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II. FRUITS SYNCARPÉS

^ i. 26. Dans ces fruits, formés par la réunion de plusieurs carpelles soudés ensemble, on doit noter avec soin la placentation, qui est susceptible des divorses modifications déjà décrites dans l’ovaire ($ 393-94), c’est-à-dire axile, centrale ou pariétale.

Los faces latérales dos loges ou carpelles qui forment les cloisons, en s’avançant de dehors en dedans, peuvent changer de direction et se replier de côté ou do dedans en dehors. Flics forment alors une saillie dans l’intérieur do la loge, et le placenta qui les borde est dit saillant ( prominens ), d’autant plus que, dans ces cas, il so présente le plus souvent oous la forme d’une masse épaisse tenant aux parois de la

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loge par mie lame plus ou moins large. La cloison en se réfléchissant s’est dédoublée ; des deux faces carpellairès, ou lames par l’accolement desquelles elle était formée, chacune s’est réfléchie dans la loge à laquelle elle appartient primitivement; de telle sorte que chaque placenta paraît souvent alors double ou bilamellé ( bilamel lata). Si les cloisons se dévient ainsi avant d’étre arrivées jusqu'à l'axe du fruit [fig . 342), la placentation est nécessairement pariétale; mais fréquemment elles s'avancent jusqu’à l’axe, et de là se réfléchissent en sens contraire, reportant ainsi le placenta qui les borde à une distance plus ou moins grande de l'axe (/?<7- 341); mais, comme en s'en écartant c'est toujours par là qu’il tient au reste du péricarpe, on doit le considérer alors comme axile. Les deux côtés d'un même carpelle, en se repliant ainsi, convergent nécessairement l’un vers l'autre, se rencontrent, et, le plus ordinairement, se soudent. Si les parties réfléchies restent complètement soudées, le placenta paraîtra simple ; si elles ne se soudent que dans une petite étendue et divergent de nouveau, il paraîtra double ou bilamellé.

55 427. L’axe est souvent une ligne purement idéale, suivant laquelle se rencontrent et se touchent les angles internes des carpelles.

Mais d’autres fois il existe bien réellement, continuant et terminant l’axe delà fleur au delà do l’insertion des carpelles, aux an-les desquels il s’interpose en les liant entre eux. Il est formé alors par du tissu cellulaire que parcourent des faisceaux vasculaires, qui se distribuent tant au péricarpe qu’aux placentas. Il s’épuise ainsi en

Fn,1lt. (1'UI,C Mn,,vc (Malva rotundifolla), dont on a enlevé la moitié dus carrelles pour laisser voir l'axo a inlerposd entre oux et qui SB termine à la hauteur où naissent les styles «. ce Le reste «les carpelles qu'on a laissés attachés ù l'axe auteur duquel ils sont vcriicillcs. Les deux de devant rV se montrent par leur face latérale .Ht). Capsule du Ricin (lluivus cnmmwiit), coupée verticalement de manière à montrer I axe a prolongé entre les rai pelles et se terminant dans chacun d'eux vers le sommet par un petit cordon f qui forme le funicule. -W Graines dans leur loge que ta «orium a mise a découvert, surmontées chacune d'une caroncule charnue c - l'cri-

s’élevant, et cesse, en général, au-dessous de l’insertion des styles; mais, dans quelques cas rares, on le voit se prolonger même au delà et s’interposer aux styles comme il s’est, interposé aux carpelles : c’est ce qui a lieu , par exemple , dans les Géranium, dont le fruit ( fuj . 377), à la maturité, montre ses cinq carpelles et leurs styles se détachant de bas en haut d’un long axe pyramidal auquel ils étaient ainsi accolés. Les Malvacées (fhj. 373), les Euphorbiacées (fig. 376, 391), etc., offrent des exemples d’axes très développés, mais terminés vers la naissance des styles.

§ 428. Passons maintenant à l'énumération des diverses sortes de fruits syncarpés les plus communes, en les divisant comme les apocarpés en deux catégories, suivant qu’ils ne s’ouvrent pas ou qu'ils se séparent spontanément en plusieurs pièces à la maturité. Les premiers peuvent

être également charnus ou secs.

a. Indéhiscents.

Ils sont généralement désignés par le nom de baie ( bacca ) : on se contente de ce mot si le péricarpe est charnu; on y ajoute l’épithète de sèche s’il est de consistance foliacée ou ligneuse.

