du Cnvllerin procumhens
ETAMINES.
plus rarement, c'est au-dessous ou au dehors qu'il se prolonge, par exemple, dans deux des cinq étamines de la Violette, en un éperon, qui s’enfonce dans celui de la corolle ([içj. 290 a).
§ 356. Si, dans l’étamine, l'anthère est la partie essentielle pour la fécondation, le pollen l’est dans l’anthcre elle-même, ainsi que nous le verrons. On nomme donc stériles les étamines où cette poussière vient à manquer. Alors les loges peuvent exister, mais affaissées et llétries. D'autres fois elles disparaissent complètement, et c’est le connectif seul qui persiste, souvent en se développant. 11 n’est pas rare de voir, dans ces cas, l’anthère transformée en limbe pétaloïde, tantôt pelotonné et chiffonné, tantôt étalé comme un pétale véritable ; et cette dernière transformation peut devenir complète : c’est à elle qu’on doit beaucoup de Heurs doubles. Enfin , 1 étamine stérile peut être réduite au filet; et celui-ci lui-même plus ou moins diminué : on dit alors qu’elle est rudimentaire.
§ 357. Après avoir considéré l’étamine isolée, examinons les étamines réunies dans une même fleur, dans leurs rapports soit avec les autres verlicilles de cette fleur, soit les unes avec les autres.
Nous avons déjà oxposé quelques uns de ces rapports : 1° Ceux qui dépendent du nombre, celui des étamines se trouvant égal à celui des folioles calicinales et des pétales (fleur isoslémone [§ 303]), ou inégal (lleur anisoslémone , do oc, tco;, inégal, et cT-op.^,, étamine), soit qu'il se trouve alors double (lleur diplostémone [§ 303])ou moindre lleur mëiostëmone , do futwv, moindre), ou au contraire, plus que double (fleur polyslëmone , de nombreux): nous avons vu que
cotte dernière circonstance peut résulter tantôt de l’addition de nou-
veaux verlicilles d’étamines (§304), tantôtdu dédoublement de quelques unes d'entre elles ou de toutes (§ 305); 2° ceux qui dépendent de leur position relativement aux parties des verlicilles voisins, opposées ou alternes, ou dans une situation intermédiaire; 3" ceux qui dépendent des divers degrés de soudure qu’elles peuvent, contracter avec ces mêmes verlicilles, et d’après lesquels peut varier leur insertion, c est-à-dire leur point apparent de départ, relative nient a eux et notamment au pistil , suivant lequel oii les divise en trois grahdes classes, étamines liypogynus < péri gy nés , ëpigiines (§ 299).
§ 358. Quant à leurs rapports mutuels, les étamines d’une même lleur peuvent être complètement indépendantes les unes dos autres ( étamines libres ou distinctes, slamim libéra seu distinctu ), ou bien contracter etlsèmblo des adhérences [étamines soudées ou' cannées, slamina coalila seu conrnla ). Cotte adhérence a lieu entre les anthères, comme oh le voit dans toutes les Composées, les Lobclia, les Jasione, et, dans ce cas, les étamines sont dites syngénùscs, ou mieux
synant Itérées [syngcnesa se a synanthera, de aé-j, avec* [qui, dans les mots composés, indique l’union] ycWi;, origine, et avOr/pa, anthère). Plus souvent encore, c’est entre les filets que l'union est établie, soit que tous se trouvent ainsi confondus en un corps unique, soit qu’ils se réunissent en plusieurs groupes auxquels nous savons qu’on a donné le nom d’adelphies (§ 293), de manière que les étamines sont monadelphes [fig . 600), diadelpltes, triadelphes fig. 295), pentudelphcs
( fig . 216, 1), polyadelphes (/ ïg . 296), suivant que, par la réunion de leurs filets, elles forment un seul de ces groupes, ou deux, ou trois, ou cinq, ou davantage. Dans le cas de monadolphie, si le pistil n’a pas été supprimé, il est clair que les filets soudés doivent laisser pour lui un espace libre au centre de la fleur et former alentour un tube ou anneau (fig. 206) ; ce n’est que s’il n’y a pas de pistil, si la fleur est mâle, que ces filets peuvent être réunis en un faisceau luimême central [fig. 228, \). Dans les cas où il y a plusieurs groupes d’étamines, ils forment ou autant de segments de cercle (fig. 217) ou autant de faisceaux [fig. 295). Quelquefois les filets restent unis dans toute leur longueur ; plus souvent, unis inférieurement, ils se séparent à leur partie supérieure [fig. 217, 295). Dans le premier cas le faisceau prend une forme columnaire ; dans le. second , il est rameux , et sa ressemblance avec un petit tronc divisé en rameaux terminés chacun par une anthère devient vraie, surtout lorsque tous les filets ne se séparent pas à la même hauteur, mais que quelques uns restent unis ensemble plus haut que d autres [fig. 296 fj.
295. Étamines triadelphes ce d’un Millepertuis ( Hypericum œgyptiacum ) entourant e pistil o. Les enveloppes de la fleur ont été enlevées.
290 Fleur mâle du Ricin commun , consistant en un calice c de cinq folioles réfléchies, et des étamines e polyadelphes. Un des faisceaux rameux f a été figuré grossi à
L° 097 Trois des dix étamines du Tamaris gallica. On voit que les fdets se soudent entré eux seulement par leur hase dilatée, de manière ù former une sorte d’anneau dont on voit ici un fragment.
