DIFFÉRENCIATION CELLULAIRE
Cbeilesplantesinfôrieuresarrivées à l'âge adulte, le corps végétal tout entier se compose encore de cellules;ehacuned'elles ressemble à ses voisines par sa forme et par ses propriétés ; elle travaille souvent pour son compte particulier et elle peut même s'isoler sans inconvénient poui' l'associatloa entière. La structure du corps végétal est homogi-iie.
Chez les végétaux supérieurs, au contraire, la structure est hétérogène. A l'origine, le corps végétal possède des cellules identiques entre elles, mais, avec l'âge, elles évoluent dans diverses directions et revêtent des aspects très variés ; on dit qu'elles se différenciant ; la diUérenciation porte et sur la forme et sur la fonction.
On donne le nom de li»sui à un ensemble d'éléments anatomiques qui se ressemblent par leur forme, leur composition et souvent par les fonctions qu'ils accomplissent dans l'org»'
Chez les végétaux qui nou'4 intéressent, on distingue six sortes de tissus :
1° Le parenchyme proprement dit ; 2° le liège ou parenchyme subéreux ; 3" le sclérenchyme ; 4° le prosenchymo ou tissu fibreux; 5" le collenchyme; ti*" le tissu vasculaire.
1° Farenchyme proprement dit. — 11 est de nature cellulosique, composé de cellules courtes à parois minces, à peine plus allongées dans un sens que dans l'autre {fiff. 41).
Le parenchyme représente le tissu fondamental de la plante; c'est en même temps le plus délicat, le plus vivant et le plus nllérable; il sert de Irait d'union entre les éléments des autres tissus, si bien que dans l'hypolh&se où ceux-ci disparaîtraient, l'organisme conserverait sa forme générale.
Dans un organe très jeune, les cellules provenant de bipartitions successives, ont leurs parois intimement soudées les
SC8RiB\ui et Nanot. — Bolan. agric. *
unesBUJtautres; iln'enisle pasde vides entre elles. Eos'accroissant, sous l'influence de la pression intérieure eiercée par leur contenu, elles tendent à devenir sphériques ; aux angles de raccordement des cellules entre elles, des vides se produisent : on les appelle des niéals inlercelliita.ires (fig. 39).
Queces méats s'élargissent el que le même phénomène se reproduise dans l^s cellules voisines, le tissu parenchymaleui présente des espaces vides plus ou moins étendus, des lacunes : dans ce cas, le parenchyme est désigné du nom de /)areneft(//ne lacunenx [fig. 40). Le parenchyme tacuneui communique avec l'atmosphère par de petites ouvertures que nous apprendrons plus tard à connaître sous le nom de stomatirs.
3" Liège ou tissa subéreux. — Le tissu subéreuï est un parenchyme composé de cellules rectangulaires disposées régulièrement en files radiales aussi hien qu'en assises concentriques; de bonne heure, le protoplasma de ces cellules disparaît et se trouve remplacé par de l'air ; on reconnaît à ce caractère que le liège est un tissu mort. Tantôt les cellules du liège possèdent des membranes minces et élastiques : le liège des bouchons en est un exemple ; tantôt les cellules sont dures, résistantes et sans valeur industrielle (fig. 41).
3" Sclérencbyme. — Lorsque les cellules, restant courtes, possèdent des parois ligniliées très épaisses, elles constituent le lissu désigné sous te nom de gclérenchyme. On le rencontre dans les organes les plus durs : noyaux, tégument séminal Ifig. S7j, épines. Ce sont des cellules scléreuses qui enlèvent aux poires presque toute leur valeur en les rendant pier-
Certaines parties de la membrane restant minces, il se forme ainsi de petits canaux dans l'épaisse scléreuses ; les canaux des cellules contigués s<
r des cellules
correspondent.
de sorte que de l'uae à l'aulre, les échanges liquides ou gazeui se trouvent grandement facilités [/ig. 42). Mais de bonne
Fig. io.
