SELS MINÉRAUX
Les sels mméraui sont empruntés au sol, taodis que les maliêres organiques soni fabriquées par le protoplasma ; Us se rencontrent dans ta cellule soit à l'état insoluble, soit à l'état Boluble. Les premiers soDt représentés principalement par du carbonate de chaui ; traité par un acide, celui-ci fait effervescence et dégage de l'acide carbonique. La forme sous laquelle le carbonate de chaux se présente le plus ordinairement, est celle de cyilolilhes, association de cristaui formant une masse o voïde mamelonnée suspendue au plafond de la cellule comme un lustre au plafond d'une selle WS- 33).
Les sels minéraux inso- lubies sont des produits de dénulrilioit et restent
Les sels solubles constituent des réserves nu*
Fig. 35. — Cj-sLolilhe ûa Ficas elaslica, tritives. Au premier rang, a, masse cy^lolittiique ; 6. pédicule il faut placer les nitrates ou niameat suspenseor. qui pénètrent dans la
plante à l'état où ils se trouvent dans le sol; les plantes en contiennent en proportion très variable ; dans les grosses betteraves fourragères, on trouve jusqu'à 2 p. 100 de nitrate de potasse dans les cendres. Non seulement ces grosses betteraves produisent moins de matières utiles à l'hectare que celles qui ne dépassent pas 1 kilogramme, mais encore le salpétre qu'elles contiennent, en abaisse la valeur en les rendant diurétiques ; il est donc avantageux de rapprocher les betteraves fourragères sur les lignes pour qu'elles ne dépassent pas le poids d'un kilogramme. L'expérience démontre que les variétés demi-sucrières sont plus avantageuses k cultiver que les betteraves tourragèreaqui, pouruu poids considérable, renferment peu de matières alimentaires.
SELS HINÉRAOS.
Omemeiilalioii de la membrane cellulaire. — La membrane cellulaire, comme tous les produits que nous venons d'examiner, dérive du protoplasmu ; elle est solide, résistante, et donne à le cellule sa forme spéciale. Mince dans les cellules jeunes, la membrane cellulaire s'épaissit plus ou moins avec l'âge.
Ordinairement, la croissance des cellules en épaisseur est inégale. Supposons que la membrane reste mince seulement sur un point ; vue de l'intérieur, la partie mince représente le fond d'une sorte de puits qui se laisse facilement traverser parla lumière. Au microscope, elle se détache de lu partie
réticulée ; d, f
environnante, sous forme de petites taches claires {cellule ponctuée), de taches allongées (cellule myéè) ; tanlôt les bandes épaissies apparaissent sous la forme d'un réseau [cellule aniieUe], de spirales
{cellule réticalée), (cellule ipiralèe) (fig. 36).
Composition chimique.
cellulose, matière ternai d'un être vivant. Le vie lavé, représente de la cellulose assez pi dissout dans la belle liqueur bleue appeti
- Une jeune cellule se compose de
qui caractérise la nature végétale
linge de lin, de coton, longtemps
cellulose se
figure ft la devanture des phar
Il eiîste différentes natures de celluloses, encore imparfaitement caractérisées. Bornons-nous à indiquer que les unes sont décomposées par une bactérie qui produit la fermentation butyrique, le Bacillus amylohacier ; telle est la cellulose qui forme les parois de la membrane cellutaii^ de la pomme
të LA CELLULE VÉGBlALE.
de terre, de la betterave, etc.; de là, rôdeur fétide des eaujt de fécule rie, des pulpes et autres matières ensilées qui outrent ea décomposilioD ; les autres celluloses résistent A l'action de ■ ce ferment. Lors du rouissage du chanvre, du lin, c'est l'interïention de ce bacille qui dépouille les fibres textiles des autres matières qui les font adhérera la tige.
Avec l'âge et suivant les fonctions de la cellule, la coni' position de la membrane cellulaire se modifie profondé-
CuTiNisATtoN. — La cuLinisalion consiste dans une transformation de la cellulose en une matière moins riche en oxygène appelée cutine, imperméable k l'eau et à l'air, inattaquable par le ferment butyrique, constituant par conséquent une excellente protection pour les organes qu'elle recouvre *• 48|.