La baie peut provenir d’un ovaire libre (par exemple, dans le Solarium) ou adhérent (par exemple, dans les Groseilliers); à placentation axile, comme dans les premiers; ou pariétale, comme dans les seconds; ou centrale, comme dans les Anima. Plusieurs modifications ont reçu des noms particuliers. Nous avons déjà parlé (§41 2) do la pomme (pomum), fruit du Ponjmier, du Poirier et autres Rosacées, à chair épaisse, revêtu par le calice adhéreiit et couronné par son limbe desséché à l’endroit qu’on appelle œil; de l’hespéridie ( hespericlium ), fruit de l'Oranger, du Citronnier et d'autres arbres de la môme famille, libre, à loges remplies de vésicules succulentes* tapissé par un endocarpe membraneux, le tout entouré d’une écorce ou peau plus ou moins épaisse. On a appelé péponülc [pepo) celui des Melons, Potirons, Courges et autres Cucurbitacées à chair épaisse* laissant au centre une cavité sur les parois de laquelle sont nichées les graines ; nuculaine (nuculanium), le fruit formé par la réunion de plusieurs drupes, présentant, par conséquent, vers le milieu de son

377. Fruit dn Géranium san-guineum. — c Calice persistant — a Axe. — 1 Les stylos qui lui étaient accolés d'abord et qui s'eii sont détachés un emportant avec eux les ovaires o. — s Stigmates.

épaisseur, autant de noyaux (pyrenœ), et qui peut provenir d’un ovaire libre, comme dans le Houx; ou adhérent, comme dans la Nèfle [pg. 378). Quelques auteurs nomment cette dernière modification pomme à noyau, et pomme à pépins celle dont nous avons parlé plus haut. On peut, au lieu de nuculaine. dire tout bonnement drupe à plusieurs noyaux, en indiquant le nombre de ceux-ci. On conçoit que les noyaux d’une nuculaine peuvent se souder entre eux, de telle sorte qu’on en trouve au centre un seul, et que le fruit ne diffère pas, en apparence , de la drupe telle que nous l’avons définie. 11 mérite cependant d’en être soigneusement distingué, en tant que provenant d’un ovaire composé, et non d’un carpelle simple ; et c’est ce qu'on indique en décrivant alors une drupe à noyau multiloculaire (par exemple, dans le Cornouiller [fuj. 379]).

§ On doit distinguer deux degrés dans la déhiscence des fruits syncarpés : 1° la séparation des carpelles entre eux ; 2° la di vision de chaque carpelle s’ouvrant en particulier.

Ee premier degré par lequel les carpelles, après êtro restés unis plus ou moins complètement, finissent, en se détachant l'un do 1 autre à la maturité, par devenir indépendants (■ carpella ah invicnu mlnbilia ), établit évidemment le passage entre les fruits apocarpés et les syncarpés, à tel point qu'on a souvent peine à déterminer à laquelle (le ces deux classes ils appartiennent : preuve nouvelle que dans la pratique il ne faut pas attacher beaucoup d’importance à tous

a /K. 1 mit du Néflier ilonl, par une section transversale, on n détaché la chair dans toute sa moitié supérieure, de manière à montrer los noyaux n disposés en cercle vers

le centre. Deux sont entiers ; les trois autres coupés transversalement. e lCnicarne

s Sarcocarpc. ' * 1 '

Il il). I Fruit du Cornouiller commun (Cornus mas ) dont, par une section transversale, on a détaché In chair s dans toute sa moitié supérieure, de manière à montrer le noyau central n 1 Section comprenant le noyau central n lui-mèmo pour faire voir 11 rs| « '"U»»- On a Apuré l'une / vide, l'autre remplie par la graine „

ces noms. Les carpelles ainsi séparés peuvent rester chacun indéhiscent, comme cela a lieu dans les Mauves (fig. 605), la Capucine, les Ombellifères , etc. Dans ces dernières (fig. 380 ), les carpelles,’ au lieu de se détacher complètement, restent supendus à l'axe, qui se décompose en autant de filets qu'il y a de loges, disposition particulière qui avait fait proposer le nom de crémocarpe (de xptpâov, pendre) pour ces sortes de fruits. Dans tous ces cas, lorsque la loge est monosperme, on peut dire qu’elle représente un achaîne, comme

elle représente une samare lorsqu'elle se prolonge en aile ; ses deux loges ainsi ailées se séparent à la maturité dans les Erables (fig. 370), mais restent soudées dans le Frêne (fig. 381 ) et l'Orme, et tous ces fruits ont été confondus sous le nom de samare, qu'il vaudrait peutêtre mieux conserver au carpelle simple qui offre cette sorte de caractère, en décrivant dans ces divers cas le fruit comme composé de plusieurs samares se séparant ou ne se séparant pas définitivement.

