‹ BotaniqueChapitre 92 sur 206 · PISTIL. STIGMATE · texte numérisé non relu

PISTIL. STIGMATE

dés en un seul, ainsi que leurs styles. Dans ce cas, il peut arriver ([ne les stigmates seuls ne participent pas à cette soudure et forment à l'extrémité du style simple un corps composé d’autant, de lobes qu'il y a de loges à l'ovaire. Ainsi le stigmate trilobé ou quinquétide des Campanules (fig. 358, 673 s) correspond à trois ou cinq loges; le stigmate bilobé des Scrofularinées , des Acanthacées, des Bignoniacées (fig. 361),àdeux loges, etc., etc. Ces lobes affectent diverses formes ; ils conservent ce nom lorsqu’ils sont épais et obtus ; ils prennent celui de lanières (s. bifide , comme dans les Labiées [fig. 636 s], les Composées [fig. 268 s et 356] ; trifide , comme dans le Polemonium ; multifidc , [fig . 602 s], etc.), lorsqu’ils sont plus allongés et aigus; de lamelles (s. bilamellé , comme dans le Mimulus , les Bignonia lactiflora, pandorea, etc. [fg. 361]), lorsqu'ils sont aplatis en palettes.

D’autres fois, les stigmates se soudent eux-mêmes en un seul corps ou parfaitement uni à sa surface, ou souvent marqué d’autanl de sillons superficiels et rayonnants qu’il entre de stigmates partiels dans sa composition. On le dit en tête (s. capitatum) lorsqu'il est obtus et plus large que le style qu’il surmonte ; il peut être globuleux ;par exemple, dans la Belle-de-nuit [fig. 360, 3 30 .s]), hémisphérique, ovoïde (fig. 351 s), polyédrique, en massue, etc.: souvent plane à son sommet (comme dans l’Épinevinette) ou même élargi en un disque qui repose par son centre sur le sommet du style (.s. pellatum, comme dans le Sa/rraœnia, l’Arbousier, etc.

[fig. 359 s|). Le stigmate pelté et sessile des Pavots (fig. 362 s) se compose de deux parties : l’une formée do rayons d’un tissu papilleux, qui sont véritablement la portion stigmatique; l’autre, d’une sorte de bouclier crénelé dans son contour et lisse à sa surface supérieure, sur laquelle sont portés ces rayons, et qui semble par conséquent représenter une réunion de styles élargis stigmatifères tout le long de l’une do leurs faces.

Les stigmates terminant les styles vraiment simples, ceux qui répondent à un seul carpelle ou à une seule loge, doivent, s’ils sonl simples eux-mêmes, s’opposer aux logos avec les cloisons ; s ils se bilobent, leurs lobes s’opposent au contraire à celles-ci.

§ 402 Appendice. — Dans tout ce qui précède, nous avons suivi la théorie généralement admise, qui considère l’ovaire connue formé par unoou plusieurs feuilles carpollaires, tantôt indépendantes des folioles calicinales, tantôt soudées avec elles, et par conséquonl

ar,2. l’islil du Pnvnl (Papnvcr snmniferum). — n Ovnirn. s llniHier rlinrsé de slifrinnlp* rîiyonnnntf*.

formé dans tous les cas par des organes foliaires. L’axe s'arrête-t-il, en effet, constamment à la naissance de 1 ovaire, et n "intervient— il jamais dans sa composition? C’est ce dont il est permis de douter. Déjà nous l'avons vu constituer par son prolongement les placentaires centraux essentiels (§ 396) et porter ainsi immédiatement les ovules; mais il serait, possible que ce ne fût pas seulement dans sa direction primitive et ascendante que ce développement eût lieu ; qu’il pût aussi se dilater sur les côlés en plateau, et même s’évaser en une cupule qu'on aurait prise pour la base du calice ou de l'ovaire.

