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CHAPITRE III TIGE

Caractères généraux. — La lige est la parlie de la piaille qui porte les feuilles. On appelle collet la limite entre la tige et la racine.

La place du collet, bien marquée dans la jeune plante (V./(j. 81), devient moins précise par la suite; ordinairement, on constate que l'axe se rétrécit à la jonction de la tige et de la racine.

On appelle nœud, le pelitrenflemenl que porte la lige au point d'attache d'une feuille; en/ re-nœud, l'intervalle entre deux feuilles consécutives {f'9. 103).

Les enlre-nœuds diminuant progressivement de longueur à mesure qu'on se rapproche du sommet de la tige. Vers le sommet, les feuilles, très petites, sont étroilemenl serrées les unes contre les autres et recouvertes d'êcailles, qui protègent l'extrémité délicate de la

lige, comme la coiffe protège l'extrémilé de la racine. Celle agglomération de feuilles a reçu le nom de bourgeon terminal. Quand la lige s'allonge, les feuilles se dégagent successivement du bourgeon ; on conslate en outre que les jeunes entre-nœuds grandissent également pendant un certain temps après leur formation.

L'accroissement des tiges est donc à la fois terminal el intercalaire.

Ramification des tiges. — A Vaisselle de chaque feuille, c'est-à-dire dans l'angle qu'elle fait avec la tige, apparaît un bourgeon axHtaire dont les propriétés rappellent celles du bourgeon terminal. Eu se développant, les bourgeons axillaires donnent naissance aux rameaux de différents ordres.

Quand un bourgeon ne développe que des feuilles {bourgeons à bois), la tige ou le rameau qui le supportent, s'allongent indéfiniment : on dit que l'accroissement est indéfini; quand le bourgeon, ordinairement plus renflé, développe à la fols des feuilles et des fleurs [bourgeons à fruits), la tige ou le rameau cessent bientôt de s'allonger : l'accroissement est défini.

Les bourgeons avortent fréquemment; aussi, les arbres produisent-ils moins de branches que de feuilles.

Des bourgeons axillaires, dont la vie est peu active, se laissent recouvrir d'écorce; ce sont des tou/'^eons endormis, qui suivissent parfois après des années, sous l'influence de la taille, d'une incision ou de toute autre cause qui détermine un afflux de principes nutritifs dans ces organes.

En outre des bourgeons axillaires régulièrement distribués, il en existed'autres dont la situation échappe à toute règle morphologique : on les nomme bourgeons advenlifs ; les ramifications qui en dérivent, étant réparties sans ordre, modifient le port général de la plante. Les bourgeons advenlifs apparaissent sur tous les organes ; le saule émet sur sa lige ébranchée des centaines de ces bou rgeons et devient têtard . Les longues

racines traçantes du pommier, du peuplier, du prunellier, celles des chardons, des ronces en développent, principalement sur les bourrelets cicatriciels qui se Tormenl quand la plante a été blessée par la charrue ; on peut scarifier impunément les vieilles luzernes et les débarrasser des [graminées qui les infestent, grâce à la résistance des racines et à la propriété qu'elles possèdent de produire des bourgeons advenlifs.

Les feuilles de bégonia, d'oranger, etc., fournissent des racines el des bourgeons adventifs, ce qui permet de les bouturer facilement.

Les différentes sortes de tigea. — Suivant lemilieu où elles se développent, les tiges se divisent en deux catégories : les liges aériennes et les liges soulerraines.

i" Tiges aériennes. — Les tiges aériennes peuvent être dressées, rampantes ou grimpantes.

A. — D'après leur aspect extérieur, les liges aériennes dressées ont reçu différents noms : tronc, stipe, chaume.

Le Ironr est la tige des arbres de nos forêts : il est conique et ne porte des brancfaes qu'A partir d'mie certaine hauteur.

Le stipe est la tige des palmiers ; presque cylindrique, il se termine par un bouquet de grandes feuilles entremêlées de fie urs ou de fruits.

Le chaume, comme le stipe, ne se ramifie pas. C'est une tige ordinairement creuse, renforcée de distance en distance par des nœuds d'où parlent des feuilles parliellemcnlengalnanles; les tiges des bambous, du blé et des autres graminées en sont des exemples.