§ 430. Les fruits considérés comme véritablement déhiscents et qu’on désigne sous le nom général de capsule (capsula), sont ceux dont les carpelles s’ouvrent eux-mômes. Mais quelquefois les sutures ne cèdent pas, et le péricarpe se rompt en dehors sur un seul point

380. Fruit d'une Ombcllifèrc ( Prangos tlloptera), après la déhiscence qui a écarté les doux carpelles cc et séparé l’axe a en deux filets auxquels ces carpelles restent suspendus. — ss Styles persistants.

381. Fruit d'un Frêne ( Fraxinus oxyphylla). — 1 Entier avec son aile a. — 2 Portion inférieure du même coupé transversalement, pour faire voir qu'elle est occupée pardoux loges, dont l'une l, avortée, est réduite il une très étroit# cavité / ; l’autre est li és dé veloppé# et remplie par une graine g.

constant, soit vers le haut (par exemple, dans le Muflier [fig. 382 t]), soit vers le bas ou dans un point intermédiaire (dans les Campanules [fig. 675, 383 t ]). Cette ouverture, plus ou moins irrégulière dans son contour, a la forme d un trou ou pore pai lequel le péi icarpe est bâillant (Mans). Dans quelques fruits (ceux du Mouron

rouge | fig. 38 4], de la Jusquiame, etc.), auxquels on a donné le nom de pgxides (pixidiurn ou capsula circumscissa ), ou plus vulgairement de boites à suvonette , le péricarpe se coupe transversalement de manière à se partager en deux moitiés : l'inférieure, qui reste avec le placenta, attachée au torus; la supérieure, qui se détache en manière de couvercle mobile ( opercutum ). Cette singulière déhiscence ( circumscissio ) est-elle prédisposée par une sorte d'articulation transversale analogue à celle des fruits lomentacés? Cette ligne transversale correspond-elle à un effort plus grand exercé ou ;'i une résistance moindre opposée à cette hauteur? Ainsi, dans le fruit des Lëcythidées, c’est précisément à colle où le péricarpe cesse d'être doublé par le calice adhérent qu’il se fend circulairement.

§ 431 . D’autres fois c'est sur les sutures que la déhiscence a lieu ;

382. Capsulo du Muflier ( Antirvhinum ma] us), après déhiscence. — ce Calice persistant. — p Péricarpe percé de trois trous lit qui répondent, deux à une loge, et un à la seconde, près du sommet qui est artuniné par le reste du stylo persistant s.

383. Capside d’une Campanule ( Campanula perslrœfoUa), s’ouvrant par des Irons II au-dessus du milieu. — - r Le calice persistant, inférieurement confondu avec le péricarpe p, séparé supérieurement en cinq lanières, au milieu desquelles ou aperçoit la corolle flétrie et plissée faisant partie des iiuluviai C.

384. Pyxidedu Mouron rouge (Anagallin arvensLi). — c Calice persistant. — p Péricarpe qui s'est séparé en deux moitiés, dont la supérieure se détache eu un opercule o. On aperçoit sur l'un et l'autre trois lignes étendues de la hase au sommet du fruit, et marquant les sutures et par conséquent les véritables valves, -p Graines formant une agglomération globuleuse autour d'un placenta central.

Od.

mais elles ne cèdent qu incomplètement , en général à leur partie supérieure, et il s’établit ainsi au sommet du fruit une ouverture bordée par ces sommets de valves qui figurent autant de dents (par exemple, dans les Cerastium [fhj. 385, 576], Alslne et autres Carvophyllées).