Nous avons signalé de pareilles modifications de l’axe dans les inflorescences; nous l’avons vu porter les fleurs sur son sommet élargi en plateau (§ 265, fig. \ 91 , 2) ou recourbé en coupe (/if/. \ 93 , ou même se prolonger en les enveloppant complètement (§ 266, fie/. 192). En comparant les fleurs aux inflorescences, nous pourrions y reconnaître tous les degrés analogues, voir les carpelles portés sur l’axe allongé en cylindre, et comme dans les Magnoliacées (fig. 180) et les Renoncules (/ig. 386), en cône comme dans les Ronces (fig. 61 8) ou certaines Borraginées (fg. 337), épaissi en globe comme dans les Fraisiers, élargi en disque comme dans les Potentilles, ou même évasé en coupe comme dans d’autres Rosacées. Nous serions tenté de le retrouver enveloppant complètement les carpelles dans la Rose (fig. 333) comme il enveloppe les fleurs dans la Figue, et enfin, par la soudure de ces diverses parties en un corps unique, nous arriverons à la Poire qui offrirait un ovaire adhérent, non plus au calice, mais à l'axe prolongé tout à l'entour.

Maintenant supposons que les feuilles carpellairesd’un ovaire multiloculaire naissent, ainsi que les folioles calicinales. non pas tout à fait à la base de la dilatation de l'axe ainsi évasé, mais plus ou moins haut sur sa surface interne, la totalité ou une partie des parois des loges se trouvera appartenir à cet axe ; les feuilles carpellaires ne fournissent plus que la portion supérieure de cette paroi (fig. 332 , ou même que les styles (fig. 626).

C’est ce qu’admet M. Schleiden, qui fait ainsi, dans la composition de la fleur, jouer à l'axe une portion du rôle qu’on réservait exclusivement aux fouilles, et qui a cherché à déterminer dans un grand nombre de cas ce qui appartient soit à l’un, soit aux autres. Pour cette détermination, il s’appuie sur leur mode inverse do développement, et, remarquant que la tige ou axo croît de bas en haut, la feuille de haut en bas, toutes les fois que ses études organogéniques lui montrent un développement dans le premier sens, il pense que c'est une dépendance de l'axe; dans lo second sens que cest un organe foliaire. Dans tous les cas, les ovules qu'il considère comme des bourgeons modifiés, parlent toujours de l’axe ou do ses ramifi-

cations constituant los placentairos, soudés ou non avec les feuilles carpellaires.

On conçoit quelles importantes modifications cette manière de voir, une fois admise, introduirait dans celle d'interpréter et d'évaluer les différents organes des différentes fleurs; en un mot, dans la morphologie. Dans beaucoup de cas, le fruit serait quelque choso de distinct de la fleur, comme le voulaient les plus anciens botanistes; le calice redeviendrait, conformément à leurs idées, réellement infère ou supère ; l’insertion des étamines se ferait sur l'axe dans beaucoup de fleurs, où on la croyait calicinale , épigyne même, etc., etc. Avec la théorie, la terminologie et la classification devraient être changées dans un certain nombre de points. Avant d’opérer une pareille révolution, il faut constater la vérité par de nombreuses et minutieuses études, et faire, l'histoire complète du développement des organes dans toute la série des familles végétales. Jusqu’à l’accomplissement de cette grande œuvre, il nous paraît plus sage de conserver la théorie et la langue encore généralement admises, et c’est ce que nous avons fait. Mais nous avons dû signaler en peu de lignes ce point do yue qui ouvre un nouveau champ aux recherches, et peut, dans un avenir plus ou moins prochain, faire subir à la science des changements auxquels il est bon que les esprits soient préparés à l’avance.

§ 403. On trouve dans beaucoup de fleurs des parties qui n’offrent pas la structure et la forme de celles à l’examen desquelles nous nous sommes arrêtés, les folioles calicinales, los pétales, les étamines, les carpelles : on les a nommées parties accessoires. Nous nous en sommes occupés déjà (§ 313), et nous avons reconnu que c'étaient le plus souvent quelques unes de cos autres parties essentielles déguisées par des dégénérescences et des transformations, mais que sous ce déguisement il était encore possible de les déterminer d’après la situation quelles occupent dans la fleur et leur rapport de position avec les verticilles voisins : si elles alternent avec les parties de ces verticilles, ce sont des organes transformés ; si elles leur sont opposées, ce sont de simples dédoublements (§ 30">). Les étamines surtout sont sujettes à ces transformations, et multiplient le nombre de ces parties accessoires.