B. — Les tiges rampantes portent le nom de coulants ou de stolons (fraisier, trèfle blanc, agroslis slolonifère, renoncule rampante, etc.). Les plantes slolonifères sonl envahissantes à cause de la faculté qu'elles possèdent de s'enraciner au niveau des nœuds el de produire de nouvelles tiges. Dans les prairies, des hersages répétés les empêchent de se propager à l'excès.

C. — Les tiges grimpantes, Iropfaibles pourse soutenir, s'élèvent en s'aidant d'un support : les unes s'enroulent

MORPHOLOGIE EXTEH^E. ISI

aulour de leurluteur(houbloii, liseron), on les appelle volubiles [fig. \0i); le sens de l'enroulement est le môme dans une espèce donnée ; les autres s'accrochent aux corps voisins à l'aide de vrilles (vignes, vesces) ou .de crampons (lierre).

2° Tiges soutebhaines. — Se développant h. l'abri de la lumière, les liges souterraines ne renferment pas de matière verte. Comme les liges aériennes, elles possèdent un bourgeon terminal, des feuilles régulièrement distribuées, avec des bourgeons axillaires, mais les feuilles y sont réduites à l'état d'écaillés. Ces caraclères les distinguent immédiatement des racines véritables.

Nous classerons les tiges souterraines en rhizomes, tubercules et bulbes.

A. Rhizome. — C'est une tige Fig. toi,. — Tiae voiubiie souterraine allongée, dirigée '^" houuioo.

presque toujours borizontalement, et garnie de racines latérales.

Tanl6l, le rhizome s'allonge dans te sol par son bourgeon terminal; ce sont les rameauic nés des bourgeons axillaires qui s'épanouissent dans l'atmosphère et produisent des Heurs et des fruits (chiendent, prêle). Ces rhizomes indéfinis sont les plus rares.

Tantôt, l'extrémité du rhizome se relève dans l'atmosphère en produisant une tige garnie de feuilles, de Heurs et de fruits; l'année suivante, un bourgeon axillaire souterrain se développe à la base de la jeune tige, donne naissance à un nouveau rhizome qui, à son lour, se développe dans l'atmosphère (sceau-de-Salomon, laiche, céréales et la plupart des graminées vivaces).

La figure 105 représcnle un rhizome desceaii-de-Salcmon appartenant à trois générations successives; la cicatrice arrondie a représente le point d'allache d'une pousse aérienne de 1901, h, la tige de 1902, le bourgeon

V\g. io5. — Rbt2ome du sceau-de-Salopion.

terminal fournira la tige feuillée de 1903. A mesure qu'un rhizome s'allonge d'un côté, il se détruit de l'autre, de sorle que la plante se déplace peu à peu.

Dans le blé, l'avoine et toutes les graminées annuelles, la partie enterrée de la lige principale produit ordinairement, à une Taible dislance de la surface, deux tiges secondaires issues de bourgeons axillaires ; ces tiges secondaires donnent à leur tour des liges latérales de différents ordres; les générations se succèdent rapidement et en nombre d'aulant plus grand que la plante est plus copieusement nourrie, et que le temps qui s'écoule entre la levée el la « monlaison >■ des chaumes se prolonge davantage.

En semant du blé très clair, de très bonne heure, dans une terre de jardin, on arrive à produire des loufTes d'une cinquantaine de chaumes ou lalles, livrant ensemble jusqu'à deux mille fois la semence.

Le fallage est une faculté extrêmement précieuse dans un milieu où les plantes sont exposées à de nom-

HOnPHOLOGIE EXTtRNE. 153

breuscs causes de dcslniclion ; on s'en exagère beaucoup les avantage!', quand il s'agil de céréales soumises à une «ullure Irès intensive. L'expérience démontre que les blés les plus produclifs tels que le poulard d'Auslralie, le blé à épi carré Eonl ceux qui (allcDl le moins (1). Chez les graminées de nos prairies qui durent

Fig. loB, — Rb zome d'une gramiaée vivace.