SuBÉRiPicATiON. — La ccllulosc se transforme également en tuber ou liège, dont les propriétés bien connues sont très voisines de celles de la cutine. On dit alors que la membrane est subérifiée {voy. /Ig. 26 et 41).
GÉLipicAnoN. ,— Les cellules de certaines gi'aines (lin, coing, plantain) transforment parfois la cellulose de leur pai-oi superficielle en une matière d'aspect corné susceptible de se gonfler fortement en absorbant de l'eau et de former ainsi une sorte de gelée ; il y a alors gélificallon. C'est ù la formation de cette gelée que les graines de lin sont redevables de leurs propriétés émollientes, que les tourteaux des mêmes graines doivent de compter parmi les meilleurs fourrages concentrés. Très substantiels, ils ont de plus le rare mérite de ne pas échauffer les animaux qui en consomment en grande quantité.
LioMPicATioN. — La cellulose s'incruste parfois d'une substance mal déHnie au point de vue chimique appelée lignine ; ainsi modiQée, elle perd de sa souplesse, devient dure, cassante, mais alors elle possède une très grande i-ésistance. Les fibres du boin sont riches en lignine ; de là le nom de ligneux sous lequel on désigne celui-ci,
HiNÉBALiSATioN. — La dureté des tiges de prêles, de graminées provient de la présence de silice qui incruste la membrane cellulaire.
Elle est si gronde dans les prèles, qu'on les emploie quelquefois à polir le bois et les métaux, ce qui les a fait désigner sous le nom de limes fégélales.
Croissance do la cellule. — Le protoplasma et le noyau s'accroissent dans toute leur masse, par intercalalion d'éléments nouveaux très petits qui viennent se placer entre ceui qui existent déjb ,
Pour exprimer que les nouvelles parties se pincent à l'intérieur et non à k surface, on dit que le protoplasma s'accroU par inluÈÈusception (du latin i;i/us, en dedans, suscipere, prendre du développement). Quant i la membrane cellulaire, elle s'accroît à la fois par intussusception et par apposilion de couches nouvelles à l'intérieur des couches plus anciennes.
Multiplication des cellules. — La cellule, comme tout
1, première cellule
différenciée ■
m. membroiie : pr, protoplasma ; n.
yau; b. la cellule s<
e divise en d
eui: r, il se forme quatre cellules; d.
eiluies et recueille déjà de la résine r ;
le canal Eécréleurc
oniprend bull
l cellules ; r. résine [grossia. i5o fois)-
être vivant, provient d'une cellule préexistante; elle possède donc la faculté de se mulliplier. Voici comment le plus souvent se poursuit la multiplication. La cellule initiale, la cellulemère, se partage d'abord par une cloison médiane en deux cetlules-fillfs; chacune de celles-ci se divise également en deux, et ainsi de suite.
Lorsque la divisioD se poursuit régulière menl, on compte successiTemcnt 2, 4, 8, lt>, 32 cellules ; on dit qu'elle a lieu par bipartition.
Lu figure 31 nous fourait ud exemple de bipartitions successives aboutissant à la Tormation d'un canal rdsinifère.
Dans la division <le la cellule, le noyau joue un rôle essentiel ; il devient le siège de phénomènes désignés du nom de haryokinèse ,
Conditions de la croissance. -~ Les phénomènes de croissance sont, de tous les phénomènes vitaux, les plus intéressants pour l'agriculteur, et les seuls que nous envisegei-onsici.
Pour qu'une cellule s'accroisse et se multiplie, il faut qu'elle trouve à la fois dans le milieu extérieur:
1" Des aliments; 2" de l'oxygène; 3° de l'humidité ; Deux agents impondérables fournis par les radiations solaires :
i" De la chaleur; 5° de la lumière.
Aliments. — Notons simplement, car nous reviendrons plus tard sur la nutrition des végétaux, que tes cellules de nos plantes cultivées se nourrissent des substances suivantes :
1" Élément» empruntés à l'almotphère : carbone, oxygène, hydrogène ;
2" Matières empruntée» au aol : phosphore, soufre, potassium, calcium, magnésium, chlore, fer;
3° Élément puisé exclusivement ilanx le sol ou A la foi* dans le sol et dans l'atmosphère : aiote.