Celles-ci se présentent sous des formes très variées, sous celle de filets, de lanières, de lames vertes ou colorées, épaisses ou membraneuses, d'éc.ailles. Aussi les décrit-on souvent sous ces différents noms, qui expriment leur apparence. Mais, très fréquemment, c’esl

la forme de glandes qu’elles prennent, et alors elles en exercent plus ou moins manifestement les fonctions, devenant le siège d’une sécrétion dont le produit mielleux a reçu le nom de nectar. De là celui de nectaire ( nectar ium ) par lequel beaucoup d’auteurs les désignent. Et, comme leur analogie avec les parties accessoires d une structure différente est incontestable, on a souvent avec Linné étendu ce nom de nectaire à toutes celles-ci, lors même quelles ne sont nullement des organes nectarifères.

Mais, d'une autre part, ces mêmes sécrétions se remarquent souvent sur quelque point des organes de la fleur, du reste parfaitement conformés, sur de vrais pétales ou de vraies étamines ; et Linné appelle aussi nectaires les sièges de ces sécrétions, de telle sorte qu’en adoptant sa terminologie on se trouve conduit à appliquer la même dénomination à des parties qui n’ont aucun rapport entre elles : par exemple à quelque portion glanduleuse d’un pétale, parce qu’elle sécrète; et à l’ensemble de quelque filet ou quelque écaille, quoiqu’ils ne sécrètent pas.

Il semble donc préférable de s’en tenir à l’étymologie, et de réserver le nom de nectaires aux points de la fleur où se montre cette formation du nectar, quelles que soient leur position et leur origine. C'est dans ce sens plus restreint qu’ils sont définis par la plupart des auteurs, et par Linné lui-même, qui a dit : Nectarmm, pars met li fera, flori propria.

La formation de cette exsudation sucrée est un fait extrêmement fréquent dans les fleurs oii les abeilles viennent le recueillir pour en composer leur miel. L’afflux du sucre paraît en effet nécessaire au développement des parties florales, et, s’il se forme dans beaucoup d’autres parties du végétal, c’est vers les fleurs surtout qu'il semble tendre. Ainsi, par exemple, on a remarqué récemment que la séve du Maïs est chargée d’une grande proportion de sucre, mais seulement avant la floraison ; plus tard il est passé presque tout entier dans les fleurs et a disparu du reste de la plante.

§ 404. Nous savons que ces feuilles modifiées qui forment les diverses parties de la fleur présentent dans leur structure des différences assez tranchées avec celle des feuilles véritables. Ces différences se montrent non seulement dans leur propre tissu, mais dans la surface même où elles prennent leur origine, et qui forme tout le fond de la fleur ou torus (§ 298) ; surface qui, au lieu de ressembler à une écorce, so revêt souvent d'une couche glanduleuse plus ou moins épaisse, surtout par places. Or. c’est à la base même des organes qu’on voit fréquemment ces épaississements, et, I organe venant à avorter, l’épaississement peut n'en pas moins persister ou même se développer d’autant plus: de la sans doute la forme de

glandes à laquelle se trouvent si fréquemment réduites les parties avortées. Cette couche glanduleuse de torus qui s'amplifie non seulement par ces saillies dont nous venons de parler, mais aussi en s’étendant dans beaucoup de fleurs sur la surface de certaines parties florales qu elle double inférieurement en les revêtant, constitue sans doute un appareil propre à modifier les sucs qui passent de la plante dans la fieur, et contribue à la formation du nectar, en général d’autant plus abondante qu'il est lui-même plus développé.

