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ACCROISSEMENT DES TISSUS. J

cation des cellules peut, so faire de plusieurs manières différentes :

1 " Celle qui a été le mieux constatée, et qui paraît la plus générale, a lieu par la division de la cellule qui d’unique devient doublo par la formation d'une cloison médiane.

Nous avons vu (§ 20) que la jeune cellule présente un ulriculo primordial qui enveloppe le protoplasma et tapisse la membrane primaire. Lorsqu’elle a atteint une partie de son développement, on aperçoit vers le milieu de l'utricule primordial un étranglement résultant d'un plissement annulaire, et dans ce pli s’interpose, en se moulant sur lui, un pli de la membrane secondaire qui s'est déposée entre la primaire et l’utricule. Ce pli, ainsi composé, se prononce de plus en plus, s’avançant de dehors en dedans jusqu’à ce que ses bords libres se rencontrent au centre, et se confondent pour constituer une cloison composée do deux lames. Alors, on a deux cellules au lieu d’une seule, chacune entourée d'une membrane propre ou secondaire, avec une membrane primaire commune à toutes deux et qui n’intervient pas dans la cloison, laquelle n’est en effet autre chose que la paroi des deux nouvelles cellules juxtaposées, sur les faces par lesquelles elles se touchent. Par le fait môme de cette division, la masse du protoplasma s’est coupée en deux masses, dont chacune remplit la cavité de la cellule qui lui correspond. Les cellules ainsi formées pourront à leur tour se subdiviser en deux, et celles-ci de môme; et, après un certain nombre de ces divisions, on peut calculer à quelle quantité de cellules aura donné naissance une cellule primitivement unique.

Ce développement peutôtresuivi très clairement sur les végétaux les plus simples, comme les conferves où M. Mohl le premier l’a bien constaté. Ces plantes sont formées par dos séries de cellules formant par leur ensemble un tubo transparent et comme articulé. C’est la cellule terminale qu’on voit so doubler en s’étranglant vers son milieu, après qu’elle a acquis deux fois la longueur des cellules définitives, (juant aux cellules inférieures, on en voit quelques unes se boursoufler latéralement vers leur sommet, collo saillie latérale s allonger en tube continu avec la cavité do la cellule; puis, lorsqu’il a acquis une certaine longueur, cette continuité s’interrompre par un plissement dos mombranes, et enfin la formation d’uno cloison complète, doù résulte une cellule nouvelle, base d’une ramification de la conferve. On a vu les cellules se multiplier d une manière analogue, non seulement dans des végétaux aussi simples, comme les Nostochs, les Charas, etc., mais aussi dans les plus organisés. La cloison que nous avons vuo transversale dans les conferves, où la multiplication des cellules déterminé par là I allongement, peut, se

former dans tout autre sens, et déterminer ainsi l’élargissement et l’épaississement du végétal.

2U Un second mode de multiplication est celui par lequel les cellules nouvelles se forment dans une cellule-mère ou préexistante sans se continuer avec elle par leurs parois. Le protoplasma de la cellule-mère se partage alors en plusieurs petits groupes ou noyaux autour de chacun desquels s’organise une membrane, d’où résultent autant de cellules indépendantes au début. Plus tard, elles peuvent se réunir, et ordinairement la cellule-mère résorbée a disparu alors. Ce mode, qu’on a pu bien observer dans le sac embryonnaire (§ 446), a été signalé particulièrement par M. Schleiden, qui l’admettait comme général, et pour lui le petit amas de matière protéique condensé en nucléus ou cytoblaste (§ 20) est le générateur de la paroi cellulaire, et doit ainsi précéder toute cellule. On le trouve en effet dans la plupart au début ; mais s’il persiste quelquefois, le plus souvent il ne tarde pas à disparaître. Cette formation de cellules libres pourrait s’appeler intra-utriculaire.

3° Plusieurs auteurs en admettent uneinter-utriculaire, c’est-à-dire dansl'intervalledes cellules. Ainsi M.Mirbel acru voir les lacunes dans les jeunes tissus de certains Palmiers se remplir d’un cambium qui s'organise en utricules; M. Kützing décrit et figure dans les Fucus des cellules nouvelles se développant dans l’épaisseur de la matière intercellulaire qui sépare les plus anciennes. Mais ce mode, nié positivement par plusieurs autres, reste au moins fort douteux.

§ 247. C’est par division que les cellules semultiplient entre le bois et l’écorce aux dépens du cambium. Comment le cambium lui-mème se forme-t-il ? On peut penser que c’est aux dépens des sucs les plus élaborés, ainsi que le prouvent les nombreuses et ingénieuses expériences de Duhamel sur la formation du bois dans les arbres dicotylédonés. Une mince lame d’étain introduite entre l’écorce et le bois permit de constater que tout le cambium avait dû venir du côté de lécorce. Un lambeau d’écorce tenant supérieurement à l’arbre fut soulevé, et la surface du bois au-dessus fut détruite, ce qui n’empôcha pas la production du cambium sous le lambeau replacé. Une décortication annulaire mise à l’abri de la sécheresse montra lo cambium sortant entre le bois et l’écorce, en grande abondance du bord supérieur de la plaie, beaucoup moins de l’inférieur. On en conclut que ce sont les sucs de 1 écorce venant de haut en bas qui fournissent le cambium, et que ce n’est pas la sève ascendante.

§ 248. La multiplication des cellules a lieu quelquefois avec une extrême rapidité. Les jeunes pousses de quelques uns de nos arbres, par un temps favorable, au printemps, peuvent nous en donner un exemple, et cependant la marche do leur végétation n a rien de

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