Oxygène et iiespiration. — Nous venons de voir l'oxygène intervenir comme aliment delà cellule, mais il n'agit pas seulement comme tel. Danslacellule végétale, comme dans la cellule animale, la vie commence par une inspiralioxi et prend fm par une expiration d'oxygène. La respiration de t'oxygène est une condition primordiale de la vie chez la cellule vivante.
A l'aide de l'oxygène emprunté au milieu extérieur, la cellule hrûle une partie des hydrates de carbone et des substances aihuminoïdes qu'elle contient ; elle se mange elle-même en laissant comme résidu de l'acide carbonique et de l'eau ; bref, elle diminue de poids.
Pour que les aliments qu'elle absorbe soient utilisés, pour qu'il y ait nij(rt7ion, il faut qu'il y ait en même temps t/én»trition, consommation d'une partie de sa substance.
La respiration, ainsi que tous les phénomènes de combustion, engendre de la chaleur.
La consommation d'oxygène est réglée par l'activité fonction^
nelle de la cellule: [es cellules d'uticgraine eu repos respirent très faiblement, diminuent lentement de poids, par conséquent ; au contraire, dans une graine en pleine germination, la respiration est très active et l'élévatioD de température qui l'accompagne, assez forte, pour qu'on puisse la mesurer aisément en adoptant le dispositif indiqué dans la figure IH.
Respiralïoit inlramoléculaire. — Placée dans un milieu privé d'oxygène, ta cellule vivante peut rester en vie pendant quelque temps : elle continue à respirer et dégage de l'acide carbonique ; dans ces conditions, ce n'est plus seulement le carbone, mais encore l'oxygènequi est emprunté à ta substance de la cellule ; dans ce cas, la respiration est dite intramoléculaire ; c'est surtout aux dépens des sucres que la respiration intramoléculaire se poursuit ; la cellule fournit alors de Valcool, exactement comme la levure de bière placée dans du moût de raisin ou d'orge.
On le vérifie aisément en plaçant une pomme dans un flatfon bouché, en l'enrobant de cire ou plus simplement encore en l'immergeant dans de l'huile qui empêche l'accès de l'air ; elle répand bientôt une odeur alcoolique très marquée. Si l'oxygène continue k faire défaut, la mort ne tarde pas à se produire. Dans le soi, les racines se dirigent vers les parties les plus aérées.
Nous en conclurons que le cultivateur doit s'efforcer de maintenir la plante foufenfiéredans un milieu aéré; d'ameublir la terre arable, de détruire la croûte qui se forme quelquefois à sa surface, d'assurer l'écoulement de l'eau stagnante dépourvue d'oxygène, de conserver les fruits, les plantes-racines dans une atmosphère qui se renouvelle lentement. Les semences sèches elles-mêmes, quoiqu'elles respirent faiblement, ne peuvent se conserver h la longue dans des silos étanches, que si la dessiccation est poussée très loin, car alors la fonction respiratoire est à peu près complètement abolie.
Eau et TnANSPiitATiON. — On peut pousser très loin la dessiccation des semences, lei priver s peu préx camplélement d'eau sans les tuer.
A la Station d'essais de semences de l'Institut agronomique, du blé qui dosait 13,3 p. 100 d'eau, séché à S0° pendant i8 heures, ne renfermait plus que 2,1 p. 100 d'eau à la lin de l'expérience ; mis en germination, ce blé a fourni des plantes qui se sont développées normalement jusqu'à la maturité. En desséchant les semences dans ie vide, comme l'a fait M. Maquenne, on diminue les chances de destruction.
b2 LA CELLULE VÉGÉTALE.
Dessécher les eemences dans desétuvcs, conslilueunmoyeD de conservation certain, auquel on pourrait recourir avec grand avantage. Il faudrait, bien entendu, déterminer pour chaque espèce, la température niaxima qu'on ne devrait pas dépasser, ainsi que le temps pendant lequel il faudrait la faire durer. Nous verrons bientôt que les semences sont beaucoup moins sensibles aux températureséicvées qu'on ne l'admet généralement.
Ce que nous venons de dire s'applique seulement aux cellules à l'état de repos — on dit de vie latente — et ne renfermant pas plus de 12 à 14 p. 100 d'eau.