A, axe le pJus BDden : Il invurl apiès avoir rruclill^ : B, sxe rcrlile ; C, axe De prodgisaot qwe ilts feuillea ; il truclillera l'année suivante.

plusieurs années(^cani(nt'i's rivaces) , les axes secondaires emploient ordinairement deux saisons végétatives pour se développer: la première année, ils lesfent stériles et produisent simplement des feuilles; la deuxième, ils fructifient et meurent après avoir pourvu, parla production de nouvelles pousses souterraines, à la conservation

(1) ScBnmAux, Reckerchu eioirimenlalts lur le tallage.

de l'espèce (/f^. 106). Les débris de liges cL déracines des générations successives, finissent par accumuler dans le sol des vieilles prairies des quantités souvent énormes de matières organiques. L'azote que renferment celles-ci est le plus souvent inerte ; un chaulage en provoque la nilrification et augmente la récolte dans des proportions considérables. Dans certaines prairies, l'apport de phosphates et de sels de potasse est souvent indispensable pour que le chaulage produise tout son elTet.

On ne saurait assez préconiser les essais de chaulages et d'engrais minéraux dans les vieilles prairies.

Les rhizomes sont ordinairement riches en réserves nutritives ; celle circonstance, jointe à la Tacilité avec laquelle les plus petits fragments se bouturent, les rend extrêmement difficiles à détruire dans les terres où on les rencontre ; le soleil est le meilleur auxiliaire du cultivateur pour les en débarrasser.

L'élyme des sables, l'oyat ou gourbet {Arundo arenaria), graminées à rhizomes puissants, sont précieux pour la fixation des dunes.

B. Tubercules. — C'est une Lige souterraine renflée et gorgée de matériaux de réserve (pomme de terre, topinambour).

Considérons un pied de pomme de terre issu d'une graine (/(y. 107). Celle-ci développe d'abord des racines r qui De se renflent jamais; au-dessus des cotylédons cl, la lige émet des rameaux souterrains simples ou ramifiés sur lesquels on aperçoit : l" des feuilles réduites à l'état d'écaillés ^c, 2° des racines latérales r\ 3° des tubercules.

Les tubercules ne prennent naissance qu'à l'extrémité des rameaux ; ils possèdent un bourgeon terminât et des bourgeons axillaires (yeux) placés à l'aisselle des écailles très réduites, dont la chute laisse une cicatrice. Dans la figure 107, le rhizome le plus voisin du sol ne porte de tubercules que sur ses ramifications; l'exlrémilé s'étant développée à l'air, s'est transformée en une lige feuillée qui révèle bien la nature

MORPHOLOGIE BXTERNEmorphologique du tubercule. C'est pour éviter u

Ftg. 107. — Jeune pied de pomme de terre iasu d'une gratue.

rr, rscioe pitolauLe lerniiDBle; r'r', racines latérales ; c, collet ; (I, les denj cotylédons épanouis en petites feuilles sËminales: de leur aisselle, partent des ranieaui renaés eu tubercules à leur extrèmilé ; ic, feuilles des rsmeaui souterrains réduites i l'élat d'tcailles; de', écailles des tobercules. à l'atsselle desquelles se trouvent les yeux ou bourgeons br-, . > , ^. ...i-,.,.. ^,... ,..„.j inférieure normale;

b, rameau sont.

errain sorli de l'aisselle d'une feuille

il porte deiu 1

orti de terre s'est Iranaf orme en un b

/, feuilles oorm

aies (d'après Turpin).

pareille transformation, qu'on 6u//eles pommes de terre. Si nous plantons un tubercule, chaque œil produira

une tige aérienne avec des feuilles et des (leurs; ]a partie enterrée, nous verrons apparaître des rameaux grêles qui se comporteront exacle-

Fig. 108. — Bulbe solide. Colchique

ment comme ceux de la plante issue d'une graine.

C. Bulbe. — Le bulbeou oignon esl une tige courte recouverte d'écaillés.

Dans les bulbes solides, comme le safran, le colchique d'automne i/i^. 108), la tige renflée représente la plus grande partie du bulbe, qu'enveloppent seulement quelques écailles membraneuses.

