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POILS

faces en contact par lesquelles se superposent ou s’unissent ces cellules semblent interrompre la continuité du poil par autant do cloisons, on le dit alors cloisonné. Du reste, ces formes diverses sont alors à peu près les mêmes que lorsqu'il est formé par une cellule unique, celles d'un cône où les cellules superposées vont on diminuant de bas en haut (fig. 168, I), ou d’un cylindre où elles sont d’égal diamètre, ou d’une massue où les supérieures s’élargissent , ou d’un petit arbre plus ou moins ramifié (fig. \ 68, 2). Lorsque plusieurs poils partent d’un centre commun, ils forment un pinceau ( pili penicillati) ou une étoile (p. stellali ou radiali [fig. 168, 3|), suivant qu’ils se dirigent obliquement ou parallèlement à la surface de l’épiderme. Ces dernières dispositions sont caractéristiques dans des familles entières de plantes (par exemple, dans les Malvacées). Les cellules unies b’out à bout peuvent ne pas offrir, chacune dans sa longueur, un diamètre égal ou graduellement décroissant, mais se rétrécir soit vers leur milieu, soit le plus souvent vers leurs extrémités, et par là le poil prend l’aspect d’un petit chapelet (p. monili formes [fig. 168, 4]).

Le poil composé ne l’est pas toujours d’une seule rangée de cellules; mais on peut quelquefois en trouver plusieurs juxtaposées à la même hauteur. C’est un premier passage à l’état d’aiguillon, qui en diffère néanmoins en tant que venant d’une couche plus profonde.

L’examen microscopique fait voir les cellules des poils comme composées d’une double membrane. C’est qu’ainsi que nous l’avons vu (§ 45 [fig. 85]), la pellicule épidermique s’étend sur les poils comme sur le reste de l’épiderme, et leur forme autant de gaines par lesquelles la membrane propre de chaque poil se trouve revêtue d’une autre membrane plus extérieure.

§ 1 72. Les poils qui rayonnent, d’un centre commun viennent quelquefois à se réunir cntro eux, probablement au moyen de cette pellicule qui enveloppe leur ensemble, et alors, au lieu d’une étoile, ils figurent une sorte de plaque membraneuse (fig. 160 ) adhérente seulement par son ('(Mi tre à la surface qui les porte et s en détachant facilement, comme les petites écailles qu’on voit se détacher de la peau par desqua-

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malion . On a donc nommé ces poils écailleux ou en écusson [pili squamosi seu scutati, ou d’un seul mot emprunté au grec, lepis). Ils ont en général un reflet brillant et souvent comme métallique, comme, par exemple, sur les feuilles des Élæagnées.

On peut citer auprès d'eux d’autres petites expansions squamiformes ou membraneuses, qui , au lieu de tenir à la surface par un point central, lui adhèrent par tout leur bord le plus large. C’est comme un repli de l’épiderme, ou , si l’on aime mieux , comme un poil composé formé de la réunion d’un assez grand nombre de cellules, et tiré en largeur au lieu d’être en longueur. On leur donne le nom de poils scarieux [pi H ramentacei, ou en un seul mot, rameuta seu vaginellœ). On les trouve particulièrement développés sur les pétioles et les limbes des feuilles de la plupart des Fougères. Leur couleur devient généralement brunâtre.

§ 173. Les poils abondent souvent sur les rameaux et sur les feuilles, et dans celles-ci se montrent beaucoup plus fréquemment et plus copieusement sur la face inférieure et sur les nervures et les pétioles. Leur existence et leurs fonctions paraissent être en rapport avec la jeunesse de ces parties, avec l’afflux des liquides dont elles sont alors gorgées et l’activité de l’évaporation qui en est la suite naturelle, et que probablement ils sont destinés à modérer. A mesure que les surfaces s’étendent par l’extension des parties qui vieillissent, il n’y a pas toujours production proportionnelle de nouveaux poils. Ceux qui les revêtaient d’un enduit épais, écartés l’un de l’autre par un espace qui grandit, finissent par le recouvrir incomplètement. C’est la cause qui fait que les poils, souvent si abondants sur les jeunes pousses, semblent avoir disparu après qu’elles ont acquis un certain développement. Quelquefois ils se détachent en effet, ou se dessèchent, et il est rare d’en trouver sur l’écorce des branches adultes dans les plantes ligneuses.

§ 174. Nous avons indiqué les formes les plus générales des poils considérés isolément. En général, dans les descriptions, on s’arrête a celles qui s’aperçoivent à l’œil nu ou à la loupe, et l’on dit que les poils sont simples ou rameux de telle ou telle manière, sans recher- ; cher s’ils sont unicellulaires ou multicellulaires ; ce qui , en effet . peut n’avoir pas une grande importance , puisqu’on en trouve des deux sortes les uns à côté des autres.

Mais la description s’attache à représenter l’aspect qui résulte de la réunion de poils plus ou moins nombreux sur une partie du végétal, et il nous reste à faire connaître quelles sont les principalesmodifications qu’on observe sous ce rapport et par quels mots on lesdésigne. Ces mots, les voici :

GLANDES. I i i*

Glabre ( glaber ), étal d’une surface dépourvue de tout poil. Gla- Lratus , qui a perdu son poil.

Poilu ( pilosus ), garni de poils.

Pubescent ( pubescens ), garni de poils mous, assez courts et un peu clair-semés, d’un duvet (p ubes) comparé à celui du menton d'un adolescent.

Velu ( villosus ), garni de poils longs, doux, un peu obliques.

Soyeux (sericeus), garni de poils couchés, soyeux, à rellet plus ou moins brillant.

Hispide ( liispidus , hirlus) , hérissé de poils roides, non couchés. Ifirsutus tient le milieu entre cet état et celui qu’on exprime par rillosus.

Velouté (velutinus), couvert d’un duvet court, ras, comme du velours.

Cotonneux ( tomentosus ), couvert de poils crépus comme le coton, entremêlés en une sorte de feutre ( tomentum). C’est l'état qui résulte en général de l’accumulation de poils en pinceaux ou rayonnants.

Laineux ( lanutus , lanuginosus ), couvert de poils longs, mous, entrecroisés, comme la laine.

Lepidotus , couvert d’écussons écailleux.

Itamentaceus, parsemé de poils scarieux.

Lorsqu’on considère les poils, non plus sur une surface, mais sur son bord qu’ils dépassent, et lorsqu’ils sont un peu roides et écartés entre eux, ils prennent le nom de cils (cilla). S’ils sont disposés par touffes, ce sont des houppes (barba), d’où l’on tire l’épithète barbatus.

Nous n’avons pas besoin de définir les nuances qu’on exprime par les diminutifs glabriusculits, pilosiusculus , villosulus , tomentellus , liispidnlus , ciiiolulatus , pour indiquer l’état d’une surface oii les poils sont comparativement plus courts, plus clair-semés.

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