Dans une cellule où la vie est active, l'eau i-cprésente tou' jours la plus grande partie de sa niasse, 75-95 p. 100 et même davantage.
L'eau joue : 1° le rôle d'aliment, hû fournit de Thydrogèue et de l'oxygène ; 2' elle sert de dissolvant et de véhicule aux matières nutritives; 3° enfin l'eau maintient la cellule à l'état de turgescence, c'est-à-dire fortement distendue f la pression exercée contre la membrane par te suc cellulaire atteint Jusqu'à 1 S atmosphères! Les chaudières de nos machines à vapeur les plus puissantes Ira vaillent rarement à une pression aussi énorme.
La membrane se trouvant distendue, de nouvelles particules peuvent s'interposer entre les anciennes ; cette circonstance favorise en outre la circulation des liquides nutritifs.
L'eau qui charrie les matières nutritives s'échappe ensuite dans l'atmosphère ; la cellule transpire.
Notons en outi'e que les e.cigenceg en eau de U cellule diminuenl progressivement avec l'iiye. Un blé en herbe consomme plus d'eau pour fabriquer I kilogramme de matière sèche que lorsqu'il épie, et à cette dernière date plus qu'au moment de ta maturité. Les plantes fourragères, à production égale de matière sèche, — on les récolte en cours de végétation, — réclament plue d'eau dans le sol que les plantes céréales par exemple, récoltéesà maturité. C'est lorsque l'humidité — sans faire défaut — va progressivement diminuant dans nos terresque nous obtenons les récoltes les meilleures.
L'eau en excès ne devient nuisible à la cellule végétale que si elle manque d'oiygène; nous apprendrons bientôt que les parties les plus actives des racines sont recouvertes d'une mince couche d'eau. Ce sont de véritables racinesaqualiques. Rien de surprenant que dansl'eau additionnée de matières chimiques appropriées, les plantes atteignent des dimensions qu'elles ce dépassent pas dans les terres les plus fertiles.
Pour ne citer qu'un exemple, nous avons vu au laboratoire de Nobbe, à côté de maïs de 2 mètres de haut, un aune de quatre ans, élevé également en solution nutritive, qui mesurait environ 10 centimètres de diamètre au collet et qui avait déjà fructifié. Ces résultats ne s'obtiennent qu'en renouvelant les solutions ou en y insufflant souvent de l'air. Les cellules des tiges aériennes peuvent vivre aussi quelque temps dans l'eau aérée ; on sait les bons elTets des irrigations & grandes eaux pratiquées dans les prairies en pleine végétation.
La transpiralian augmente avec l'étendue de la membrane exposée i l'air, avec la chaleur, l'état hygrométrique, le renouvellement de l'air, elle varie évidemment aussi avec la nature de la membrane ; elle sera plus faible dans une cellule à paroi épaisse, eu tinisée ousubérifiée, c'est-à-dire à peu près complètement imperméable, mauvaise conductrice de la chaleur, que dans une membrane mince composée seulement de cellulose.
La présence de poils à la surface des plantes diminue la transpiration; ceux-ci jouent le r61e du paillis que le jardinier étale Sur la terre et qui entrave le renouvellement de l'air; les plantes poilues se rencontrent surtout dans les sois ot soua les climats secs.
Ces considérations laisseraient supposer que tout se passe dans une cellule, au point de vue de la perte de l'humidité, comme dans un vase plus ou moins poreux renfermant une dissolution saline.
La transpiration diffère de la simple évaporation en ce qu'elle est influencée par certaines conditions physiologiques. La conaommalion d'enu esl réglée lurlout par Vaclivilè rïtale de la cellule.
Pendant la nuit par eiempli>, la chlorophylle ne fonctionnant pas, la transpiration est beaucoup plus faible que pendant le jour; aussi, c'est le matin que l'on constate le maximum de turgescence dans les feuilles.
Pour exprimer que les cellules vertes sont le siège d'une vaporisation plus active le jour que la nuit, on distingue la transpiration diurne ou chlorovaporisalion, liée à la fonction chlorophyllienne, de la transpiration proprement dite.