Le plus ordinairement, la tige est réduite à un mince plateau qui porte des racines à sa base, et un bourgeon terminal au sommet.

Le bulbe esl tunique, lorsque les écailles embrassent toute la circonférence du plateau (oignon, poireau) {fig. 109) ; il esl écailleax, quand il comporte des écailles étroites et nombreuses imbriquées à la manière des tuiles d'un loil (fig.UO).

Autres formes de la tige et des rameaux.— Dans

les plantes grasses des pays chauds (cactus), les tiges sont charnues, alîectent la forme de sphères, de cylindres lisses ou cannelés, de lames aplaties appelées raquettes {ftg . 111).

Les épines do ces plantes, comme celles du prunellier, de l'ajonc, etc., sont des rameaux modifiés.

Notons encore, au nombre des tiges modifiées, les vrilles de la vigne, le collet de la betterave, de la carotte et des autres plantes-racines.

Dans le petit houx, les rameaux aplatis prennent la forme de feuilles ; on leur donne le nom de cladodes.

Structure primaire. — Quand on fait une coupe mince dans une jeune tige, à une petite dislance du collet, on y trouve un cylindre central et une écorce {fig. ITJ).

Si on les rapproche des parties correspondantes delà jeune racine, on remarque aussitôt que le calibre de la tige dépasse sensiblement celui de la racine; de plus, le cylindre central s'y montre proportionnellement beaucoup plus développé que dans la racine, où il est Fig. iiî, - Coupe réduit à un filament grêle. jeuSVtUe'^ **""* '-* structure de l'écorce de la liée est moins dilTérenciÉe que

ic, écorce: rc, cv- ,. . . - ^

iiDdro ceotrflh '. liber; «^elle de la racine. (■.liiois. On y trouve (/(ij. 113):

1° L'épiderme, ep., constitué par une assise de cellules solidement unies les unes aux autres et renforcées extérieurement par une couche de cuticule qui s'élale sur toute son étendue. De distance en distance, l'épiderme est interrompu par des stomates si. 2° Le parenchyme cortical, pc, formé de cellules arrondies, vertes au voisinage de l'épiderme.

HOHPROLOGIE INTERNE. 1S9

3° L'endoderme, end.

C'est par la struclure du cylindre cenlral que la lige se difTérencie nettement de la racine. Il débuie également par le péricycle per, qui embrasse des faisceaux l cl b, des rayons médullaires primaires r. m., reliant le péricycle à la moelle m.

Dans la racine, les faisceaux du liber élaient distincls des faisceaux du bois, et alternaient avec eux; ici, nous les trouvons soudés les uns aux autres, le liber l, au dehors, le bois b en dedans ; on exprime ce fait en disant que les faisceaux sont iibéroligneux.

Dans la racine, le développement du bois primaire est cenlripète, c'est-à-dire que les vaisseaux les plus jeunes et les plus étroits (vaisseaux annelés et spirales] sont les plus extérieurs; dans la tige, le développement est centrifuge; enfin, tandis que dans le bois primaire de la racine, nous ne trouvions que des vaisseaux, celui de la tige renferme en même temps des fibres.

Le liber de la lige se compose de tubes criblés, de parenchyme et parfois de fibres; tubes criblés et parenchyme conslituent le liber mou; les fibres forment le liber dur. Les fibres textiles du lin et du chanvre sont des fibres libériennes. Dans les monocolylédones (céréales), les faisceaux, en très grand nombre, sont disposés en cercles concentriques (Voy. fig. 58 A et B).

Structure secondaire de la tige. — Dans la tige, comme dans la racine, les formations secondaires sont dues au fonclionnemenl de deux assises génératrices, la zone inlralibérienne ou cambium et la zone libérienne ou phellogène.

