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peut, jusqu'à un certain point, deviner leur forme par l’inspection comparée des coupes horizontale et verticale du tissu, Iisl-il besoin d’expliquer comment des cellules cubiques, coupées, soit verticalement, soit horizontalement, donnent toujours des carrés égaux; comment le dodécaèdre [pg. 1 2 et 1 3) donne dans un sens un carré, et dans le sens contraire un hexagone [pg. I 4 et I !>), etc.

Il ne faut pas croire au reste que ces figures aient la régularité rigoureuse des ligures géométriques auxquelles on les compare. 11 s'en faut en général de beaucoup. Les angles s’émoussent, les côtés d’un mémo carré ne sont pas tout à fait égaux, les lignes ne sont

pas tout à fait droites. C’est en partie pour avoir représenté une régularité qui n'est pas dans la nature que la plupart des ligures d’anatomie végétale, publiées autrefois , ont manqué de ressemblance.

Les cellules peuvent donc être courbes sur une partie de leur surface et planes sur l’autre. Cette combinaison peut s'allier avec la régularité ; par exemple, dans la forme d’un tronçon de colonne cylindrique (fig. 16 a), d’un tonneau ( b ).

Enfin elles peuvent être inégalement développées sur leur contour, de telle sorte qu’il présente un certain nombre de saillies séparées par autant de sinus ou d'angles rentrants. On leur donne alors le nom de rameuses , nom que leur forme justifie quelquefois complètement lorsqu'elles se développent librement à l'extérieur en toutou en partie, comme cela a lieu dans quelques végétaux aquatiques des plus simples ou dans les poils (fig. 1 67, 2, 3). Lorsque au contraire elles font partie d’un tissu, auquel cas le développement de chaque cellule doit plus ou moins être arrêté par celui des cellules voisines, les saillies de la surface inégale seront en général moins semblables à des rameaux et plutôt comparables à des bosselures. Alors ou bien les saillies des unes s'adapteront exactement aux enfoncements des autres, ainsi qu'on l’observe fréquemment dans 1 épiderme des feuilles (fig. 79, c), ou bien c’est par les bouts de leurs prolongements que les cellules se rencontreront, laissant

ainsi entre elles de nombreux et grands vides [fig. 17, llü et

1 7. Cellules rameuses prises dans la Fève de marais ( Vicia fnbn). — 1 1 Lacunes.

18. Tissu cellulaire lâche eu mérencliyine , pris dans une jeune feuille de Jonharlie [Sempervivum tr.ctorum). — m Méals inlnrcnlltilaires.

l'J. Tissu cellulaire de la moelle du Sureau (Snmbucus ilium). Les cellules seul pondue*1? ainsi *jiic lions la figure proréflenle.

1 1 6, pi). On conçoit que lo plus souvent ces cellules rameuses sont extrêmement irrégulières. Cependant un certain degré de régularité peut s’allier avec cette modification : ainsi elles imitent quelquefois des étoiles, des tronçons de colonnes cannelées, etc., etc.

8 4. Dans les tissus serrés, lorsque les cellules s’emboîtent exactement les unes entre les autres, se touchant par des surfaces planes, on conçoit qu'il peut ne rester entre elles aucun vide (/ ig . 7, 19 et 79). Dans les tissus lâches, et lorsque leurs surfaces courbes ne peuvent se toucher que par un petit nombre de points , il doit au contraire rester entre elles des intervalles plus ou moins considérables ( fig . 8, 18) : on nomme ces intervalles méats intercellulaires ( fig . I 8 m). 11 en existe au reste dans la plupart des tissus, parce que, en raison de ce léger degré d’irrégularité que nous avons reconnu comme un fait général, l’agencement des parties n’est pas rigoureusement exact ; mais ces intervalles sont d’autant moindres que le tissu est plus serré.