Autre observation fort importante au point de vue pratique : la coneommalion d'eau diminueavecla richesse du tue cellulaire en matière» alimenlaire». Et cela se comprend : plus la solution nutritive sera concentrée, moins il en faudra pour satisfaire l'appétit de la cellule. En terres pauvres, où les solutions
nutritives qui pénètrent dans la cellule, sont très étendues, il faut que la plante absorbe 800 kilogrammes d'eau et plus pour produire 1 kilogramme de matière sèche ; en les fumani copieusement, la plante enconsommeà peiné 300 kilogrammes, soit une économie de près de ITi p. 100.
Une fumure équivaut k de» arrosage» abomiant» et répWs,
Bien remarquable est la manière d'être du corps proloplasmique vis-à-vis d'une répartition inégale de l'humidité. Quand il est libre, comme dans la fleur de tan, il exécute des mouvements, et se dirige du côté où l'humidité est la plus favorable [hydrotropisine).
Nous reviendrons sur cette propriété en parlant des racines.
Chaleur. — La chaleur n'est pas moins indispensable â l'activité cellulaire que l'oxygène et l'humidité mais elle aussi, doit-être comprise entre certaines limites. Il y a une température inférieure /, une température supérieure T, au delà desquelles le protoplasma meurt immédiatement.
Il existe une température particulièrement favorable @, que l'on appelle température oplimam. Dans l'échelle des températures, /, T, © représentent les trois températures critiques, celles qu'il importe de connaître. Elles ne sont pas les mêmes pour tout corps protoplasmique. Sous notre climat vai-iablc, on constate que les exigences thermiques de nos plantes cultivées augmentent à mesure qu'elles se développent: le blé qui germe, réclame moins de chaleur que le blé pourvu de feuilles vertes, celui-ci moins qu'au moment de l'épiage ; (a courbe de» température» les plu» favorable», »'éléi-e progre»swement jusqu'à la maturité; elle est inverse de l.i courbede l'humidité. La limite supérieure de température que peut supporter la cellule active est voisine de 40°. Déjà, an bout de quelques minutes, le protoplasme soumis à cette température se gonfle, se co<igule et ne tarde pas à mourir. 11 est plus diOicile de déterminer la limite inférieure de température qui occasionne la mort. Elle est généralement au-dessous de 0°. Elle varie d'ailleurs notablement dans une même espèce avec la teneur en eau de la cellule et, au même état de développement, avec la composition du suc cellulaire. Nous avons constaté que du seigle ayant reçu une dose copieuse d'engrais — le suc cellulaire était riche par conséquent en matières minérales — a mieux résisté à l'hiver que du seigle non fumé placé dans les mêmes conditions.
Quant à la température optimum, elle est bien plus voisine
de la température maximum que de la tempérslure
Avaot que les lerapêratures extrêmes qui déterminent la mort subite du proloplasma ne soient atteintes, il se produit unplié> nomène qu'on appelle la rigidité par le froid et la rigidité par l» chaleur. On désigne par là un état pendant lequel les propriétés vitales du protoplasma, et notamment tous ses mouvements, sont temporairement abolies ; elles se rétablissent ensuite après un certain temps, lorsqu'on leplace à une température normale.
La rigidité par le froid, la [plus intéressante à étudier pour l'agriculteur, se produit habituellement aux environs de 0* ; on voit alors les filaments du protoplasma diminuer de volume et présenter par places des gouttelettes volumineuses, qui se sont séparées de sa substance. Une élévation lente de température fera revenir te protoplasma à son état normal.
Nonsconstatons trop souvent que les plantes rédiaufTéessuAilement par les rayons du soleil levant, souffrent plus des gelées printanières que celles qui sont placées à une autre exposition.
On conserve couramment aujourd'hui des fruits et autres produits végétaux par le froid ; il faut les ramener progrèssivement à la température ordinaire, si l'on veut éviter ensuite une altération rapide de leur substance.
Chec les végétaux, le pouvoir de résistance au froid et à la chaleur est d'autant plus grand que les cellules renferment
Les semences, si peu sensibles, avons-nous vu, à la dessiccation, se moDtrenl parfois très résistantes aux températures extrêmes.
Les semences sèches sont épargnées par les froids extraordinaires réalisés dans les laboratoires, par vaporisation de gaz liquéfiés, froids qui dépassent quelquefois — 200°.