Ici, les premiers foyers du cambium apparaissent entre les Ilots de liber et de bois primaire, et débordent à droite et à gauche; en se réunissant, ils formeni dés le principe un manchon circulaire bien régulier, alors que dans la racine, par suite de la position relative du bois et du liber, le cambium s'infléchit d'abord vers le

centre pour laisser en dehors le liber frimaire. Quand

Fig. ii3. — Coupe transv«rsiilc d'une Jeune ti^c de lupiu (d'aprfts Ilérail). tp, ipiderme ; «I. stamute ; pc, parenchyme carlical ; end, eododernie : per, pÉricycle; I, liber; b, bois; r, m, rayon méduMaire; m, moelle.

au printemps, on écorce une tige, la matière visqueuse

qu'on trouve entre le bois et f'écorce, est fournie par le protoplasma du cambium. Le cambJum produit du bois secondaire sur sa face interne, et du liber secondaire sur sa face externe {fig. 114).

Fig. 114. — Slruclure d'une tige âgée de trois ans (d'après raimrntier).

Dois. — Dans une lige vivace, les zones génératrices demeurent inaclives pendant l'hiver, et recommencent à fonctionner au printemps.

Comme dans la racine, le nombre des couches concentriques du bois permet donc de déterminer l'âge de la plante.

'Dans une couche annuelle, on remarque que la partie la plus interne, celle qui se forme au printemps {bois de printemps), possède des fibres moins épaisses et des vaisseaux de plus gros calibre que le bois qui se forme à la fin de la saison (bois d'aulomne) (fig. 1 15).

11 s'ensuit que le bois d'automne est de meilleure

qualiléque le boîs de printemps. Les planches de sapin exposées à lairprésenlent bienkôt une surface rugueuse;

P, périderme, l'cpiderme Bubsiile, mais U esl rompu sur un paipl; Ph liber; C, cambjiiin ^ JB, bois formé par Iroïa co.icUes concentrique aunuelles: le bois de priulemps se dUlingue par se> grands vaisseaui

les saillies correspondent au bois d'automne, les creux, au bois de printemps moins résistant.

Dans le chûne et les autres essences feuillues, la couche de printemps conserve une épaisseur conslanie ; U puissance de la couche d'automne est au contraire

l,iertb,G00^k'

HORPBOLOGIE INTERNE. 163

subordonnée à la nature du sol où l'arbre se nourrit et aux influences atmosphériques; il en résulte que, dans les arbres de celle catégorie, plus les coucties annuelles sont épaisses, c'est-à-dire plus la croissance a été rapide, plus leur valeur industrielle est considérable.

Dans les conifères, au contraire, l'épaisseur de la couche de printemps est variable, tandis que celle d'automne reste constante ; ici, il faudra donc choisir les pieds venus dans un sol de mauvaise qualité et sous un climat rigoureux, si l'on désire un bois dur, élastique, où le bois de printemps soit en très faible proportion. Les pins des régions froides sont les plus estimés; presque lous les mâts des grands vaisseaux se tirent des foréls de la Suède et de la Norvège. L'élaslicilé D'est pas leur seule qualité : ils sont très grands et parfailemeat droits. Ceux de DOS montagnes ont une tige un peu tourmentée par la neige qui s'accumule en masse sur les branches, alors que dans les pays du Nord,où la température s'abaisse davantage , elle tombe en poussière et n'est pas retenue par les branches.

Les conifères si vigOU- pj„ ,,g coupe Iransversalt il un reUX qu'on rencontre cii^nt rouvre âgé de trente-seplona

dans les parcs fertiles, ^^'""■'^"' 3'=°"*^''" snnudies de

ne peuvent servir que

pour le chauffage, à ..V-T-iiT: "™%'Sw""."'."

causedeleur croissance m, moelle.

trop rapide.

En vieillissant, les fibres s'incrustent de lignine et leur couleur se fonce. L'ensemble des couches concentriques les plus anciennes, caractérisées par leur cou-

leur foncée, por le le nom de caiar duhois, bois parfait ou duramen (fig. 1 16) ; la zone extérieure blanchâtre s'appelle bois imparfait ou aubier. L'aubier fournil des fibres moins incruslées et plus riebes en matières altérables que le duramen, aussi possède-t-il une moindre valeur.