Coupe Iransverasle raonlrar
e'.l'épiderœe tie la face inféri»
contenant des cristaui ; si, liomatea ; p. parenchyme en pallsE p. lar. parenchymf laruneiix ^ r, lame de stèrèome renrerment un petit rais[:Esu(Vogl.).
lieure, le protoplasma disparaît: le sclérenchymc est donc un tissu mort.
4° Prosencbyme ou tissu fibreux. — Supposons que les cellules du sclérenchjme s'allongent considérablement et s'effilent en forme de fuseaux aux deux extrémités, on se trouve alors en présence de fibres {fig. 4'1) dont la réunion constitue le pi'osenthyme ou tissu fibreux.
Les unes restent souples tout en étant très résistantes : les fibres du lin, du chanvre, de la ramie et autres plantes textiles
nous en fournissent des exemples. Comme elles se trouvent placées dans une rég-ion de l'écorce appelée liber, on les
Flg-ii. — Coupe transversale de la tige de douce-amèrefHérail et Bonnel). s, liège; col. coJlenchyme; pe. parenchyme cortical.
nomme souvent fibres UhérieHnes; ce sont les libres libériennes des écorces de tilleul, d'osier, qui font employer celles-ci en guise de liens ; dans le boia, les fibres' étant plus lignifiées, se montrent plus rigides, on les nomme fibres tigiieusi^a.
Le prosenchyme, comme le sclérenchyme, est un tlssU mort.
5° CoUencbyme. — Le colle ocby me, par ses caractères, rappelle i la fois le parenchyme proprement dit et le prosen-
U est de nature cellulosique et vivant comme le parenchyme; les éléments qui le composent, ordinairement allongés comme les Gbres, possèdent des parois épaissies sur tout leur pourtour ou seulement au point de jonction des cellules. C'est un tissu qui n'a pas la résistance du tissu fibreux, mais qui possède une plus grande élasticité (fig. 41).
Fie- î»-
- Cellules se 1ère uses.
I correspon-
I ponctua 11 an
6° Tissu vascuMre. — ImagiDons des cellules allongées empilées les unes sur les autres, et dans lesquelles les parois transversales viennent à disparaître, à résorbées plus ou moins complètement :
obtiendrons un long tube auquel .on donn nom de vaisseau. Sur ses parois ligniliécs.
retrouvons les différents tioD des cellules auxquelles origine; nous aurons ainsi des ' tués, rayés, annelés,
Uv- »*)■
Les vaisseaux spirales qu'on appelle chées, mais surtout les vaisseaux annelés, avec leurs parois minces et leurs éi>aississements localisés sur une faible élendue, sont ceux qui se prêtent le mieux à l'allongement: il n'est pas surprenant qu'ils apparaissent les premiers dans les tissus les plus jeunes de la tige et de la racine où l'élongation est ta plus rapide. l-l
Les vaisseaux dont il vient d'êti« question, se M
rencontrent dans ce qu'on appelle le ljoi$; cliez V
les conifères (pin, sapin), on Irouve en grande Fifi.ja.— abondance des élénieuls qu'on pourrait appelerdes Fibre. taisseAux-fihres. Ce sont des libres à large calibre comme les vaisseaux, mais présentant des ponctuations très
rj r» LF, tj Kl
Fig. 1,1,. — Portion d'une Uge de balsami
u, vaisseau annelË ; u,. vaisseau spiro-annelè; v^, vt trachée; (>|eli>i, tracliées passante la forme réticulée ; V),vBlsstiBU réticulé.
spéciales. Vues de face, ellesseprojeltent suivant deux cercles
concçnlriques. La figure 45 doDne facilement raisoD de cet aspect particulier. Lorsque la partie de la membrane restée mince se distend, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, sous l'action dépressions inégales, clic s'appuie contre les parois intérieures de l'espèce de lentille creuse dans laquelle elle se trouve logée. Ces ponctuations, appelées punctuatiom aréolées, ont fait donner aux éléments qui les portent, le nom de /(/>res ou de vauseaax ariolé».