ETAMINES.
^ 359. Les étamines d'une même ileur, comparées entre elles, sont égales ou inégales en grandeur, et, dans ce dernier cas, cest avec plus ou moins de régularité. Lorsqu’elles sont nombreuses, elles peuvent être d’autant plus longues qu elles sont plus intérieures ficj. 216,2) ou, au contraire, qu elles sont plus extérieures (comme dans beaucoup de Rosacées [fuj. 207]) . Dans les fleurs diplostémones, presque toujours les étamines opposées aux pétales sont plus courtes que les étamines alternes. On appelle télradynumes (de rt-pot, quatre, et 'îuvaptî , puissance, domination ) celles des Crucifères dont quatre grandes , disposées par paires , alternent avec deux plus petites isolées [ficj. 298, 579) ; didynames | de 5i'ç, deux fois) celles des Labiées, Personées et autres plantes où les cinq étamines, alternant avec les cinq lobes de la corolle , se trouvent par l’avortement plus ou moins complet de la Cinquième , réduites à quatre dont deux plus grandes répondant à la lèvre supérieure de la fleur, deux petites répondant à ses côtés (fit y. 299). Dans le Manguier, l’j Hiptage , des dix étamines , une seule prend un grand développement. Mais il serait trop long et superflu de passer en revue toutes les combinaisons possibles dans la proportion relative des étamines inégales.
§ 360. Quant à leur proportion avec la corolle, elle doit être notée dans la description. Lorsque les étamines sont plus longues qu’elles et la dépassent , elles sont dites saillantes {exserla) ; lorsqu’au contraire, plus courtes, elles restent cachées par elles , elles sont dites incluses [inclusa \ fi y . 260 et suivantes, 299]).
§ 361 . Elles se dirigent do diverses manières, ou directement en haut (étamines dressées, erecta ), ou vers le centre de la fleur (étamines infléchies, inflexu), ou en dehors, soif qu’elles divergent sim-
298. Appareil des étamines télradynnmes do la (Unifiée commune (Chcirnnlhus cheiri). — p Sommet du pédicellc. — c Cicatrices laissées par les folioles du calice qui sont tombées. — en Doux paires de grandes étamines. — ep Petites étamines. — l Torus glanduleux sur lequel toutes ces étamines s'insèrent.
299. Corolle de la Digitale ( Dinitalu purpurea) coupée et étalée pour montrer l’appareil des étamines didynames qu’elle porte. — (Tube. — f i'ilets, dont au-dessous de leur insertion i. on peut apercevoir le prolongement dans l’épaisseur de lu corolle jusqu’à sa base. — ag Anthères des grandes étamines. — U'i des petites.
plement, soit qu elles s 'étaient horizontalement(pafu/a),ouse courbent tout à fait ( reflexa ), ou même pendent ou se rapprochent de la verticale (pendilla). Quelquefois elles s’inclinent toutes en se courbant d'un même côté de la fleur, vers le haut ou vers le bas ( déclina ta , comme dans le Marronnier d’Inde et la Fraxinelle).
§ 362. Structure de l’étamine. — Après avoir examiné les formes extérieures des étamines dans les diverses espèces de plantes, et les rapports que peuvent offrir entre elles, et relativement aux autres parties, celles d une môme fleur , recherchons la structure anatomique de l'étamine.
Du filet. — Le filet se compose : i° d’un faisceau central de trachées. faisceau qui le parcourt de la base au sommet, sans se ramifier dans tout ce trajet; 2° d’une couche de tissu cellulaire enveloppant ce faisceau vasculaire ; 3Ü d’un mince épiderme, sur lequel .on observe quelquefois des stomates, mais fort rares
Le faisceau des trachées se continue et se termine dans le connectif, quelquefois avant. Ce connectif est formé, du reste, par un
amas de cellules un peu différentes de celles du filet, et par leur couleur et par AïïmmÉÈmh leur f°rme- Leur consistance est souvent ift-/ ce^e d’un tissu glanduleux.
§ 363. De l’anthère. — Les loges de l’anthère à l’état parfait présentent 300. intérieurement une cavité remplie par
le pollen, extérieurement par une membrane épidermique (fnj. 300 ce), souvent parsemée de stomates; dans l’intervalle, une couche d’un tissu particulier (c/), dont on concevra facilement la nature et la forme, si nous disons qu’il a commencé par une réunion de cellules spirales (fig. 25) ou annulaires ( fig. 26), où, plus souvent encore , réticulées (fig. 27), disposées sur un seul ou sur plusieurs rangs d’épaisseur. Mais ordinairement la membrane de ces cellules a complètement disparu aux approches de la maturité de 1 anthère , et il ne reste que les fils ou bandelettes, arranges par conséquent en spirale, ou plus souVcht en anneau ou en réseau (fig. 300 c/j. On a nommé cellules /tireuses ces cellules à claire-voie ainsi réduites aux lames qui les doublaieht primitivement, à leurs fibres, én attachant a ce mot, non l’idée d’un utriculo allongé, ainsi que hous 1 avons fait dans tout lo courant do cet ouvrage, mais colle d’un fil ou d un ruban plein. Lotte couche fibreuse va en diminuant d’épaisseur à mesure qu’elle se
300. Portion ilo In coupe horizontale de la paroi d’une nntlièro de Cobœa scandais, à l’époque de la déhiscence. —ce Couche externe composée par les cellules de l'épiderme. cf Cellules fibreuses formant lu couche interne.