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PISTIL. STYLES

coup suivant les plantes. On s'accorde assez généralement maintenant à lui donner celui de gynophore ( gynophorum ). Linné donnait alors au pistil l’épithète de stipitë , appelant stipe ou support tout prolongement semblable sur lequel un organe se trouve ainsi exhaussé; et, si ce terme, pris en général, peut, par sa généralité même, donner lieu à quelque incertitude, il n’a aucun inconvénient dans les descriptions, où l'on sait toujours à quel organe il est appliqué.

§ 387. Nous ne devons pas passer sous silence une modification remarquable, où le torus porte non seulement l’ovaire, mais aussi le style, qui en semble indépendant. Pour bien la comprendre, il faut revenir un moment sur le style et l’ovaire, et chercher les positions diverses qu’ils peuvent avoir l'un relativement àl’autre. Nous avons supposé jusqu’ici, ce qui est en effet le cas le plus fréquent, le style apicilaire , c’est-à-dire continuant l’ovaire à son sommet fig. 324). La feuille qui constitue le carpelle a conservé alors dans toute sa longueur une môme direction ascendante; mais on peut aussi supposer son limbe réfléchi d’une manière analogueà celle que nous montre la vernation réclinée de certaines fouilles (§ 1*4-, / ig . 147, 1); alors l’extrémité qui correspond à l’origine du style se trouvera reportée plus ou moins bas sur le côté, le style sera latéral (fig. 339).

Elle se trouvera en bas à peu près ( fig . 334) ou tout à fait (fig. 335), et le 334. 335.

style sera basilaire si l’inflexion est

telle qu’une moitié supérieure du limbe se trouve ainsi repliée sur une inférieure. L’ovaire nous offre des exemples do tous ces degrés d’inflexion , tous les intermédiaires entre la position apicilaire et la position basilaire du style. Cette dernière s’observe dans lo pistil du Fraisier ( fig. 334) et de plusieurs autres Rosacées (fig. 335) , famille qui nous fournirait aussi do bons exemples pour sa position latérale.

§ 388. Il est clair que le style basilaire se rapproche du torus à son point de départ ; il le touche si l’ovaire est sessile, et, si l’ovair s'enfonce un peu par sa base dans le torus, il y entraîne avec lu l'origine du style, qui dès lors semble partir plutôt du torus que de la surface ovarienne. Telle est la modification remarquable que nous voulions faire connaître, et à laquelle on a donné lo nom de gynobusc (gynobusium) : l’ovaire est dit alors gynobasique. En général,

Un carpelle du Fraisier. — o Ovaire. — / Stylo . — s Stigmate.

du Chrygnbalanvs iraco. Même signification pour lus lettres.

les styles de plusieurs ovaires gynobasiques, verlicillés, se soudent

ensemble et semblent en former un seul , une sorte de colonne centrale autour de laquelle les ovaires , sans autre style apparent, sont disposés en cercle. C’est ce qu’on observe dans les- Ochnacées , dans toutesles Labiées (fig. 336 ) ,.

dans la plupart des Borraginées (fig. 337).

§ 389. Nous avons jusqu’ici considéré les carpelles comme libres, c’est-à-dire indépendants les uns des autres. Nous savons cependant qu'il n’en estpastoujoursainsi, et que , plus fréquemment qu’aucune autre des parties florales, ils se soudent entre eux ( § 294 ) , soit en partie, soit en totalité. Cette soudure peut avoir lieu de haut en bas. Ainsi, on voit quelquefois plusieurs carpelles réunis par leursstigmates seulement (par exemple, dans les Apocvnées et les Asclépiadées [jig. 659]), ou par le haut de leurs styles (dans le Zanthoxylon \fig. 338 ]), ou par leur totalité (dans la l'raxirielle [fig. 339 s]).

Nous venons, en parlant du gy nobase, de signaler plusieurs styles-

33G. Pislil d'une Labiée (Lamium album), dont on a enlevé une partie de la fleur par une section verticale. On a enlevé aussi deux des quatre ovaires pour montrer l'insertion du style s sur le torus r. — o Les deux ovaires restants. — d Disque glanduleux placé au-dessous du pistil. — c Portion du calice. — p La corolle.

337. Pistil d’une Dorraginéc (Erythncium jacquemontninum), dont on a enlevé l’ovaire placé devant le spectateur, pour faire voir comment les ovaires oo s’insèrent obliquement sur un torus pyramidal d’où part le style s , évasé à son sommet en stigmate.