Dans l'écorce, on trouve des
:b h. ponctuaKons arèalées
Ë^iales: C, groupe de fibres aréolées.
vaisseaui qui se l'cconnaissent sur une coupe à leur aspect nacré; ce sont des vaiiseaax imparfaits, c'est-b-dire des vais- Beaux dérivés de cellules dont la cloison mitoyenne ne se résorbe pas entièrement ; la paroi présente des perforations qui lui donnent l'apparence d'un crible ; c'est de là que vient le nom de vaisseaux criblé» par lequel on les désigne {fig. 46 et 121). Tantôt, comme dans la courge, la cloison est horizontale et perforée sur toute son étendue; tantôt, comme dans la
LES APPAREILS DE LA PLANTE
TÎgne, elle est oblique et possède plusieurs petits cribles. En raison de leur situation dans la partie de l'écorce appelée
(lier, on désigne quelquefois les
LES APPAREILS DE LA PLANTE
Chez les plantes phanérogames, et c'est là lo critérium de leur degré de perfection, la division du travail organique est poussée très loin.
Les cellules se sont progressivement dilfêrcnciées, ont donné naissance aux divers tissus que nous venons d'apprendre à connaître, afin de mieux s'adapter aux fonctions spéciales qu'elles onl pour mission de remplir dans l'association.
Nous désignerons sous le nom d'appai-eil un ensemble d'éléments anstomiques appartenant & un ou plusieurs tissus, et appelés A remplir dans l'organisme une seule et même fonc-
Dans le corps d'une plante, nous distinguerons :
1° L'appareil formateur ou mériflème;
29 — prolecteur ou tégunientaire;
68 LA CELLULE VÉGÉTALK-
3" L'appareil de soutien ou siéréome ;
5° — sécréteur ;
6° — générateur.
Appareil kohmateur ou uÉmsTËut;. — On le rencontre dans tontes les parties de la plante en voie de croissance, par exemple à l'extrémilé de la racine, de la tige, etc. Composé d'ùlémenls très jeunes en voie d« cloisonnement, où la vie est très active par consé- I ]T quect, nous ne serons
pas surpris que ces cléments soient représeulés par du parenchyme proprement dit (/î^. 47). Les cellules qui consti' luent le mérislème sont bondées de protoplasma et enveloppées par une membrane cellulaire très mince, capable de s'allonger et de se prêtera des échanges rapides.
le milieu extérieur
que la plante doit se
défendre ; c'est donc
à la surface de la ra-
ï^ig. l7— Sommet ïégélalif d'une racine cine.de la lige, des
(Japrês Parmenlier), j^^j,|^^^ ^^^ ^^.^^^
des graines qu'il faut aller chercher l'appareil protecteur; il est représenté par \'épiiicrnie et ses dépendances, par du liiijt et, chez les graines, par ce qu'on appelle le tégumenl.
t^p'iierine. — L'épiderme peut être considéré comme la
poau de la plante ; il se laisse souvent ari-acher â l'aide d'une
pince, comme dans le chou, l'iris. Il esl constitué par une seule
ISO (Je cellules rectangulaires très régulières, présentant
les ""* '^'^''1'^ transversale l'apparence de moellons cimentes
"ns aux autres {/îg. iO, 48 et 55). Trois circonstances princi-
LES APPAREILS DS LA PLANTE. 69
pales font de l'épiderme un revèlement protecteur à la fois très léger et très eificacc ;
1" La membrane cellulaire ea rapport avec l'extérieur s'épaissit, se recouvre d'une lame appelée cuticale {/irj. 48).
Nous savons déjîi que la cuticule est formée de cellulose modifiée, de câline, substance imperméable et presque inattaquable par les réactifs les plus énergiques.
