ilo la fleur du Tropii'nluin pculaphyllum
220-227. Diagramme de deux Ileurs où le verticille de la corolle est supprimé, el l'ovaire composé à placcnlaliou centrale : - 220 du Claiu iimntima, 227 du Clicuupoitmm album.
-i2 BOTANIQUE.
qui manquent. Ainsi, parmi les fleurs des Médiciniers ou Jatropha , en dedans du calice à cinq folioles et de la corolle à cinq pétales, les unes [fig. 228, 2) présentent un pistil sans étamines, les autres (fig. 228, I) dix étamines sans pistil. Nous verrons plus loin que le pistil qui devient plus tard le fruit, dans lequel sont contenus et
mûrissent les graines ou œufs des végétaux, joue le rôle de la femelle également destinée à la production des œufs dans les animaux, que les étamines qui fécondent les œufs jouent le rôle de mâle. De là vient que les pistils sont aussi vulgairement désignés sous le nom d’organes femelles, les étamines sous celui d’organes mâles, leur ensemble sous celui d'organes de la fécondation. Do là aussi le nom de fleurs hermaphrodites donné à celles qui contiennent ces doux organes réunis ; celui de fleurs mâles donné aux fleurs seulement staminifères ; à'androcée ( androceum , d ’àvrîp, mâle , oix?a, habitation) à la réunion des étamines; celui de fleurs femelles donné aux (leurs seulement pislillifères. Nous avons décrit plus haut ($ 303) la fleur du Coriaria comme munie à la fois d’étamines et <ie pistil ; mais il se trouve ordinairement sur le même pied d’autres Ileurs où le pistil est supprimé, et d’autres encore où ce sont les
2-28. Fleur» mûle (1) et femelle (2) du .latrophu cuiras. — c Calice. — p Corolle.— c Élumincs qui occupent le centre dans la fleur 1, à cause do la suppression du pistil, et nui manquent complètement dans la fleur. — 2. Pistil composé d’un ovaire o, que surmontent trois styles bifides s. — il Petits appendices glanduleux alternant avec les divisions de la corolle. — Au-dessus de chacune de ces doux fleurs, son diagramme.
étamines. Quand une plante offre ce mélange de fleurs hermaphrodites, do fleurs mâles et de fleurs femelles, on les dit fleurs polygames. Si les fleurs hermaphrodites manquent complètement dans une plante, les Heurs qu’on y rencontre, pourvues seulement ou d’étamines ou de pistil, prennent alors le nom de diclines; alors les mâles peuvent se trouver sur le môme pied que les femelles (comme dans le Ricin, la Sagittaire, etc., etc.); elles habitent en quelque sorte un domicile commun, et l'on dit que cette plante a des fleurs monoïques (povo-, seul ; owla, maison). D’autres fois, dans le Chanvre ou la Mercuriale, par exemple, certains pieds de la plante ne portent que des fleurs mâles, certains autres que des femelles; les fleurs occupent deux domiciles séparés et sont dites dioiques (ïïto'.xiïv, habiter séparément).
§ 310. Les fleurs sont destinées à propager la plante au moyen des graines, dernier terme de leur développement. Les pistils où ces graines sont contenues sont donc des organes essentiels ; mais depuis longtemps l’expérience a constaté que, s’il n’v a que des pistils, les graines avortent et la plante ne se reproduit pas, que le voisinage et l’action des étamines sur le pistil est nécessaire pour qu’elles deviennent fécondes et produisent un embryon qui nous a servi de point de départ dans l'histoire de la plante (§ 26) ; les étamines sont donc des organes également essentiels. Quant au calice et à la corolle, ils ne jouent dans la fleur qu’un rôle purement secondaire, destinés à servir aux étamines et aux pistils d 'enveloppes, a l’abri desquelles ils se développent et atteignent leur perfection. On conçoit que ces enveloppes pourraient, à la rigueur, manquer complètement sans que la fleur devint impropre à ses fonctions, tandis que celle où les étamines et les pistils manqueraient à la fois serait un stérile ornement, tout à fait inutile à la reproduction de la plante. Aussi appelle-t-on neutres quelques Heurs bornées ainsi aux vertieilles du calice et de la corolle, qui souvent alors prennent un développement remarquable. Les Heurs bornées au contraire aux pistils et aux étamines, ou seulement aux uns ou aux autres, mais complètement dépourvues d’enveloppes, sont dites achlamydées (à privatif; y\<xp.v;, chlamyde, vêtement), ou plus vulgairement nues (flores nuili).
§311. Nous avons vu que les parties de la Heur pouvaient se réduire : 1° par la suppression de quelques parties dans chaque verticille; 2° par la suppression d’un ou plusieurs vertieilles tout entiers. Combinons ensemblo ces deux modes do diminution, et nous arriverons, par des suppressions successives, dont la nature nous présente tous les exemples, à un degré plus grand de simplicité, dont le dernier terme sera uno étamine ou un carpelle isolé C'est
là que sont réduites, par exemple, les fleurs du genre Naias (/?</. 234) dont deux espèces [major et minor ) croissent dans nos rivières. La seule famille des Euphorbiacées nous présenterait, dans une suite
d’exemples instructifs [fuj. 229-234), la dégradation progressive du nombre des étamines qui constituent ses fleurs mâles, et que nous y verrions enfin réduites à trois, a deux et à une [Euphorbe).
§ 3 1 2. Nous avons déjà vu ces parties de la fleur susceptibles d'un nombre considérable de combinaisons différentes par la multiplication ou par la diminution, qui peuvent porter tant sur les verticilles entiers que sur les éléments de chacun d'eux. Ces deux causes principales de modification peuvent agir ensemble. Ainsi, dans le Magnolia ou le Tulipier , que nous avons cités, le verticille calicinal, borné à trois folioles seulement, était au-dessous du nombre le plus ordinaire dans les Dicotylédonées ; les pétales étaient également disposés par verticilles ternaires, ayant subi par conséquent cette même réduction ; mais il y avait plusieurs de ces verticilles, et de cette multiplication s’ensuivait nécessairement celle des pétales. Dans des genres de la famille voisine des Anonacées [Hemistemma , Pleurandra ), les étamines manquent tout à fait sur l’un des côtés de la fleur, mais par compensation elles se trouvent multipliées de l’autre. Dans le Millepertuis commun, les étamines sont multipliées, mais elles sont disposées en trois faisceaux résultant de dédoublement, et leur verticille se trouve ainsi réduit à trois, tandis qu’il revient à cinq dans quelques aulres.
' La loi d’alternance des verticilles successifs se maintenant, on conçoit comment leur nombre augmenté dans la fleur doit y altérer le rapport apparent des parties. On s’étonnait de voir les étamines
229-234. Diagrammes de fleurs de plus eu plus simples, où l’on voit : 1" le ralice, enveloppe unique, réduit à trois parlies (229, 230, 231), se supprimer lui-même complé lernenl (232, 233, 234), et être remplacé par une bractée, do l’aisselle de laquelle naît la fleur, quelquefois accompagnée en plus de deux bracléoles plus intérieures (232, 233) ; 2° les fleurs seulement mêlées, réduitesà trois étamines (229), à deux (230-232), enfin à une étamine (231, 233), et enfin cette étamine unique, réduite elle-même à une seule loge (134, 1); ou seulement femelles (234, 2) cl réduites à un carpelle.