§ 432. Nous arrivons au cas le plus ordinaire, celui où les sutures se décollent complètement, do manière que le péricarpe , dans toute ou presque toute son étendue, se sépare du sommet à la base, ou plus rarement de la base au sommet , en plusieurs pièces ou valves. •

11 peut arriver que cette disjonction des sutures soit précédée par celle des carpelles eux-mêmes, c’està-dire des loges qui les représentent , et que ces loges commencent à se séparer l'une de l’autre par le dédoublement des cloisons qui les tenaient réunies ( fig 386- 387). On dit alors que la déhiscence est seplicide (coupe-cloison.

d’après son étymologie) : les cloisons forment les côtés de la valve, puisque celle-ci correspond au carpelle même (va/rœ septis contrariai). D’autres fois les cloisons résistent à la séparation, et la suture dorsale cède, ouvrant ainsi par son milieu la loge qui reste fermée

385. Capsule du Cerastium viscasum «près lu déhiscence. — v Péricarpe séparé supérieurement on dix dents, sommets d'autnnt de valves qui restent inférieurement réunies. — c Calice persistant.

38(1. Capsule de la Digitale (Diflllalis purpurea) au moment de la déhiscence qui dédouble la cloison il entre deux loges ce, qui reprennent ainsi l'apparence de carpelles distincts. On aperçoit au sommet l’intérieur dos loges avec les graines fl.

387. Partie inférieure do la même, coupée transversalement, pour faire voir la composition de la cloison il formée par les doux faces internes accolées des carpelles r.

p placentaires réfléchis et saillants dans l'intérieur des loges.- — fl Graines.

388. Capsules du (tombant ( Hibiscus esculentus), au moment delà déhiscence. — vit Valves. — » r Cloison. — fl Graines.

par les côtés (, fig . 388). C’est la déhiscence loculicide (coupe-loge), par laquelle le péricarpe se trouve divisé en un certain nombre de pièces composées chacune de deux moitiés de carpelles voisins unies,

de sorte que les cloisons sont portées sur le milieu de chacune de ces pièces ou valves (valvœ seplis apposilie), Quelquefois les cloisons cèdent le long de leur bord externe et se séparent ainsi des valves [fig. 389): c’est la déhiscence septifrage (rompt-cloison).

§ 433. Dans ce dernier cas les cloisons restent unies entre elles et avec l'axe, qui, au centre du fruit, persiste plus ou moins développé, chargé d’autant de lames verticales qu’il y a de cloisons , el dans l'angle rentrant que forment leurs intervalles tapissés par les placentaires auxquels les graines sont attachées. Dans les capsules à placentation centrale, le corps chargé de graines qui occupe le milieu de la loge est formé par l’axe, tout à fait comparable à celui que nous venons de décrire, moins les cloisons, soit qu’elles aient disparu par suite d’une rupture prématurée, soit qu’elles n’aient jamais existé.

Lorsque les cloisons ne se séparent pas des valves, dans la déhiscence loculicide et surtout la septicide, elles doivent se séparer de l'axe, et, s’il est bien développé, on le voit persister dans la direction perpendiculaire sous la forme d’une pyramide ou d’un cône, d’un prisme ou d'un cylindre, comparable ainsi aune sorte de petite colonne, et pour cette raison nommé souvent columellc. Tantôt les

389. Capsule du Cedrela angusiifolla dont les valves vvv se sont séparées des cloisons cc de liant en lias, de sorte que l'axe a persiste nu contre, relevé des cinq angles saillants qui répondent aux cloisons cl séparent autant d’angles rentrants qui répondent aux loges et portent les graines (/.

390. Capsule de l’Acajou ( Swielenia Mahogoni), qui s'ouvre en sens inverse de ta précédente, c'est-à-dire de bas en liant. — Même signification pour les lettres.

placentas restent sur cette columelle , qui se trouve ainsi chargée des graines (dans les Euphorbes, par exemple , et autres Euphor-

biacées [fig 391 a]); tantôt ils suivent les bords des carpelles avec les graines, et la columelle ne les porte pas (par exemple, dans beaucoup de Malvacées).

Il est évident que l'axe ne peut se montrer quand la placentation est pariétale , puisqu’alors les éléments vasculaires et cellulaires qui le composent se sont partagés dès le bas de la loge pour former les placentas qui suivent la paroi.