338. Pistil du Zanthoxylon fraxlneum, consistant en cinq carpelles distincts exhaussés sur un gynopbore y. — Les ovaires o portent chacun un style terminal j'enllé à son extrémité en un stigmate s, et les cinq stigmates restent longtemps soudés entre -eux par les côtés.

33SI. Une portion du pistil de la Fraxinello (Dictamnus frnxinella), ou, des cinq carpelles, on en a enlevé deux pour laisser voir comment les styles s, nés sur le côté inl orne de ces carpelle :e d’abord distincts, ne tardent pas à se rapprocher et se souder*

PISTIL. OVAIRE. 29ï

intimement unis, quoique correspondant à des ovaires distincts.

§ 390. Mais, bien plus ordinairement, la soudure marche de bas en haut, les ovaires se réunissant plutôt que les styles, les styles plutôt que les stigmates. Les ovaires ainsi cohérents peuvent l'être par leur partie inférieure seulement et rester distincts h leur sommet (comme dans la Rue, par exemple); c’est ce qu’indique la description ( ovaria plura basi tantum coaiita ), ou bien elle se sert du terme d’ovaire à plusieurs lobes. Lorsque plusieurs ovaires sont confondus en un corps unique , c’est ce corps qui prend le nom d’ovaire.

Autrefois on le considérait comme un organe unique, diversement partagé à l’intérieur, et alors on opposait l'ovaire simple ou unique (celui qui résultait ou de l’existence d’un carpelle unique ou d'è la soudure de plusieurs) à l'ovaire multiple, c’est-à-dire au cas de plusieurs carpelles libres dans une même fleur. Aujourd’hui on continue généralement à se servir des mêmes termes , quoiqu’on y attache une valeur différente et que l'ovaire simple doive être, en réalité, seulement celui qui appartient à un carpelle libre ; l’ovaire composé, celui qui est formé par la réunion de plusieurs carpelles en un seul corps. C’est ce qu'il ne faut pas perdre de vue dans l’usage des livres de botanique écrits à des époques différentes.

Chacun de ces carpelles isolés présentait une face extérieure ou dorsale , et deux faces latérales convergeant l une vers l’autre et. unies à angles du côté qui regarde le centre de la fleur. C’est par ces angles et par ces faces latérales que les carpelles se sont soudés ensemble pour former un ovaire plus ou moins simple en apparence. Il en résulte que, si Ion coupe celui-ci en travers, on le trouvera partagé en cinq cavités séparées par les faces latérales, qui, soudées fieux à deux, forment ainsi autant de cloisons intérieures , dont le plan est nécessairement parallèle a l’axe de la fleur; et qui alternent avec les styles, puisqu’elles répondent aux côtés de la fouille carpcllaire, tandis que le style répond à son milieu. Chacune de ces cavités est la logo du carpelle correspondant et porte le même nom de loge [local us) : de là 1 épithète de niait ilôculairc ( mullilocukti'is ) qu on donne a un pareil ovaire; do bi, tri, quadri, quinquéloculaire, suivant que le nombre des loges est de 2, 3, 4, 6, etc. Le nombre des cloisons d i ssepim an t n ; est égal a celui des loges, et elles sont formées de deux lames plus ou moins intimement accolées. Le nombre des styles, lorsqu’ils restent distincts, est aussi le môme, et

Ions les cinq on un soûl. — o Ovniros dont los doux do devant montrent leur faoo dorsal,■ ,1 ot I uno do leurs facos latérales /. — A la base du (rynoplmre y, on voit los cirairuos r marquant I insertion du calice dos pétales ol dos clamions.

peut à l’extérieur indiquer celui des loges qu’on trouvera à l’intérieur.

§ 391 . Il n’y a donc aucune difficulté pour déterminer le nombre -des carpelles qui concourent à la formation d'un ovaire , soit au moyen des styles, tant qu’ils restent simples et séparés; soit au moyen des cloisons, lorsqu’elles conservent leur intégrité. Mais l'un de ces moyens peut venir à manquer. Ainsi, par exemple, dans la plupart des Caryophyllées , où les cloisons disparaissent de très bonne heure, on est néanmoins averti, par la présence de plusieurs styles, que l’ovaire est réellement composé de plusieurs feuilles carpellaires, par exemple, de deux dans l’Œillet [/ig. 574), de trois dans I Alsine ( Mouron des oiseaux), de cinq dans la Nielle ou le Cerastium [ fig » 346 s). Dans beaucoup de cas, au contraire, ce sont les styles qui cessent d’indiquer le nombre des loges, parce qu’ils se soudent en un seul , ou qu’en se ramifiant ils semblent en représenter un plus grand nombre; alors on est obligé de couper l’ovaire, et le nombre des cloisons ou des loges constate celui des carpelles.

