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EXCRÉTIONS

solutions de continuité naturelles qui peuvent exister à la surface du

végétal.

8 244. On doit distinguer trois classes de matières ainsi rejetées à cette surface, et à tort confondues sous ce même nom d’excrétions :

1° Celles qui, étendues sur les surfaces, sont conservées pour les protéger, et continuent, par conséquent, à servir à la vie. Ce sont, en général, des matières résineuses imperméables à l’eau , pouvant donc, au moyen de cette sorte de vernis , d’une part, empêcher les effets de l'humidité extérieure sur les tissus; de l’autre, modérer l'évaporation, comme cette substance dont sont imprégnées les écailles des bourgeons dans la plupart de nos arbres, comme cette matière cireuse qui sous forme d’une poussière blanchâtre recouvre certaines feuilles (celles du Chou, par exemple) et certains fruits (comme la Prune, le Raisin, etc.), sur la surface desquels elle forme ce qu’on appelle leur fleur. Telle est encore peut-être cette couche glaireuse qui enduit la plupart des plantes submergées dans l’eau de la mer, ainsi que dans l’eau douce, et les protège contre l’action du liquide environnant, où elles finiraient par se macérer.

2" Les matières rejetées au dehors, non comme impropres à la nutrition, mais seulement parce qu’elles se trouvent en excès, et qu’il s’en est formé plus qu’il ne s’en peut consommer pour les besoins de la plante : tels sont divers sucs propres qui s’échappent des fruits, de l’écorce, les gommes de celle de nos Pruniers et Pommiers , par exemple, les résines de celle des Sapins et autres arbres verts.

3° Les matières impropres à la nutrition et rejetées au dehors méritent seules le nom d’excrétions; mais il est bien difficile de déterminer dans les végétaux celles qui sont réellement dans ce cas. Même les produits des glandes que nous voyons s’écouler ou se volatiliser à l’extérieur peuvent nous laisser à cet égard quelque doute, puisqu’il serait possible qu’ils fussent en partie résorbés pour être reportés dans la masse du fluide nourricier, et qu’ alors la partie qui se perd à l’extérieur ne fût, comme dans le cas précédent, qu’un excédant dont les tissus se débarrasseraient

Mais existe- t-il une voie générale par laquelle le corps végétal après avoir épuisé dans’les substances nutritives toutes les particules qu’il doit s’assimiler, dirige au dehors toutes celles qui y sont impropres? Beaucoup d’auteurs ont pensé que c’était une des fonctions des racines, et cette théorie semble justifiée par le raisonnement. La sève, entrant par les racines, a parcouru d’abord tout le corps ligneux, puis Scsi, complètement organisée dans l’écorce, par laquello'elle redescend, fournissant dans ce trajet à toutes les parties les éléments de la nutrition , et revenant ainsi dans les racines, aux extrémités des-

quelles elle doit arriver dépouillée en partie de tous ces éléments quelle a distribués sur la route. La question est de savoir si là le résidu est rejeté au dehors comme excrément, ou repris au dedans et mêlé à la sève encore imparfaite, comme le sang veineux dans les animaux. Il est de fait que, sur beaucoup de racines, on peut observer autour des extrémités de petits grumeaux ou des flocons d’une matière qui a l’apparence d’une gelée ou d’un mucilage, et absorbe l’eau en se gonflant. C’est elle qui entraîne souvent ces petits grains de terre ou de sable qu’on trouve collés au bout des racines, avec quelque soin qu’on les détache. Il est difficile de ne pas croire que ce soit là une excrétion de ces racines.

Dans cette supposition , autour d'elles se déposeraient ainsi continuellement des matériaux impropres à nourrir désormais la plante; ce qui expliquerait comment ces racines sont toujours obligées de s’étendre plus loin pour aller chercher leur nourriture, comment un arbre languit à la place où un autre de même espèce l’a précédé, comment certains végétaux d’espèce différente se nuisent par leur voisinage. On en a déduit une théorie des assolements, c’est-à-dire de lasuccessioh des cultures différentes, que l’agriculteur doit remplacer annuellement l’une par l’autre, s’il veut, tirer du même terrain plusieurs bonnes récoltes successives. Mais cette nécessité s’explique également par l’épuisement du sol où la plante a dû consommer en grande partie les matériaux propres à la nourrir, mais a pu en laisser d’autres propres à nourrir une plante de nature différente. Quoi qu’il en soit, dans l’intervalle de plusieurs cultures ainsi variées avec intelligence, la terre tend à reprendre peu à peu sa composition première sous l’influence incessante dds agents atmosphériques.

ACCROISSEMENT DES TISSÜSi

§ 245. La nutrition du végétal donne pour résultat soh accroissement. Ses organes élémentaires, augmentant en dimensions et eh nombre, déterminent uhe atigmentatioh proportionnelle dans ses organes composés. C’est le mode de croissahce des uhs et des autres qü’il nous fe9te à examiner* successivement.

Nous ne nous arrêterons pas sur la manière dont les cellules, les fibres, les vaisseaux s'agrandissent et s’épaississent. C’est ce qui a été exposé dans les premiers chapitres qui les concernent, ainsi que l’ordre dans lequel ces organes divers se développent généralement les uns par rapport aux autres. Mais leur mode de multiplication ne nous a pas cncoro occupés, et cest ici le lieu do traiter cette question.

§•246. Accroissement du tissu cellulaire. — La multipli-

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