Entre les cellules rameuses, qui se touchent par les extrémités de prolongements rayonnant d’un centre commun, ces méats occupent nécessairement un espace beaucoup plus étendu, et, dans ce cas, ils prennent le nom de lacunes (/ uj .17, 4 1 5 et 1 1 6 , 1 1 ). C'est celui qu’on donne généralement à tout intervalle un peu considérable compris entre plusieurs cellules, et n’ayant d'autres parois que celles de ces cellules environnantes. Les lacunes offrent souvent une grande régularité , soit considérées en elles-mêmes , soit dans leur position les unes par rapport aux autres [fig. 20).

Les cellules peuvent être placées sans ordre appréciable les unes relativement aux autres; c’est surtout lorsqu’elles sont irrégulières dans leur forme et inégales dans leurs dimensions. Mais lorsqu’elles sont régulières et égales , une certaine régularité se fait aussi remarquer dans leur agencement, et on les voit souvent disposées les unes à la suite des autres par séries rectilignes, soit dans le sens horizontal, soit dans le sens vertical. Les cellules de deux séries voisines qui se touchent peuvent alors être opposées, c’est-à-dire situées à la même hauteur (/if/. 21), ou bien alternes, c’esl-a-dire à des hauteurs différentes, de telle sorte que le milieu de celles d une série correspond toujours ii peu près aux extrémités de celles des séries voisines (/ Ug . 22). Ce dernier agenco-

20. I.nninon ilan? lo t Ho In Uononoulo nqunliqtlP ( Ttnnunrulw) nquatilis).

ment a presque nécessairement lieu lorsqu’elles sont plus larges au milieu qu’aux extrémités : pour la forme dodécaédrique , par exemple (fig. I 4 et 1 5).

§ 6 Les parois des cellules ne présentent pas toujours la même apparence. Tantôt elles semblent formées par une membrane unie et parfaitement homogène (fig. S, 6) ; tantôt cette membrane est marquée d'un nombre plus ou moins grand de petits points (fig. 23) ou de courtes lignes dirigées transversalement ou obliquement (fig. 24); tantôt elle semble doublée à certains intervalles de petits fils ou bandelettes ; ces fils décrivent en général une spirale à tours plus ou moins rapprochés depuis une extrémité de la cellule jusqu'à l'autre (fig. 25); ces bandelettes suivent également une direction en spirale , ou se séparent en plusieurs anneaux à peu près horizontaux (fig. 26) , ou dessinent enfin sur la surface une sorte de réseau à mailles plus ou moins grandes (fig. 27). On s’est

assuré que ces diverses apparences ne caractérisent pas constamment des cellules différentes, mais que la môme peut en offrir successivement plusieurs, suivant l’époque à laquelle on l'examine. Il est donc nécessaire de suivre attentivement leur développement pour bien se rendre compte de ces apparences diverses et de la cause qui les produit.

Cet examen nous apprend que la cellule , au moment où nous commençons à l’apercevoir comme un organe distinct, est un petit sac formé par une membrane simple , parfaitement continue et homogène, dont la substance, d’abord molle et humide, se sèche et durcit peu a peu. Elle peut persister à cet état en changeant seulement de volume et de forme. Mais d’autres fois , à une certaine époque ultérieure , sur toute la surface intérieure du sac, il s'en forme une seconde. Celte nouvelle membrane no paraît pas identique