§ 392. Mais il peut arriver que ces deux indications fassent défaut à la fois, que dans le même pistil les cloisons manquent et plusieurs styles se confondent on un seul. Alors, en général, on pourra encore déterminer le nombre des feuilles earpellaires dont l'ovaire est composé par celui des lignes placentaires. On nomme ainsi la ligne que dessine ordinairement sur la paroi interne de la loge l’attache des ovules. On conçoit en effet que ceux-ci ne peuvent puiser leur nourriture que dans des sucs qui leur arrivent tout élaborés du reste de la plante, et principalement des parties situées au-dessous d eux. Des faisceaux fibro-vasculaires , qui ont traversé ces parties, viennent donc se distribuer dans les carpelles, et envoient un rameau particulier à chacun des ovules, qui se trouve ainsi lié au système général. A ces faisceaux venant do bas en haut, s’associe une traînée de tissu conducteur venant de haut en bas. Cette union des deux tissus détermine, sur un point quelconque des parois de la loge, une saillie plus ou moins marquée, à laquelle se rattachent les ovules qu’elles renferment et qu’on a nommée placen ta. Quelques auteurs, réservant co nom à la saillie- qui correspond a 1 attache d un seul ovule, donnent celui de placentaire ( placentarium ) au corps forme par la réunion de plusieurs placentas portant plusieurs ovules. Do ce mot vient aussi celui de placentation, par lequel ou désigne la distribution dos ovules, et, par conséquent, des placentas, dans un ovaire simple ou composé.

$ 393. Dans le plus grand nombre de cas, la ligno des placentas suit les bords de la feuille carpollaire, et par conséquent lorsque cette fouille est complètement repliée de manière que ses bords se tou- ^

PISTIL. PLACENTATION. 299

client et s’unissent en fermant ainsi le carpelle ou la loge, et formant par cette union un angle qui correspond à 1 axe de la lleui , c est cet angle cpi occuperont les placentas on dit alors placentation axiU . Si 1 ovaire est multiloculaire, cet angle se trouvera, pour chaque loae, à la réunion interne de deux cloisons voisines (fig. 340, 343), qui peuvent même, une lois parvenues à laxe, se repliei plus ou moins de dedans en dehors dans l’intérieur de la loge {[ug. 341).

§ 394. Mais supposons que les bords des feuilles carpellairos repliés ne s’avancent pas jusqu’à l’axe et ne forment ainsi, dans l’intérieur de l’ovaire, que des cloisons incomplètes [fi g. 342, 344), ou même qu’ils ne se replient pas du tout, se soudent non plus par une

310, 344 et 312. Tranches horizontales d'ovaires, composées de deux feuilles cnrpel* laires dont les bords repliés se rem ontrent h l’axe rt, dans 340 ; se réfléchissent dans le dedans de la loge après s'être rencontrés à l'axe, dans 341 ; île parviennent pas jusqu'il l'axe, dans 342. — o Ovules. — p IMaCenlas. — ÿd SUIUrc» dorsales.

3 43. Tranche horizontale de l’ovaire d'un Fuchsia (F. coccinca). — crcc Paroi de l'ovaire ou réunion île quatre feuilles carpelhlires qili le constituent. — a Axe quadrangulaire soudé avec les cloisons, les liant erllre elles. — ■ 0 Ovules attachés au boni interne des cloisons.

344. Tranche horizontale de l’ovaire de la Petite Centaurée {EriltUl'tVâ centaurluM). — c Paroi de l'ovaire on feuille carpellaire. — p Son boni qui forme le pldecnla cl porto les ovules o. — t Cavité nu loge.

343. 1. Pistil de la Pensée ( Viola Mentor), retapé verticalement pour montrer rattache des ovules o aux parois. — On en aperçoit deux rangées, l'tlne de face, l'autre dé profil, et l'on voit qu'a celle-ci correspond une ligne, de la paroi épaissir ou placenta p. c Calice. — d Ovaire. — n Stigmate terminant un slyle court.

2. Tranche horizontale du même. - p Placenta. — o Ovules. — s Suture.

face latérale, mais seulement par leurs bords (/hj. 345, 2), et qu'ainsi il n y ait pas de cloison : les lignes placentaires qui suivent ces bords se trouveront par là reportées à une distance plus ou moins grande de l'axe, et se montreront le long des cloisons incomplètes dans le premier cas (fig. 344), sur les parois mêmes de la loge dans le second (fig. 345, 2) : c’est ce qu’on a appelé la placentation pariétale.

