‹ BotaniqueChapitre 88 sur 206 · MARCHE DU TUBE POLLINIQUE. 29S · texte numérisé non relu

MARCHE DU TUBE POLLINIQUE. 29S

se passe au contact du grain sur une surface humide (§ 376) Par un effet d’endosmose , il absorbe l'humidité moins dense que la matière contenue dans son intérieur ; il se gonfle lentement , sa membrane interne, plus extensible que l'externe, tend à se rompre ou à s'allonger, et comme l’action est fort lente, elle s allonge en effet et fait saillie par les points les moins résistants du tégument externe, points que nous avons signalés dans la description du pollen comme autant de plis ou de pores disposés à 1 avance. La saillie observée sous le microscope se montre d’abord comme une petite ampoule, puis à mesure que l’action se continue, comme un tube fermé à son extrémité libre. Ce tube s'engage dans les interstices du tissu cellulaire qui constitue la surface du stigmate, en traverse peu à peu l’épaisseur, et se trouve au milieu du tissu conducteur qui continue à lui fournir l'humidité nécessaire à l’action de l'endosmose. Le tube continue donc à s’allonger au milieu du style en vertu de l'extensibilité dont est douée sa paroi ; peut être, suivant quelques auteurs, par un mode d'accroissement comparable à celui des fibres radiculaires. Il chemine ainsi jusqu'à la cavité do l'ovaire. Or, sur les parois de celle-ci, le tissu conducteur se continue jusqu'au voisinage des ovules, qui, à cette époque, sont comme autant de petits sacs ouverts à l'une de leurs extrémités correspondante à ce tissu, celle que nous verrons désignée sous le nom de micropyle. Le tube pollinique vient donc enfin toucher ce micropyle, dans lequel il s’engage, et un rapport immédiat est ainsi établi entre le pollen et l’ovule, entre la production essentielle de L étamine et celle du pistil.

La formation du tube pollinique no s’aperçoit qu'à l’aide du microscope; sa progression fort lente est d'une observation beaucoup plus difficile encore, et l'on doit peu s'étonner qu elle ait échappé a 1 examen des botanistes, tant qu’ils n’avaient pas à leur disposition des instruments aussi parfaits qu’aujourd’hui, et que la connaissance de la structure de l’ovule d’une part, et du pollen de 1 autre, était encore peu avancée. On croyait alors que le pollen se rompait immédiatement sur le stigmate; la marche et l’action ultérieure delà fovilla restaient dans le domaine des conjectures. La solution du problème se trouve donc avancée par ces découvertes toutes modernes; mais elle n’est pas encore complète, et les botanistes, tous à peu près d'accord jusqu’au point où nous sommes arrivés, cessent de l'être plus loin. Les uns admettent que lu tube pollinique s arrête en deçà ou au delà du micropyle; les autres, avec M. Schleiden, qu il pénètre plus avant, franchit le micropyle en poussànt devant lui la pointe du nucclle, et que c’est son extrémité même qui devient l’embryon. Quelle qito soit l’origine de

29 i BOTANIQUE.

celui-ci, nous verrons plus tard (§ 563) ce que le microscope nous révèle sur son développement.

§ 383. Nous pouvons maintenant concevoir nettement la structure et les fonctions du carpelle : 1° Une portion, celle qui correspond à une feuille, est formée par l’ovaire et le style, et constitue le système nutritif : elle se lie, en effet, au végétal, et est continue au reste de la fleur et de la plante par ses vaisseaux, qui portent sur tous ses points jusqu’à son extrémité, et de dedans en dehors, les sucs nécessaires à leur entretien et à leur accroissement. 2° Une autre partie est formée par le stigmate et le tissu conducteur, et constitue le système fécondant. Elle conduit jusque dans la profondeur de l’ovaire un corps venant du dehors. Nous n’avons plus besoin maintenant d’expliquer pourquoi on a proposé et adopté ce nom de tissu conducteur.

§ 386. Après avoir exposé l’organisation et les fonctions du carpelle, considéré en général, examinons le pistil, composé de plusieurs carpelles réunis dans une même fleur.

Ils naissent Lantôt à la même hauteur sur un même plan, disposés alors en verticille (pg. 338, 355) ; tantôt à des hauteurs inégales, disposés alors en spirale. C’est que, dans ce dernier cas, le cône ou réceptacle, qui en est tout chargé, s’est allongé en axe cylindrique

(comme dans le Magnolia ou le Tulipier [pg. 180]), ou conique (comme dans le Framboisier), ou renflé (comme dans le Fraisier) ; ou bien que sa surface dilatée , au lieu de rester plane, s’est évasée en coupe ou recourbée en urne (comme dans le Rosier [fig. 3 33 | ) Quelquefois, quoique la partie de l’axe qui porte les carpelles prenne un assez grand développement en longueur, ils n’occupent que son sommet, rapprochés ainsi et verticillés sur une étroite surface. C’est un do ces cas que nous avons cités (§ 300) où l'on observe, entre différents vcrlicillos de la lleur, des entre-nœuds plus ou moins allongés. Celui qui so montre ainsi au-dessous du pistil (pg. 338, 339 f/l a reçu des noms différents, suivant ses différent es appaionces, ?es différents degrés do longueur ou d’épaisseur, qui varient beau-

33.3. Fleur de Rosier, coupée verticalement de manière « montrer la position dos carpelles au fond du calice sur la surface concave du lorus r. rl Tube du ca icc. rr Lu limbe partagé en folioles. - c Etamine». - » Ovaires surmontés chacun de son style* qui fait saillie hors du tube ralirinal et se termine par un stigmate evase *.

Page 1