2" Les parois latérales, rectilignes ou sinueuses (/îjf. 49etS0), sont entièrement soudées les unes aux autres.
Pig. 50. — Cellules épidermlques àcontourereclilignes de la feuille de jacinthe.
3' Les cellules de l'épiderme, quoique vivantes, sontordinairement remplies d'air et par conséquent mauvaises coiidue-
Irices de la clialeur. L't-piderrae dt'fend la plante contre les iniluences extérieures les plus diverses qui peuvent lui être nuisibles, morsures d'insecles, pénétration de microbes ou de champignons parasites, mais il a principalement pour mission de la protéger contre une transpiratioq trop active qui lui ferait pefdrc plue d'eau qu'elle n'en absorbe.
Toutes les circonstances susceptibles d'agir sur la transpiration, éclairemenl, température, état hygrométrique et renouvellement de l'air, retentissent sur la structure de l'épideime et tout particulièrement sur le développement de la cuticule. L'épiderme s'adapte au milieu, se modifie au mieux des intérêts de la plante; ainsi, dans les plantes aquatiques, où le danger d'une transpiration énergique n'existe pas, la cuticule reste rudimen taire ; elle est moins épaisse sur les organes souterrains que sur les organes aériens, sur les plantes des climals tempérés ou des sols frais que sur celles des pays Fig. 5i. — Coupe dons la périphérie de la chauds ou des sols
S: Xl'rJelm "" '""'"" '' '"• ■ » «*°*~'' "■»'"
les plantes résistantes à la sécheresse possèdent une cuticule très développée (joubarbe des toits, scdum et autres plantes grasses).
Les fourrages des pays chauds révèlent presque toujours à l'analyse une composition chimique satisfaisante. Ils sont cependant de mauvaise qualité : leur membrane épidermique épaisse et culioisée. rend ta mastication de ces fourrages particulièrement laborieuse ; une fois broyés, les sucs digestifs les pénètrent difficilement ; il en résulte une utilisation très imparfaite des matières nutritives qu'ils renfer-
Pendant l'expédition du Mexique, la mortalité des chevaux nourris de foin du pays devenait si inquiétante, qu'il fallut se résoudre à faire venir du foin de France malgré les frais énormes qu'entraînait cette importation. Plus récemment, les
LES APPAREILS DE LA PLANTE
Anglais ont Tait la même expérience au Transvaal avec les chevaux importés d'Europe.
Pour réduire la transpiration, l'épiderme des Teuilles se recouvre de cire qui se présente à l'état de bâtonnets {fig. 50) ou de grains amorphes. La pruine des fruits n'est pas autre chose qu'un dépôt cireux. Si les céréales peuvent être débarrassées des sanves et des ravenelles par l'application de solutions de sulfate de cuivre, etc., c'est parce que leurs feuilles sont protégées par de la cire, moins abondante sur celles des mauvaises herbes.
Poilt;aigttillona. — Les poils sont des dépendances de l'épiderme {fif/. iOj : ils proviennent de cellules qui font saillie à l'eitérieur; les formes qu'ils affectent sont extrêmement variées; nous nous bornerons â en signaler un petit nombre. Les uns sont constitués par une cellule qui s'allonge considérablement tout en restant simple (/iij. SS); c'est le cas notamment des poils qui garnissent les graines du cotonnier et forment les fils de colon.
Dans la corbeille d'or (/îy. 53] employée en boi-dure dans Qosjardins, le poil, également uniccllulaire, s'est ramifié ; dans
Fig. 53. - Poil d'Alijsai
le bouillon-blanc, la cellule épidcrmique s'est cloisonnée et ramiQéc {/îg. 54).
Les aiguillons, comme ceux des rosiers, sont Ogulemcnt d'origine épidermique, et peuvent se ranger à eûté des poils.
