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CHAPITRE PREMIER LES SEMENCES

Semence signifie germe d'un individu n Vceufà-M végétal, la planle future en miniature; elle cd résume tous les caractères, les défauts comme lesqualités. « Tellesemence, telle moisson», ditleproverbe. La notion de l'influence de la semence sur la récolte est tellemeni certaine, qu'on la trouve exprimée dans toutes les langues et sous les formes les plus diverses. Le chapitre des semences est donc l'un des plus importants de la botanique agricole.

Glassitîcation des semences agricoles. — Le?

semences agricoles se divisent en deux groupes : les semences sèches (graines, fruits) et les semences aijueuses (tubercules, boutures, bulbes).

Les premières se conservent d'ordinaire sans difficulté pendant plusieurs années ; nous les faisons sortir de leur engourdissement, de leur état de vie latente dit-on, à tel moment qui nous convient le mieux, en réunissant autour d'elles les conditions favorables à la germination.

La conservation des semences riches en eau est délicate; c'est la saison qui nous commande: quand vient le printemps, il faut les mettre en terre sous peine de les voir s'altérer rapidement.

Notons également dès à présent, pour y revenir par la suite, un caractère important qui distingue les semences sèches des semences aqueuses. Les tubercules, les boutures, les bulbes sont des organes végétatifs, de simples fragments d'un individu donné ; ils multiplient le pied mère, le conservent dans toute son intégrité.

LES SEMENCES. 8b

avec lous ses caractères : on dit que l'hérédité est complète.

Une graine reproduit les plantes qui lui ont donné naissance. Elle provient de la combinaison de deux cellules distinctes, l'une mâle, l'autre femelle, empruntées presque toujours à des individus différents.

S'il y a combinaison, et l'observation le démontre, rien de surprenant qu'une graine engendre une plante dans laquelle on trouve, à côté de caractères communs au père et à la mère, des caractères nouveaux qui constituent en quelque sorte sa personnalité, et la distinguent de toutes les plantes voisines : l'hérédilé est incomplète.

Une variété de vigne, de pomme de terre, de tulipe est fixée, quand on la multiplie au moyen de boutures, de tubercules, de bulbes. La reproduit-on de semis, on est exposé à la voir dévier plus ou moins du type dont elle descend.

Ces déviations seront très fréquentes dans une espèce et très rares dans une autre : les blés, les avoines, les céréales en général, sont à peu près complètement fixes. Nous avons semé des graines de pommes de terre provenant d'une même baie, et nous en avons obtenu quatre sortes de tubercules se distinguant par la coloration de la peau. Il eût suffi de planter séparément ces différents types de tubercules afin d'obtenir quatre variétés distinctes.

On a tiré grand parti de ces variations pour l'amélioration des espèces cultivées.

Les semences sèches, de beaucoup les plus importantes, sonl celles qui, pour le moment, retiendront exclusivement notre attention.

Séna du mot « graines » eâ agriculture. — Les agriculteurs désignent sous le nom de graines toutes les semences sèches, dans lesquelles il y aurait cependant lieu de distinguer :

1° Les graines proprement dites (colza, pois) ;

2° Les fruits simples (blé, sainfoin);

3° Les fruits composés (betterave, pimprenelle) qui

proviennent de la soudure de plusieurs fruits. Chaque semence est capable de produire plusieurs germes.

Si la terminologie employée par les agnculteura est erronée, elle a du moins le mérite d'fitre commode ; c'est la raison qui nous la fera conserver.

Des semences à l'état de repos, des phénomènes qui s'y poursuivent lorsqu'elles sont en magasin (hygroscopicilé, respiration, transpiration}, il sera question par la suite ; pour le moment, noua nous bornerons à indiquer rapidement les particularités de structure qui peuvent nous fournir des indications utiles sur leurs propriétés agricoles,

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