Pour conserver les semences, on les dessèche à 50-60° ; nous avons constaté qu'on pourrait très souvent les chauffer à 100° sans inconvénient ; un échantillon de blé a été maintenu à 120° pendant une heure ; 5I> p. 100 des graines avaient encore conservé leur faculté germinalive, elles se sont déve^ loppées ensuite k peu pivs normalement ; quelques-unes ont même supporté une température de 130° pendant une heure.
Noua parlons de chaleur sèche ; la chaleur humide serait mortelle au voisinage de 40°.
La température, comme l'humidité, peut provoquer des moU' vements du protoplasma lorsqu'elle est répartie inégalement dans le milieu ambiant (Ihermotropiime).
Gfl LA CELLULE VÉGÉTALE.
Quand vient l'automne, l'air se refroidit, la ftvur de fan s'enfonce à plusieurs pieds de profoDdeur dans les couches plus chaudes pour y passer l'hiver ; elle se meut en sens inverse au printemps, lorsque les couches superficielles sont devenues plus chaudes.
LuMiËne. — La lumiore joue dans la vie de la cellule végétale un rôle primordial. Grâce à la lumière, la cellule fabrique de la chlorophylle, décompose l'acide carbonique de l'air, combine tous les éléments de nature minera le empruntés b l'atmosphère et au sol pour en faire de la matière vivante. C'est l'intervention de la lumière dans les phénomènes de natrilion v^géUle, qui fait de ta plante l'être organisateur par excellente.
A l'abri de la lumière, la cellule végétale peut vivre, mais alors aux dépens de ses réserves ; quand cette situation se prolonge, elle Hnit par mourir de faim.
Un autre effet de la lumière, c'est de retarder la croissance. Plaçons une plante dans une pièce éclairée d'un seul c6té, la partie de la tige frappée par la lumière se développera moins que du côté opposé.
Cet allongement inégal forcera la tige à se recourber vers la source lumineuse. Dans les serres bien comprises, afin que les plantes se développent normalement, la lumière pénètre do tous côtés. Les semis épais, dans lesquels la lumière pénètre diUîcilement, donnent des plantes qui filent, c'est-à-dire qui s'allongent démesurément; les cellules allongées de la base de la tige possèdent nécessairement des parois très minces et manquent de solidité ; la plante tombe, i-erse, sous son propre poids, sous l'action d'une pluie abondante ou d'un veut violent. Semer en lignes assez espacées, permettant A la lumière de pénétrer jusqu'à la base des chaumes, constitue l'un des moyens les plus sûrs de prévenir la verse si redoutable pour les céréales.
Les choux filés constituent de mauvais plants.
Quand vient le printemps, la pomme de terre produit de longs germes jaunâtres qui peuvent atteindre plusieurs mètres de long. Exposés A la lumière pendant tout l'été, les mêmes tubercules produisent des pousses épaisses, charnues, qui mesurent environ 10 centimètres.
Pommet de terre de primeur produites A l'automne.— Ces dernières pommes de terre plantées dans la région de Paris, fin juillet ou commencement d'août, de façon que les premières
gelées surprennent la planle en pleine végétation, fournissent pendant toul l'hiver, en les arrachant au fur et à mesure des besoins, des tubercules ayant l'apparence et le goût des pommes de terre de primeur. Pour les préserver du froid, on les butte très fortement, si le climat est rigoureux, on les recouvre ensuite d'une couche de paille de tl) à 20 centimèlres d'épaisseur (I}.
La production k conlre-saison el en grande culture de pommes de terre de primeur, mérite d'être tentée dans les i-égionsà hiver doux où les terres peuvent être irriguées.
La variété connue sous le nom de magnum honuin est une de celles qui nous ont donné les meilleurs résultats.
La lumière du soleil se compose, comme on sait, de rayons présentant les couleurs de l'arc-en-ciel. En plaçant la plante sous des cloches diversement colorées, on constate que les rayons jnunes sont ceux qui favorisent surtout le verdissement des plantes; les radiations rouges, oranges, jaunes et vertes sont les plus actives dans la décomposition de l'acide carbonique ; l'action retardatrice de la lumière sur la croissance est principalement due aux radiations bleues et violettes.