§ 434. Nous avons dit (§ 415) que la déhiscence régulière a lieu généralement par le milieu des sutures formées de deux faisceaux accolés qui se décollent à la maturité. Mais quelquefois l'union de CQS faisceaux est plus forte entre eux qu’avec le reste des parois, sur lesquelles se passe alors ce qu'on voit souvent aux étoffes de nos vêtements, qui se déchirent en long à côté de la couture plutôt que de se découdre. De même le péricarpe peut se rompre des deux côtés de la suture placentifère, qui forme alors une bandelette plus ou moins épaisse chargée de graines : le nom de replum est employé par quelques uns pour la désigner. Quoiqu'on ait quelques exemples de cette déhiscence dans des capsules à placentation axile . c’est plus ordinairement dans celles à placentation pariétale qu’on l’observe. Ainsi, dans les fruits des Orchidées ( fig . 392), ou les graines sont disposées en trois rangées longitudinales sur les parois, on voit, à la maturité, le péricarpe se diviser en six parties : trois segments v plus larges et plus minces qui se détachent par tout leur pourtour et tombent en manière de valves; trois arceaux p alternant avec ces valves, plus épais et plus droits, qui continuent à rester unis en haut et en bas, et forment ainsi un péricarpe à claire-voie. On voit ces trois arceaux tout cou-

39t. Capsule du Ricin ( Mcinus communia) nu moment do In déhiscence. Les trois carpelles ou coques ccc se sont écartées de Taxe a qui les réunissait d'abord (voyez fig. J"h| ,.t qui persiste sous la forme d'une pelitc colonne dressée. Ces coques commencent a «'ouvrir par leur suture dorsale sd.

392 Capsule d'une Orchidée {Orchis maculatn) au moment de la déhiscence.— r Débris du limbe calicinal qui couronne le fruit. — VV Segments du péricarpe qui se détachent en valves. — pp Segment* qui persistent et portent les graines.

verts de graines menues en dedans, et ils correspondent aux sutures placentifères.

Le fruit , si généralement connu sous le nom de silique ( siliqua ) estime capsule (/?</. 393) analogue à la précédente, si ce n'est qu’elle offre deux lignes placentaires seulement au lieu de trois ; de sorte qu'à la maturité, après que les deux valves v se sont détachées, le replum r persiste sous l'apparence d’un cadre plus ou moins allongé tout bordé de graines y sur son contour interne. Ordinairement une lame mince remplit l'intérieur du cadre, formant ainsi une cloison membraneuse qui sépare en deux loges la cavité du fruit , contre l’usage, qui est que les cloisons s’arrêtent aux placentas, et par conséquent que la placentation pariétale entraîne l imité de loge. Les siliques sont souvent étroites et très allongées; quand leur longueur n'excède pas de beaucoup leur largeur, on les désigne par le diminutif de süicule ( silicula). On peut en observer toutes les modifications dans les diverses plantes de la grande famille des Crucifères.

$5 435. Dans le cas le plus ordinaire, où la déhiscence se fait par le décollement des cloisons ou des sutures, ce peut être par les deux à la fois ; elle est en même temps septicide et loculicide. Ainsi, qu'on prenne les capsules de la petite espèce de Lin commune sur nos pelouses (L/nam cathnrticum ), on verra les sutures dorsales se séparer les premières, et chaque loge s’ouvrir ainsi par le milieu, de manière qu’alors la déhiscence serait décrite comme loculicide. Mais, un peu plus tard, les cloisons se dédoublent à leur tour, déterminent la séparation des loges en autant de carpelles distincts ou coques bivalves, et la déhiscence devient alors septicide.

Après que. la capsule est séparée par le dédoublement dos cloisons en plusieurs carpelles, ceux-ci figurent autant de follicules s’ils s'ouvrent par les sutures ventrales seulement; s'ils s’ouvrent par leurs deux sutures à la fois et se divisent ainsi en deux valves, ils figurent des légumes contenant une rangée verticale de graines ou des coques ( ll!l ■ ,J38) qui n on renferment qu’un très petit nombre. Ce dernier mot est employé indifféremment pour les fruits apocarpés (§ 424) et syncarpés : on dit une capsule bi, tri, multicoque.

§ 436. Fruits untliocarpés. — Le fruit, outre son enveloppe que forme le péricarpe, peut en présenter d’accessoires fournies par une autre partie de la llour (avOoç) que l’ovaire. Nous avons vu déjà, il est vrai, dans beaucoup de cas, le calico associé au fruit ; mais il

3!).î, Siliqiic dr> In Uirofli'n rnmmitnn (Gliriranthv s rhriri).

plurn . a (Irnirip*.