En outre des poils dont nous venons de parler et qui sont
des poils morts, il existe des poils vivants comme ceux de l'ortie, du houblon, etc., qui fabriquent diverses substances. Ces poils vivants apparlieunenl plulôt à l'appareil sécréteur qu'à l'appareil protecteur : nous en parlerons plus loin (p, 80).
bouillon -blanc.
Les poils, comme la cuticule, protègent la plante contre une transpiration ti-op énergique, et toutes les circonstances favorablesau développement de l'une favorisent le développement des au 1res.
On sait que le laurîer'rose pousse à l'état sauvage dans les endroits très secs des pays chauds, c'est à son épidémie épais
LES APPAREILS DE LA PLANTE. 73
et aussi aux poils protégeant les stomates qu'il faut attribuer sa remarquable résistance à la sécheresse [fig. 55).
K l'insu des cultivateurs, le commerce, depuis une vinglaine d'années environ, importe en Europe de grandes quantités de trèQe des prés. Ce trèfle est un émigré européen qui nous est revenu transformé par les étés secs de i'AmériqueduNord. Le trèfle d'Europe porte des poils, mais en petit nombre et ceux-ci sont appliqués sur les organes où on les rencontre.
ép., épidennes recouverts par une cuticule épalsa par l'éplderme ioférieur, garnies de poilsfeutréa ; parenchjme lacuneui ; p., pareacliyme en pallassde.
Le trèfle d'Amérique, pour mieux résister â la sécheresse, a développé son système pileui et aujourd'hui, il se distingue aisément de son congénère européen par des poils abondants et dressés qui en diminuent la valeur alimentaire.
Ajoulonsqu'il est devenu moins productif, sensible aux fi-olds et aux maladies cryptogamiques, bien inférieur par conséquent à nos trèfles fmnçais.
La présence de poils abondants sur une plante, est un indice de rusticité, mais en même temps de médiocre valeur fourragère.
ScHMiAUX et Nahot. — Botan. agrie. 5
Si'omalev. — L'épiderme ne forme pas une couchesanasoluon de continuité, il est percé d'ouvertures en nombre variable i"on appelle stomates [fig. 40, 49, 50, 55). C'est par ces ouverircB principalement, que s'opèrent les échanges gazeux entre la plante et l'atmosphère. Elles se composent de deui cellules vertes en forme de haricots, soudées par leur face concave et laissant entre elles une fente appelée iistiole {fig. 56), Par leurs fonctions, elles se rattachent donc à l'appareil nourricier ; nous devons cependant les signaler ici pour indiquer que les stomates affaiblissent le système défensif de l'organisme végétal. Pour prendre un exemple, c'est par les stomates que le mildiou pénètre dans les feuilles de vigne, de pomme de terre, etc.
Fig.56.-Slomate Liège. — Le liège supplée ordinairement de jacinthe l'épiderme dans les fmrties figées de la racine et de la tige. Composé de cellules vides, mau vaises conductrices de la chaleur, possédant une membrane imperméable et presque inaltérable, le liège constitue un excellent agent de protection.
Les pommes de terre arrivées à maturité, doivent à l'enveloppe de liège qui les recouvre, de se Ûétrir très lentement [fig, 25); celles dont la peau est la plus épaisse, sont en même temps celles qui résistent le mieux à la maladie.
Lorsqu'un organe vivant subit une mutilation, c'est du liège qui cicatrise la blessure, isole le tissu vivant de l'extérieur et le met à l'abri des attaques des microbes nuisibles.
C'est une habitude très répandue de couper les grosses pommes de terre de semences ; si on les plante immédiatement après les avoir sectionnées, il arrive assez souvent que des bactéries du sol envahissent le tubercule et pénètrent plus lard dans les tiges de la pomme de terre, déterminant une maladie bien connue sous le nom de gangrène.
