio végétale et tendent à se flétrir. Cette époque varie suivant les plantes : dans un grand nombre, elle arrive dans le courant de l’année qui a vu naître les feuilles; dans d’autres, elle se diffère davantage. Mais , lorsqu’elles ne sont pas articulées , elles continuent à rester unies au végétal, quoique mourantes ou mortes. C’est ainsi que nous voyons pendant l’hiver les Chênes rester couverts de leurs feuilles flétries, tandis que celles du Noyer et du .Marronnier d’Inde sont tombées dans le courant de l’automne.
C'est parmi les feuilles simples qu'on trouve généralement celles qui persistent, tandis que les feuilles composées sont en général articulées ; et dans ces dernières , non seulement le pétiole 1 est sur la tige, mais les folioles le sont aussi sur les pétioles partiels et s en détachent en se désarticulant. C/est mémo par ce caractère que beaucoup d’auteurs définissent les feuilles composées, ne considérant pas comme telles celles qui persistent tout cl une pièce, quoique dans leur jeunesse elles présentassent toutes les apparences de la composition.
§ 120. Lorsqu’un pétiole se désarticule, après sa chute on observe souvent sur la lige, au point où il en naissait, un renflement qui auparavant paraissait faire partie de lui-même et lui servait de base.
FEUILLES. PHYLLODE.
On a nommé coussinet ( puloinus ) celle petite excroissance latérale de la tige, dont la face tournée en dehors et en haut, et qui se continuait auparavant avec une face semblable du pétiole, est la cicatrice qui résulte de leur désunion [ficj. 1.42 c, 1 45). On voit en général nettement sur cette face, au milieu du parenchyme, plusieurs- points qui indiquent les faisceaux concourant à la formation de ce pétiole. Ils sont diversement groupés dans les diverses espèces de plantes, et de ce groupement, ainsi que de la forme générale de la cicatrice et du coussinet , on peut tirer de bons caractères pour reconnaître les arbres dans l’état de nudité où les laisse en hiver la perte de leur feuillage.
§ 121. Le pétiole est ordinairement plus court que le limbe ; quelquefois il l’égale en longueur, quelquefois il le dépasse. Il varie aussi en épaisseur; lorsqu'elle est assez considérable relativement aux dimensions du limbe, et par conséquent à son poids, il le supporte sans fléchir, surtout lorsqu’il, est court, comme on peut le prononcer d'avance d’après les lois de la mécanique. Lorsqu'il est grêle, ou allongé, ou d'un tissu mou où le parenchyme prédomine par rapport aux fibres et aux vaisseaux , il se penche ou se courbe en arc, entraîné par le poids du limbe attaché à l'extrémité de ce levier ilexible.
Il est souvent cylindrique ; plus souvent encore arrondi tout le long de sa face inférieure, aplati, ou plus ordinairement encore creusé en gouttière sur la supérieure. Quelquefois il est aplati dans toute son étendue, suivant le même plan horizontal que le limbe. Dans quelques cas rares, à son extrémité il s’aplatit en sens inverse, olfrant ainsi une lame verticale qui donne prise au vent : de là dans les feuilles des Peupliers cette mobilité presque continuelle qui leur a fait donner le nom de trembles.
S 122. Pliyiiodc. — Nous avons supposé jusqu’ici que les faisceaux rapprochés dans le pétiole marchent parallèlement jusqu'au limbe , et c’est en effet le cas ordinaire. Il n’est cependant pas constant, et quelquefois les faisceaux commencent à diverger dans le pétiole même. Si cette divergence continuait, ce serait le commencement du limbe; mais, un peu plus haut, les faisceaux convergent de nouveau, et ils se sont rapprochés tout à fait, comme ii leur origine, avant d'entrer et de s’épanouir dans le véritable limbe. Dans cette marche, ils ont cessé d’être parallèles, mais en restant dans le même plan et sans se ramifier. Il résulte de cette disposition que le pétiole, ainsi dilaté, oll’re lui-même l'apparence d’un limbe i ficj. I :i I p\ ce qu'on est habitué à considérer vulgairement comme la feuille, et, c’est pourquoi on lui a donné alors le nom particulier de -plnjlloih !
Le phyllode se distingue du limbe parce qu'au lieu de nenures secondaires pennées partant d une nervure médiane qui s’épuise graduellement à mesure qu’elles s’en détachent, il est parcouru par un certain nombre de nervures longitudinales réparties sur toute sa surface, et à peu près égales entre elles et de la base au sommet ; il s en distingue aussi parce qu’il est habituellement placé sur la lige dans un sens contraire aux vraies feuilles, c’est-à-dire que son plan est à peu près vertical au lieu d’ôtre horizontal.
§ 123. Gaine. — Stipules. — Le pétiole, avons-nous dit i § 104) , s’élargit quelquefois à sa base et embrasse ainsi la tige tout entière ou une portion de la tige en se continuant avec elle : c est ce qu on appelle sa partie vaginale ou gaine de la feuille. Alors les faisceaux destinés à celle-ci, au lieu de se concentrer et de passer dans le pétiole rapprochés en un seul , se sont détachés séparément du pourtour de la tige , et ont dû former avec le parenchyme
qui les unit une surface cylindrique ou une portion de cylindre creux au lieu d’un petit cylindre plein. Quelquefois les faisceaux d’abord écartés convergent peu à peu plus haut , et la gaine se rétrécit graduellement en pétiole :
c’est une sorte de phyllode commençant immédiatement sur la tige; d’autres fois ( fi(j 132) les faisceaux latéraux s’arrêtent après un trajet plus ou moins court, ou se prolongent sur un autre plan que ceux du pétiole, et c’est alors qu'on a la distinction bien nette du pétiole et de la gaine. Souvent enfin le parenchyme ne lie pas ces faisceaux latéraux à ceux du milieu qui se continuent dans le pétiole , et c’est l'origine probable de beaucoup de stipules.
§ 1 24. On définit généralement celles-ci comme de petits organes foliacés situés d’un et d’autre côté de la base dos feuilles, et, dans l’état actuel de la science, il est 'difficile d’en donner une définition plus rigoureuse. Il est vraisemblable que leur production, qui n’a pas encore été suffisamment éclairée par 1 anatomie végétale, est analogue a celle des lobes latéraux des feuilles simples ou des folioles des feuilles composées; que ce sont do mémo dos épanouissements
132 Fra"mcnt d'un rameau r do l'Églantier commun (Rosti camna), portant une feuille f*\cC son pétiole p, scs stipules pé< iolairos î, et son bourdon b. - a Lu aiguillon.