VV Vnlvcs. — v FU?

33i BOTANIQUE.

était dès le principe adhérent à l'ovaire et confondu en partie avec lui. Il en est autrement dans les fruits dont nous parlons. C’est un verticille primitivement indépendant de l'ovaire, ordinairement un calice libre ou un involucre, qui, persistant autour de lui, s’épaissis-

sant ou s’endurcissant à la manière d’un péricarpe, finit par former à celui-ci une seconde enveloppe extérieure. On peut la voir sèche et représentant un véritable achaîne dans le fruit de la Belle-de-nuit (pg. 394), charnue dans l llippophaé, l’If [pg. 393), etc.

§ 437. Fruits agrégés. — Le fruit, dans toutes les modifications que nous avons examinées jusqu’ici, était le produit du pistil d’une môme fleur. Il y en a cependant qui, quoique formant un corps unique, proviennent de plusieurs fleurs différentes. Ainsi, dans les diverses espèces de Chèvrefeuilles ou de Chamerisiers. on voit naître deux fleurs du môme point, et leurs ovaires ainsi rapprochés se soudent, quelquefois mémo au point de se confondre, de sorte qu'on finit par avoir un fruit réellement composé de deux. Dans certains capitules ou certains épis, si les fleurs sont très rapprochées, les fruits qui leur succéderont n’offriront pas do différence apparente avec ceux qui proviendraient d'une fleur unique dont les carpelles couvriraient un axe plus développé en épaisseur ou en longueur. Ainsi, au premier aspect, les fruits du Mûrier et ceux de la Ronce ou du Framboisier paraissent de mémo nature ; et môme les petits carpelles succulents de la Mûre, soudés par leur base en une seule masse, sembleraient moins indépendants entre eux que ceux de la

394. Fruit de la Bcllc-do-nuit (Mirabilis jalapa). — 1 Entier. — 2 Coupé longiludinalemont, pour faire voir les parties qui le composent. — ce Partie inferieure du calice durcie, et formant une enveloppe extérieure. — / Ce fruit véritable, caché par la precedente. Ses téguments sont confondus avec ceux do la graine qui a été egalement enupee. Mais on le reconnaît facilement au reste du style s qui apic.ule son sommet.

395. Fruit de l'If ( Taxas baccata ). — b Bractées imbriquées à sa base. — ic Enveloppe charnue tenant lien de péricarpe et laissant voir le sommet de la graine nue </, (jnVlle enveloppa **n pnplif*.

FRUITS AGREGES. 335

Framboise bien nettement séparés; et cependant celle-ci est le pistil fructifié d une fleur unique ; la Mûre, la réunion des pistils de tout un petit épi de fleurs. Aussi trouve-t-on a la base de la première un calice qu’on chercherait vainement dans la seconde, où les calices nombreux se sont épaissis et soudés avec le bas des péricarpes. L’Ananas (fhj. 396) représente la Mûre en grand , et le fruit de l’Arbre à pain en beaucoup plus grand encore. Dans tous, ce sont des épis à fleurs pressées dont les pistils se sont soudés entre eux ; et les calices, les bractées, l’axe même, gorgés des mêmes sucs, contribuent à augmenter cette masse dans laquelle ils sont confondus. La figue (/)'</. I 92) offre quelque chose d’analogue, avec cette différence qu’ici c’est l’axe dilaté qui se re courbe autour de l’amas de petits fruits , et forme ainsi l'enveloppe du fruit général (§ 266 ). Dans tous ces fruits , nous voyons le péricarpe s’enrichir par l’association de quelques parties accessoires, et, sous ces rapports, ils rentrent dans les anthocarpés.

Le cône ( strobilus ), fruit des l’ins, Sapins, Cèdres, etc., et qui a fait donner le nom de Conifères a la famille des arbres verts dont ceux- (d font partie, résulte d’une agrégation analogue. C’est un véritable épi plus ou moins allongé et chargé décailles plus ou moins épaisses, dont chacune portant deux ovules peut être comparée à une feuille carpellaire non repliée. Elles sont bien manifestement indépendantes dans le cône du sapin / hj . 397); mais dans d’autres elles sont

390. Ananas. — rt Axe cliargo do fruits r rapprochât et soudés ensemble on une seule niasse et couronne par une tolllîe do feuilles f.

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