§ 405. Les appareils glanduleux, au reste, sont loin de dépendre tous du torus ; on en observe sur d'autres points des parties florales plus ou moins éloignées de leur base : sur la surface interne du périanthe ou du calice; sur celle des pétales, quelquefois à leur extrémité, et souvent à celle des étamines (comme dans beaucoup de Rutacées). Nous n'ajouterons pas plus de détails sur les formes variées de ces nectaires, qui rentrent dans celles des glandes que nous avons décrites autre part (§ -178). Nous nous contenterons de citer , comme exemple pour l’étude, les nectaires pédicellés à la base des étamines dans les Lauriers (/if/. 289 (jij ) ou ceux du Parnassia ( fuj . 363 n), qui semblent remplacer les anthères suides filets si régulièrement et si élégamment dédoublés ; les glandes saillantes et sessilcs , d’où partent les étamines des Crucifères ( fuj 298 /), ou celles qui se montrent autour et au-dessous du pistil , dans la plupart des Labiées; ceux qui couronnent l’ovaire dans les Ombellifères ; ceux qui forment vers le bas de la surface interne des folioles du périanthe de 1 Impériale (/if/. 364 a) de larges enfoncements d’une couleur différente, etc., etc.

C’est dans les cavités des organes appondiculés, surtout dans les éperons, qu’on trouve souvent le nectaire, et cctto cavité devient comme un réservoir où s’accumule son produit (Mclimitliits, Capucine , Pélargonium).

Au reste, il n’est pas rare de rencontrer une exsudation sucrée sans apparence de surface glanduleuse, suintant, par exemple, de

3?3- ,:n ncclairo » t,u Parnama palustris avec le pélnlo », devant formel il ost place clans la fleur.

:siH. Division * du périanthe de lTmpdrinlo ( Pritillana impérial u), creusé i. m Imsc é un nectaire « sous forme d’une cavité superficielle mûrement colorée rpie le rosie.

celle même du pétale, qui du reste ne parait pas particulièrement modifiée. On s’en convaincra en touchant au moment de la floraison un grand nombre de fleurs dont la plupart révéleront au tact la présence du suc incolore qui échappe à la vue.

§ 406. Remarquons que cette exsudation suit les phases de la floraison, commence, croît, diminue et finit avec elle : qu’il est très rare de la voir précéder la déhiscence de l'anthère et l’épanouissement de la fleur ; que c’est pendant l'émission du pollen qu’elle est à son maximum ; quelle cesse lorsque l’étamine se flétrit et que le fruit se noue. Les nectaires se montrent surtout autour des organes essentiels de la reproduction (des étamines et du pistil), et il n’y a guère à douter que leur résultat ne se lie à celui de cette fonction. Est-ce particulièrement aux fonctions de l’étamine ou à celles du pistil ? Ce n’est certainement pas aux unes à l'exclusion des autres, puisque dans certaines plantes diclines les fleurs mâles montrent des nectaires aussi bien que les fleurs femelles. D’un autre côté, l’action des nectaires et celle des organes de la fleur, si elles ont l’une sur l’autre une influence évidente, ne paraissent pas néanmoins nécessairement liées ensemble. On peut enlever les pétales, les étamines, les pistils ; et les nectaires continueront à sécréter tant qu’on ne les blesse pas eux-mêmes : on peut enlever les nectaires ou au moins leur produit, sans nuire à la fécondation et retarder la maturation du fruit.

En réfléchissant dans quelle proportion le nectar s’extravase et coule au dehors et est emporté par les insectes pendant la floraison, qu’ensuite cet écoulement s’arrête quand le fruit noué réclame une grande quantité de suc, on est tenté de considérer les nectaires autant comme organes excréteurs que sécréteurs, qui provoquent l’afflux des sucs par la dépense qu’ils en font, en lâchant au dehors un excès inutile pour la fleur ; et lorsque le fruit en réclame en se développant une proportion bien plus considérable, ces sucs continuent à arriver par les voies ouvertes, et, n’en trouvant plus pour se perdre, profilent, tous â la maturation.

g 407. Quoi qu’il en soit de la fonction des nectaires, ils fournissent do fort bons caractères pour la distinction dos plantes, offrant une grande constance de nombre, de forme, etc., dans une espèce donnée. Il est à remarquer que leur développement, sur un point particulier de la fleur, so lie fréquemment à son irrégularité et somble entraîner celui du côté où le nectaire a son siège.

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