Dans ce cas, chaque ligne placentaire correspond aux bords de deux carpelles différents, tandis que, dans le cas précédent, elle correspondait aux deux bords d’un même carpelle. Les placentas axiles sont donc alternes par rapport aux placentas pariétaux; et cette vérité théorique se trouve souvent vérifiée en fait. Dans des ovaires à placentation axile (ceux de plusieurs Méliacées, par exemple) quelquefois les cloisons se rétractent à une certaine distance de l’axe, et chaque série d’ovules qui, dans les ovaires bien constitués, occupait l’angle interne de la loge et alternait avec les cloisons, se sépare en deux séries longitudinales dont chacune s’accole à une série semblable de la loge voisine pour former avec elle une ligne placentaire sur le bord libre de la cloison devenue incomplète. Dans tous les cas, il est clair que toute ligne placentaire est essentiellement une association binaire.

§ 395. Supposons, en troisième lieu, qu’avec les placentas axiles, comme dans le premier cas, la partie des cloisons située entre eux

et les parois do l’ovaire [fig. 575) s’arrête de très bonne heure dans leur développement, ne suive pas celui de ces autres parties et ne tarde pas à se rompre et à disparaître ; les placentaires avec leurs ovules formeront alors une masse sans connexion latérale apparente avec les parois (fui- 34G, 347, 574, 57G); les diverses logos, qui ne sont plus séparées par des cloisons, se confondront en une cavité lyiique au milieu de laquelle s’élèvera le corps placentaire (p) chargé de ses ovules (o) : c’est ce qu’on appelle placentation centrale. Nous avons donc trois modes principaux de placentation : 1 axile,

Uitî. Pistil du Cerastium hirsulum coupé vcrliciilctnotil. — o Ovaire. }> Placculairc. — (/ Ovules. — s Styles.

;in. Le même, coupé horizontalement, dont on a éloigne les deux moitiés ainsi séparées, de manière à faire voir l'intérieur de la loge avec sou placentaire central p tout chargé d’ovules (/.

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la centrale et la pariétale ; les deux dernières différant de la première, l'une par la destruction des cloisons, l'autre par leur formation incomplète.

§ 396. Cependant les deux derniers modes ne reconnaissent pas invariablement l'origine que nous leur avons assignée, et d’après laquelle les placentas suivraient toujours les deux bords de la feuille carpellaire. Dans quelques exemples, rares il est vrai, c’est à sa nervure moyenne, et non à ses bords, qu’ils paraissent correspondre, et dans quelques autres, comme le Bulomus [fuj. 348 et 349), on les voit s'éparpiller sur toute la surface de la loge. Voilà deux modifications de la placentation pariétale auxquelles ne peuvent s'appliquer les règles précédemment énoncées.

On peut concevoir aussi pour la placentation centrale une autre origine que la première dont nous avons parlé (§395). Admettons, en effet, que le placentaire se développe tout à fait indépendant de la feuille carpellaire à laquelle jusqu'ici nous l’avons trouvé toujours associé, que plusieurs de ces feuilles verticillées autour du corps placentaire qui continue et termine l'axe de la fleur se courbent autour de lui en se soudant entre elles et l’enveloppent sans le toucher. Nous avons une placentation centrale plus essentielle que celle qui a été précédemment expliquée: car elle aura été telle dès le principe, tandis que l'autre l’est devenue par le développement inégal des parties, d’où est résultée la disparition des cloisons, dont souvent môme encore on trouve plus tard des vestiges à la partie inférieure do l'ovaire (dans beaucoup de Caryophyllécs , par exemple) ; car elle peut exister môme dans un carpelle simple, tandis que l’autre exige pour sa formation la réunion de plusieurs carpelles. Ce mode de placentation centrale essentielle paraît être celui des Primulacécs [fig. 628, 629), Santalacées, Olacinées, etc.

§ 397. Nous avons dit que la réunion de plusieurs carpelles en un seul ovaire ne s'observe qu’entre ceux qui se trouvent verticillés sur un mémo plan, et qu’en conséquence l’axe de l’ovaire et sos cloisons sont parallèles. On peut cependant concevoir aussi la réunion de plusieurs carpelles situés à dos hauteurs différentes, mais rappro-

318-310. Un Hrs carpelle» du Jonc fleuri (Uulomua umbcllnlvs) coupé dans deux sen». — { Loge. — o Ovules. — a Stigmates.

3 18. Sa coupe transversale.

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