La Bichler's Imperator est particulièrement sujette à cette maladie. Cette circonstance fait qu'aujourd'hui on préfère comme variété à grands rendements la pomme de terre Macrcker à la Rîchtcr; sur celle-ci, la Ma ercker possède en pulre- l'avenlf^e d'une meilleure conservation. On prévient la gangrène en exposant k l'air les pommes de terre coupées, et assez longtemps à l'avance pour que les sections
LESiPPAREILS.DE LA PLANTE. 75
se recouvrent d'une couche de tiège avant la plantation.
. Tégument de» semences, — Les semences, chargées de perpétuer l'espèce, doivent, en raison de leur importance physiologique, être datées d'un appareil protecteur parti cul ié renient efiïcace;aussi les cellules de l'épiderme sont-elles ordinairement soutenues ou môme entièrement remplacées par une assise de se 1ère n- . chyme [fig. 57).
Quand l'épiderme manque, les cellules de sclérencbyme sont
tes de cuticule. 11 Fig. 57. - Tèsament du trèfle des pré:
arrive souvent que le tégument oppose à la pénétration de l'eau et de l'air une résistance telle que les semences peuvent rester desannées en terre humide sans subir d'altération, et, s'il s'agit de semences agricoles, il devient indispensable de recourir à des traitements que nous apprendrons à connaître plus lard, pour y faire pénétrer l'eau nécessaire à la germination. Une fois de plus, nous constatons que le développement d'un appareil protecteur puissant, s'il est favorable à la conservation de l'individu comme A !a conservation de l'espÈce, présente en revanche l'inconvéHient d'en abaisser la valeur agricole.
Appabkcl oe soutien ou STÉnÉoME. — C'est au eoUonchyme et surtout aux fibres ligneuses, qu'est principalement dévolue la fonction de soutenir l'édifice végétal. Nos plantes, envisagées au point do vue mécanique, sont des merveilles de légèreté et de solidité, où l'on retrouve Ji chaque instant de» dispositifs qui rappellent les colonnes creuses, les fers à T, les fers cornières, etc., employés couramment aujourd'hui dans nos constructions modernes.
' .Examinons rapidement le stéréome d'un chaume de blé. Le chaume nous repcésente une colonne creuse légèrement conique, à peu près deux h trois cents fois plus longue que large, dïvisée en quatre, ou cinq étages par des- plancheri établis, BD niveau des nœuds -et supportant un épi 'dent- le
poids s'élève enviroD au tiers de celui du chaume entier.
Une coupe transversale nous montre le chaume composé d'une couronne de fibres, h l'intérieur de laquelle on aperçoit, disposés en cercle, des faisceaux, sortes de colonnes creuses, en partie composées de fibres et do vaisseaux {fig. 38 A),
L'ensemble possède une résistance remarquable.
Le deuxième en Ire-nceud à partir do la base d'un chaume de blé de belle venue, peut soutenir un poids de 40 kilogrammes avant de se rompre ; celui d'un chaume de seigle, jusqu'à 70 kilogrammes. Nous avons calculé que la résistance des Gbres à la rupture, fibres qui sont creuses, atteint jusqu'à 14 kilogrammes par millimètre carré; un fil d'acier plein, de même section, ne donne pas un chilTre plus élevé.
Les figures 58 à 63 donneront une idée de la disposition du stéréome dans quelques plantes. Dans ces figures, qui sont théoriques, les éléments qui constituent l'appareil de soutien ODt été ombrées ; les blancs correspondent à des lacunes ou à du parenchyme.
Dans la molinie bleue, gramiiiée qui mesure jusqu'à i", 50, sans un seul noeud sur le chaume, le stéréome, composé d'une colonne creuse, renforcée à l'intérieur comme à l'extérieur, est particulièrement intéressant Ifig. 99 6j.
Appareil nourricibb. — C'est uu appareil très compliqué, dans lequel nous distinguerons :
1° Le système absorbant (poili radicaux, feuilles);
2° Le système conducteur (iraisieaux du boi», tubes criblés du liber);
3» Le système assimilateur {parenchyme verl) ;
4° Le système de réserve {parenchyme amylacé, oléagineux, aqueux, etc.).