( l 'urum nnnim i. ,

avec la première dans son mode de développement ; car, au lieu de s'étendre en une toile continue parfaitement correspondante à la première, elle s’interrompt en divers points. Dans ces points, le sac extérieur n’est pas doublé par l'intérieur , et de là résulte cette inégalité d’épaisseur à divers endroits. On pourrait supposer que la membrane interne ainsi distendue s’éraille en un grand nombre de points , et détermine ainsi les ponctuations qu’on aperçoit sur beaucoup de cellules; mais, le plus souvent, une merveilleuse régularité paraît présider aux solutions de continuité de l’enveloppe intérieure, qui se déroule du bas en haut de la cellule en un fil ou en un ruban spiral. Si les tours de cette spire sont éloignés l’un de l’autre par un intervalle appréciable, on a deux zones spirales parallèles , l’une où la membrane externe est doublée par l'interne, l’autre où elle est à nu. Si les tours se touchent exactement, leur intervalle n’est plus indiqué que par une strie extrêmement fine ou cessant même d’être perceptible. Mais souvent ils s’écartent un peu de distance en distance, laissant la membrane extérieure à nu dans des espaces qui, pour notre œil, n’excèdent pas en étendue un point ou une courte ligne. De là peut-être la régularité et la direction qu’on observe fréquemment dans ces points, et ces lignes dont la cellule se montre toute parsemée. Les bandes en anneaux ou en réseau paraissent susceptibles d’une explication analogue que nous renvoyons à l’exposition des vaisseaux , où le phénomène deviendra moins obscur, à cause de la plus grande échelle sur laquelle nous pourrons l’observer.

L’épaisseur des parois de la cellule peut être successivement augmentée par la formation d’une troisième couche qui se dépose à l’intérieur de la seconde, d’une quatrième qui se' dépose à 1 intérieur de la troisième , et ainsi de suite. Ordinairement la seconde

membrane sert de moule à celles qui se développent successivement à l’intérieur; elles la suivent dans tous ses contours et s’interrompent aux mêmes endroits. C’est ce dont on peut se convaincre par la coupe transversale (fig. 28) ou longitudinale [fig. 29) de cellules composées d'un certain nombre de couches superposées. On voit ainsi bien nettement plusieurs cercles concentriques autour d’une cavité

28. Coupe transversale île retîntes prises ilans la clmir d'une Poire. 20. Coupe longitudinale des mêmes.

centrale, qui est d'autant plus petite qu'il s'est déposé un plus grand nombre de couches; de cette cavité partent transversalement de petits canaux qui viennent s'arrêter seulement sur la membrane extérieure et qui correspondent aux solutions de continuité des couches secondaires. 11 est clair que si elles ne se moulaient pas exactement les unes sur les autres, leurs trous ne se correspondraient pas de manière à former ces canaux continus.

11 peut arriver qu'une couche intérieure ne se moule pas sur celle qui l'enveloppe, mais présente une modification différente qui se laissera apercevoir, soit à travers l’ensemble des couches transparentes, soit seulement dans les intervalles où la membrane extérieure se trouve à nu. On aura alors l'apparence de cellules en quelque sorte composites , par exemple ponctuées et spirales à la fois ( fig . 30) ; et si les ponctuations appartiennent aux couches secondaires , la membrane à spirale constituera une couche tertiaire. C'est, au reste un cas fort rare, et la plupart des exemples , entre autres celui que nous avons cité, s’observent dans les fibres plutôt que dans les cellules.

Une modification plus exceptionnelle encore est celle des cellules poreuses ou trouées. Sur leur membrane primaire, d’abord continue et homogène comme celle de toutes les cellules en général, on soit plus tard se circonscrire des espaces arrondis, puis la partie ainsi circonscrite se fondre peu à peu et disparaître, en laissant à sa place un véritable trou ou pore, par lequel la cavité cellulaire communique immédiatement avec celle dos cellules voisines semblablement organisées. C’est dans un très petit nombre de mousses qu’on a observé cette singulière organisation de certaines cellules ( fit] . 31 ). On a cité quelques plantes phanérogames dont certaines fibres en ont présenté une analogue.

30. Porlion d'une fibre prise dans le bois du Viorne ( Yilnirnum lanterna ). — PP Ponctuation appartenant aux couches secondaires. — s s Fil spiral nui leur est intérieur et constitue une coudre tertiaire.

•M. Cellule tirée d'uno feuille du Spliagnum rapillarcum et très grossie , dont la panu est formée d'une membrane trouée de pures ppel doublée intérieurement d'un II! spiral X. I no petite portion de relie paroi a été déchirée en me, auprès d’un de res pores, pour montrer qu'il y a véritable solution de continuité

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