La lumière comprend des radiations calorifiques en même temps que des radiations lumineuses ; les premières se montrent particulièrement actives et favorables à la germination de la plupart des petites semences qu'on a l'habitude d'enterrer superflciellement. Pour agir utilement, la lumière doit être comprise entre certaines limites :
Lorsqu'elle est faible, les grains de chlorophylle font face à celle-ci (fig. 21, n); loi'squ'eile est intense, ils la fuient, cherchent en quelque sorte à s'abriter sur les parois latérales oii la lumièrene les frappe plusquedeprofil (^«7.21,6]. On s'explique dès lors que les feuilles pâlissent lorsque le soleil est ardent ; il suffit d'y appliquer un écran, une feuille d'étain ou une pastille de chocolat, pourvoir reverdir la surface qui a été ainsi protégée.
Comme pour la température et l'humidité, il y a une intensité intermédiaire, particulièrement favorable, c'est ta lumière
Nos plantes de grande culture sont en général très exigeantes au point de vue de l'éclairement. Rien de plus difficile, par exemple, que de faire pousser du gazon sous les arbres des
{■) M. Bi^ncHARD et ScHRiUAUi, BaUtlin de ta Société nalionaU (Tagricuf litre, 1»0Ï.
( UN:VERS!TY ]i
vergers et des psrcs, dont l'influence nuisible se fait sentir assez loin sur toutes les parties qu'ils ombragent.
Agents nuisibles â Ja cellule végétale. — - Agents phvsiQUBs. — Le contact d'un corps solide avec la cellule en retnrde la croissance ; une simple bandelette de papier gommé uppliquée latéralement sur l'extrémité d'une racine au voisinage du sommet, en retarde l'allongement de ce côté; il en résulte que la racine recourbe son eitréniité vers la bandelette ; dans le sol, les racines contournent les pierres et autres obstacles qui s'opposent à leur passage.
Si une pression s'exeree sur une partie seulement du corps de la cellule, elle change de forme et se développe dans le sens de la moindre résistance. Dans le sol, les interstices laissés entre les particules, deviennent parfois trop étroits pour contenir une racine en voie de croissance; elle se moule sur l'obstacle et fait eiTort pour s'ouvrir un passage: la pression exercée par les cellules turgescentes est telle, qu'on a vu des racines d'arbres déplacer des blocs pesant plusieurs milliers de kilogrammes. Mais il ne faut pas oublier que le travail mécanique développé par la plante, constitue une dépense pour l'organisme, dépense qui se traduit par une diminution d.i travail as si rai la leur, par une diminution de récolte.
L'ameublissement des terres arables a précisément pour but de réduire ces dépenses au minimum.
Lorsque la plante reçoit un oftoc, son action ne reste plus limitée aux points touchés ; une excitation mécanique violente se propage à une certaine distance ; le proloplasma granuleux cesse alors de se mouvoir, puis, après un certain tempsde repos, le mouvement se rétablit peu à peu; dans ce cas encore, le travail organique se trouve interrompu et la récolte amoindrie.
Si l'excitation mécanique va jusqu'à l'écrasement de la . cellule, sa structure se trouve modiiiée, le protoplasma est condamné à mourir.
Agents ciitiituuEs. — Parmi les substances gazeuses susceptibles de nuire à la cellule, nous citerons en première ligne tes anesihésiques, le chloroforme, l'éther, etc., qui produisent les mêmes effets que chez un organisme pourvu de nerfs : le protoplasma continue à respirer, mais il cesse de se mouvoir; l'aclion chlorophyllienne et l'élimination d'oxygène qui en est la conséquence, se trouvent arrêtées. Ces effets nuisibles disparaissent en replaçant la plante dans l'air pur.
Le salfare de carbone, Valdéhyiie formique, agissent moins
PHOPniÉTÉS VITALES DE LA CELLULE.
acliTemeat sur la cellule végétale que sur la cellule a aussi les emploie-t-oo avec succès comme insccikidpg.
Les antiseptique*, selsde mereure, phénol, sulfate de cuivre, permanganate de potasse, sont des poisons énergiques poulie protoplasma.