Système abtorbant. — La plante puise ses aliments à deux sources, le sol et l'atmosphère.
Nous pouvons distinguer, par conséquent, le système absorbant souterrain et le système absorbant aérien.
Le système absorbanl souterrain est représenté par des cellules superficielles de la racine qui se développent en longs poils {/iff. 64), faciles à observer sur les jeunes racines de blé, de haricot ou de colza germes depuis quelques jours; on donne à ces productions le nom de poils radicaux.
Le système absorbant aérien est surtout représenté par le parenchyme des feuilles. Le parenchyme intérieur des feuilles, lequel est ordinairement parcouru, avons-nous vu, par de
LES. APPAREILS DE LA PLANTE
grandes lacunes qi par l'intermédiair
sont en communicaLion avec t'atmosphère des stomates. Grfice à ces lacunes, l'air chargé d'acide carbonique et de vapeur d'eau baigne les cellules presquede tous côtés. Les cellules épi dermique s interviennent aussi dans les pbéuomèDes d'absorption, mais dans une mesure ordinairement très faible, variable d'ailleurs avec l'épaisseur de la cuti-
Système ammilaleur. — C'est par l'intermédiaire des cellules vertes seulement, que la plante assimile, c'est-à-dire transforme les matières inertes puisées au dehors en matières vivantes.
Avant d'assimiler, les cellules vertes sont bien obligées d'absorber les substances qu'elles mettent en œuvre ; elles appartiennent donc à la (ois au systëme absorbant et au système assimila leur.
Les éléments du système absorbant et du système assimilafeur jouant un rôle très actif, les cellules qui les composent eontturgescente3,richc3enplasma et pourvues de membranes
Remarquons, en outre, que l'ensemble de ces cellules présente au milieu extérieur une surface très considérable si l'on lient compte surtout du faible volume des oi^anes où on les renconire. Toutes ces circonstances sont éminemment favorables aui échanges nutritifs.
Système conducteur. — Il faut bien que les matières absorbées ou fabriquées dans les poils radicaux et dans le parenchyme vert circulent dans la plante et soient transportées partout où l'organisme réclame de la nourriture; c'est principalement aux vaisseaux qu'il appartient de les transporter à destination.
Les liquides nourriciers qui partent des poils absorbants, disons la sève brûle, circulent dans les vaisseaux du bois; charriée ensuite dans les feuilles, la sève brute s'y modifie et se transforme en sève élaborée, en un liquide comparable au sang
LES APPAREILS DE LA PLANTE. li-
où s'alimentent les divers éléments de l'organisme. Ce sont tes tubes criblés ou vaisseaux de l'écorce qui sont chargés de transporter la sève élaborée.
Appareil de réserve. — La fabrication des matières organiques n'est pas réglée par !a consommation.
Quand la plante en consomme moins qu'elle n'en fabrique, aivec l'excédent, elle constitue des réserves de sucre, d'amidon, etc. Mais il s'agit là de dépôts temporaires; un moment viendra où la consommation l'emportera sur la fabrication et alors la plante profitera des économies qu'elle a faites. Pour fixer les idées, prenons une plante bien connue pour ses réserves de sucre, la betterave.
Semée au printemps, c'est à partir du commencement d'août seulement, que sa teneur en sucre s'élève rapidement; elle devient maximum en octobre, au moment où les feuilles jaunissent. Arrachée, la betterave reste vivante, et, déjà dans le silo qui l'abrite' du froid, elle consomme du sucre pour son entretien.
Si nous la plantons au printemps, elle consommera le reste du saccharose au profit des nouvelles feuilles, des tiges, des fleurs qui se développent successivement.
Les réserves sont particulièrement abondantes dans tous les organes de multiplication, graines, tubercules, bulbes, boutures.
La jeune plante qui en sort, les consomme au début de son existence, alors qu'elteest incapable de pourvoira sanourriture.
