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GLANDES

§ 177. Un a décrit comme conformés tout autrement les poils nrlicants ( setœ urentes), ceux dont la piqûre détermine une vive démangeaison : de l'Ortie, par exemple. On avait supposé, en effet, le liquide secrété dans un amas de cellules glanduleuses caché sous l’épiderme, et du milieu de cet amas partant le poil dont le tube servirait à lécotilement extérieur du venin et le verserait dans la blessure, absolument comme le crochet de la vipère, percé d’un canal en communication avec une petite glande située a la base de la dent; mais il n’en est pas ainsi. Les poils des Orties ( fig . 4 71), des Locisa, de quelques Jalropha , sont tous également formés par une seule cellule conique , longue et roide , dilatée en bulbe à sa base ( b ) et terminée à son autre extrémité , soit directement , soit un peu de côté, par un petit bouton (s). C’est dans cette cellule que se forme le liquide brûlant ; et, lorsqu’elle s’enfonce dans la peau, elle y laisse, en se cassant, son extrémité, retenue par le petit bouton terminal. De là une double cause d’irritation : la présence d’un corps étranger , et la propriété particulière de son contenu.

§ 4 78. Glandes proprement dites. — Le

passage des poils glanduleux aux glandes est presque insensible. Lorsqu’on a un amas de cellules sécrétantes sans pédicelle, mais attaché à l’épiderme par un rétrécissement, est-ce un poil composé sessile?

est-co une glande superficielle pédicellée? Au reste, peu importe le nom. On remarque alors deux modifications d'une certaine valeur : 4° la glande est creusée à l’intérieur d’une cavité , dont ces cellules, sur un seul rang, forment l’enveloppe (/»(/. 4 72); 2° la glande est pleine, sans lacune contralo. On

171. Poil de l’Ortie commune ( Urlica dioica ) , conique, terminé à son sommet s par , un renflement ou boulon, h sa baso par une grosse dilatation en bulbe b. Celle baso osl

environnée do cellules do l’épidermo ue qui se relève autour d’elle pour lui former une sorte de support. On voit dans la cavité du poil des courants d’une matière granuleuse ff,

172. Glande prise sur le pédoncule de la Fraxincllc ( Duilamnus (MUS), coupée verticalement, de manière à laisser voir sa cavité centrale I, que remplit une huile verdâtre, et dont l’enveloppe est formée par une couche de cellules c remplies d’un suc rouge. — e Épiderme.

173. Glande prise sur le Rosier à cent feuilles. Il v on a de formes diverses. — e Epiderme .

passe aussi graduellement de cette glande pédicellée [fig. 173) à celle qui s’étale fixée par une large surface, comme une sorte de verrue. Ainsi, dans les Roses, dans les Ronces, on en trouve dont le sommet est à peine plus renflé que la base.

§ 179. D’autres fois les glandes sont enfoncées à l’intérieur dans l'épaisseur du parenchyme cortical , mais en général fort superficiellement et immédiatement sous l’épiderme; et môme alors il n’est pas très rare de les voir faire encore saillie au-dessus, revêtues par cet épiderme, quelquefois un peu modifié, qui les suit en se moulant sur leur surface, ou bien de voir l’épiderme interrompu encadrer une partie supérieure de la glande laissée à découvert.

§ 180. Parmi ces glandes intérieures, on doit distinguer celles qu’on a appelées vésiculaires , et qui, munies de parois pellucides sécrétant une huile volatile incolore ou à peine colorée, se dessinent sous la forme de points transparents, sur le fond vert de la feuille qui les porte, lorsqu'on regarde à travers le jour. Les feuilles du Millepertuis, de l'Oranger, du Myrte, delà Rue [fig. 174) sont des exemples familiers à tout le monde et peuvent servir à cette recherche. On y verra ces points transparents formés par un petit nombre d’utricules g plus gros que ceux du tissu environnant uc et lâchement unis entre eux. Ils finissent môme quelquefois par s’écarter un peu les uns des autres, en laissant entre eux une lacune centrale / où s’amasse le liquide. Ce sont ces glandes qui forment presque entièrement la peau de l'Orange. Sur sa fleur blanche on les aperçoit comme autant de petites taches vertes, ce qui prouve celle teinte dans le liquide, malgré sa transparence.

Les réservoirs des sucs propres, des gommes et des résines, qu'on considère comme tout à fait distincts des glandes, sont des lacunes avec une paroi de cellules particulières où se forme et d’où s’épanche leur liquide, et par conséquent se rapprochent bien des vésiculaires, dont elles diffèrent par leur situation plus profonde.

§ 181. La plupart des glandes intérieures sont, contrairement à celles que nous venons d’examiner, plus opaques et formées de cellules plus petites que le tissu environnant , très intimement unies, ne déterminent pas ainsi par leur écartement un réservoir central,

Glnndo vésiculaire prise sur la feuille de la Une commune ( llutu graveolens ).

il La glande formée par de gros utricules transparents, écartés entre eux de maniéré , lasser une lacune centrale I. — t Épiderme de la surface supérieure île la feuille. ,MW Cellules allongées et d’autres formes remplies de rlilornphylle et formant le m u vert de la feuille.

U LANDES. 1 r»:t

oi laissent au plus se fermer clans leur épaisseur quelques lacunes accidentelles. Quelquefois, c'est du moins ce que nous observons dans les Malpighiacées , toute la surface de la glande présente une couche de cellules tout à fait différentes de celles qui composent la masse intérieure. Ce sont comme autant de petits poils obtus et très fins qui veloutent cette surface en la multipliant .

§ 18 2. La matière formée par les glandes est tantôt limpide, tantôt plus épaisse, de nature très diverse, suivant les plantes oii elle se produit. Nous l'avons vue s’accumuler dans l’intérieur des cellules qui la forment ou dans des réservoirs voisins. Souvent elle ' épanche au dehors, soit que la surface extérieure soit elle-même sécrétante, soit plutôt qu'il y ait transsudation à travers la paroi cellulaire. Alors, au contact de l’air, elle change fréquemment de nature, s'épaissit ou se concentre, et c’est à ce dernier état qu’on l'observe souvent à l'extérieur.

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