Si nous tuons avec ces substauces ou si nous prévenons le développement des spores de carie du blé, du mycélium du mildiou de la pomme de leiTC et de la vigne, c'est que le • traitement est conduit de telle façon que le poison ne pénètre pas dans le grain de blé ou dans la reullte de vigne, mais reste localisé à la surface.
Le suc cellulaire est formé par une solution très diluée. Quand on plonge la cellule dans une solution saline concenirée, voici ce qui se produit ; de l'eau sort parosmoae(p.l42); la fine pellicule qui enveloppe le protoplasma, se détache de ta membrabe cellulaire sur laquelle elle était appliquée ; elle se contracte en même temps que le protoplasma qui forme alors une masse compacte au cenli'e de la cellule {/ig. 38). Le même phénomène se pi-oduira en plongeant la cellule dans l'alcool, ou en la soumettant à une inlluence qui fasse perdre au suc cellulaire la plus grande partie de son eau {fig. 120). Alors même qu'elle ne serait pas tuée, la Fig.
cellule n'étant plus turges- ^ ctllule aonni ccnle, devient incapable de m»; n. Quyau:B s'accroître ; c'est seulement '"""■ *'* p'ongée ■ lorsque le protoplasma aura *° '"* ronccii roe. récupéré l'eau éliminée, que l'activité vitale reprendra i trop considérable, la mon séquence. Nous nous expliquons dès lors qu'une solution chimique de quelque nalare qu'elle soit, si elle est trop concentrée, puisse nuire à la cellule.
Le nitrate de soude, le sulfate d'ammoniaque, matières solubles dans l'eau, s'emploient couramment comme engrais. Éminemment favorables à la végétation, ces substances
: : p. protoplas
60 iaj:ellule végétale.
devienaent nuisibles, brûlent nos plantes, lorsque nous les répandons sur les feuilles à doses trop élevées ou que nous ne prenons pas la précaution de les pulvériser avec soin et de les répartir uniformément.
Agents phïsiolociqifes. — La cellule végétale compte ses ennemis les plus redoutables parmi les plantes et les animaux ; c'est à la substauce fondamentale de la cellule, au protoplasma riche en éléments nutritifs, que s'attaquent surtout les parasites.
Les organes d'absorption du parasite végétal (cuscute, orobanche, champignons, eia.), racine ou mycélium, doivent perforer la membrane cellulaire; ils arriveraient difflcilemeut à en vaincre la résistance, s'ils exerçaient sur elle une simple action mécanique.
Celle-ci se complique d'une action chimique. Le parasite sécrète des principes diastasiques qui dissolvent là membrane et la rendent plus vulnérable.
La résistance au parasite variera d'abord avec la nature de la membrane ; revêtue de cutine ou de liège, la cellule résistera mieux que si elle se compose seulement de cellulose. Elle variera en outre avec la vitalité du proloplaiima : les cellules sflaiblies, atteintes de " misère physiologique», sont des proies faciles ; au contraire, les cellules vigoureuses se défendent énergiquement et parfois avec succès. Une alimentation mal équilibrée, notamment l'emploi abusif d'engrais azotés, augmentent également la réceptivité de la cellule. Un excès d'acide phosphorique ou de potasse présente rarement les mêmes inconvénients^ On ne saurait assez répéter que l'un des meilleurs moyens de lutter contre les maladies qui menacent nos récoltes, consiste à bien travailler les terres, à les fumer judicieusement, bref, à produire des plantes robustes.
Ajoutons qu'il faut protéger les cellules de toute blessure ; une blessure est une porte ouverte à l'ennemi, aux spores des champignons, aux germes de bactéries qui pullulent dans le sol et dans l'atmosphère, germes qui provoquent la gangrène des parties lésées. Quand cela est possible, on enduira les plaies d'une matière prolectrice (goudron de houille, mastics) ou, ail s'agit de plantes au repos (pommes de terre, plantesracines), on les laissera se cicatriser dans un endroit sec défavorable à la multiplication des parasites.
On sait que chez les animaux, quand une blessure se cicatrise, il se forme entre la partie vivante et la partie mortiCée
une zone protectrice appelée séquestre : l'orgaDisme végétal use des mêmes moyens de défeose ; la zone protectrice est représentée ici par du liège. Imputrescible, imperméable à l'eau et à l'air, il répond dooc parfaitement au but à atteindre.