Tous les tissus de réserve devant abandonner facilement leur contenu sont formés par du parenchyme à parois minces qu'on désigne quelquefois sous les noms de parenchyme amylacé, oléagineux, aquiftre, suivant la naturedes substances qu'il renferme.
Dans les pays chauds, certaines plantes font des réserves d'eau pendant la saison des pluies.
Ici encore, le tissu de réserve est un parenchyme délicat composé de grandes cellules, rebondies lorsqu'elles sont pleines d'eau, mais dont les parois se plissent comme celles d'une lanterne vénitienne lorsqu'elles se vident [fiff. 65J.
Appareil sécréteur. — En même temps que l'organisme s'approprie certaines substances, il en rebute d'autres, essences, résines, latex, rapbides; ce sont ces déchets du travail organique que l'on rencontre dans l'appareil sécréteur; ils apparaissent :
1° Dans les cellules do l'épiderme (c'est le cas de l'essence
i laquelle la rose doit son parfum), ou dans des poils appelés
aq., tiasit aquitèr
>e transversale de la fact
ne feuille
; ; as., iiasn assinii après une période d
. la feuillu est goi^e
pour cette raison poil» sécréteur» : tels soDt les poils de l'ortie (fiff. 2), du pélargonium, des bractées du houblon qui sécrètent
de dèveloppemi
la lupuline, substance à laquelle celui-ci doit ses propriétés aromatiques {fiij. 66) ;
2" Dans des cellules situées plus avant à I intérieur des organes (fiff. 61),
Tantôt ces cellules internes sont isolées et non ramifiées
LES APPAREILS DE LA PLANTE. 81
s, camphre) ; tantôt, tout en restant iso lées, elles-
(., parenchyme Iscuneu"
se ramifient indéfiniment s'étendent d'un bout de la plante â l'autre, depuis le sommet des racines jusqu'au sommet des Teuilles les plus élevées; c'est par kilomètres que se mesure quelquefois le développement de pareilles cellules qu'on appelle encore vaisseaux lalici- /ères parce qu'elles charrient un liquide blanc, semi-fluide,appelé/af«x.
On trouve aussi des canaux provenant de cellules disposées en Gles, dont les cloisons transversales se sont résorbées plus ou moins complètement.
Dans la figure 68 re-
1 chez les euphorbes
présentant un lalicifère de chélidoine, on aperçoit encore une partie des parois Iransverses.
Le caouUhoac provient du Ifttei de plaotes des pays chauds.
Les produits de la sécrétiou, au lieu de s'accumuler dans les cellules sécrétrices, sont parfois rejetés dans une cavité que celles-ci laissent entre elles.
Une coupe faîte dans une'écorce d'orange montre, au milieu d'un parenchyme, des lacunes arrondies renfermant
des gouttelettes d'huile essentielle; lacune, od aperçoit les cellules qui produisent cette huile [fig. 69).
Cellules et cavité constituent ce qu'on appelle une poche sécrélrice.
La cavité est un méat formé parles cellules environnantes. Dans les coni' fères (pin, sapin), la résine s'échappe des blessures faites à l'écorce et au
Une coupe transversale nous montre les cellules sécrétrices disposées en cercles autour du réservoir de résine
le pourtour de la
Fig. 69.— Coupe verticale 1
une écorce d'orange. Flg. 70 0-
conirère où vleanent s'accumuler les produits ivironnaatea; bb', cellules sécrétrices; e&, cel-
{fig. 70) ; la coupe longitudinale nous fait voir qu'elles sont superposées les unes aux autres et limitent une cavité cylindrique appelée canal sécréteur ou encore canal réiinifère.
Appareil reproducteur. — L'ensemble des appareils dont Il vient d'être question peut être réuni sous le nom d'appareil végétatif; il pourvoit k la conservation de l'individu ; la conservation de l'espèce est assurée par l'appareil reproducteur; nous l'étudierons un peu plus tard.
l,iertb,G00^k'