A mesure que le bois et le liber secondaire gagnent en largeur et en épaisseur, ils sont partagés par des lames de parenchyme dirigées de la péripbérie vers le centre, disposition qui leur a fait donner le nom de rayons médullaires. Les plus anciens rayons relient la moelle au péricycle, séparent les faisceaux dans toute leur épaisseur : ce sont les grands rayons ou rayons médullaires primaires ; ceux qui se forment plus lard, les rayons médullaires secondaires ou petits rayons s'élendent des différentes couches de bois secondaire aux couches de liber de même âge. Les maillures des ébénistes sont formées par des rayons médullaires; c'est pour en augmenter l'étendue, qu'on scie les bois de prix dans le sens rayonnant.

Les veinures résultent des différences d'aspect que présente le bois â la limite de deux couches annuelles. Elles donnent une grande valeur au nojer et aux broussins, aux loupes, excroissances qui apparaissent ordinairement à la suite des élagages.

Liber. — Les fibres textiles du chanvre, du lin, de la ramie, celles de l'écorce de tilleul, d'osier, de saule qui font employer ces écorces f our la fabrication des liena, sont des fibres libériennes. Moins incrustées que les fibres du bois, elles sont plus souples et plus élastiques; elles se divisent en minces feuillets qui rappellent ceux d'un livre. C'est de là précisément que vient le uom de liber, terme qui en latin signifie livre {fig. 1 17).

Liège. — Le liège de la tige est particulièrement intéressant à étudier. 11 provient, comme celui delà racine, de l'acliviléde la zone génératrice extralibérienne ou phellogëne.

Dans la plupart dos espèces, le liège de la tige s& fendille et tombe.

MORPHOLOGIE INTtRNE. 165

Il prend parfois naissance assez avanl dans l'écorce, jusque dans le liber, isolant ainsi des fibres, des vaisseaux; ces éléments ne recevanl plus de nourriture.

Fig. 117. — Coupe loDgitudinalc et coupe Iransvcraale d'un rameau de

0, caisseau du bois; b, bois ; r. combium ; fl. fibres libérieunea; vg, vaisseaui criblés; cr, crialaui-

puisque le liège est un tissu mort, meurent à leur tour; dans ce cas, ou bien l'écorce se crevasse {chêne, pommier, pin), ou bien il se détache en plaques (platanes, vignes). A ce tissu mortifié, composé de liège et d'autres tissus, on donne le nom de faux UègeoM rhyfidome. C'est dans le chêne-liège seulement, que le liège est

JSe TIGE.

assez homogène et assez aboadanl pour devenir l'objet d'une exploitation industrielle.

On le lève pour la première fois lorsque les arbres ont environ C'.SO de circonférence ; ce liège, appelé liège mâle, est grossier et de mauvaise qualité. Celui qui se forme plus tard est désigné sous le nom de liège femelle. On l'explore de temps en temps avec un poinçon, et on le lève quand il a atteint une épaisseur suffisante. L'opération se fait du I" juin au l" août. L'enveloppe herbacée, que les ouvriers appellent le lard ou la mère, n'est pas autre chose que le phellogène. II va de soi que la mère ne doit pas élre endommagée; cependant, on y pratique des incisions longitudinales afin d'obtenir un hège non fendillé. Ce sont les arbres les plus âgés qui produisent le liège de qualité supérieure. D'après ce que nous savons, il suftit de compter le nombre des couches de liège qui recouvrent un arbre soumis à une exploitalion régulière, pour savoir exactement combien d'années se sont écoulées depuis la dernière récolte.

Lenlicelles. — Sur les tiges, et sur la plupart des racines, on aper<:oil quelquefois des petites taches arrondies ou elliptiques appelées lenlicelles.

Les lenticellcs sont formées de cellules arrondies {/tg. 118 et 119), faiblement subérifiées , supportées par d'autres plus aplaties, rappelant davantage les cellules subéreuses. Elles prennent naissance sous les stomates ; en se multipliant, elles remplissent la chambre sous-stomatique, soulèvent et déchirent l'épiderme et l'ont hernie au dehors.

Plus perméables que le liège, les lenlicelles mettent en communication l'air extérieur avec l'atmosphère interne delà lige.

Les arboriculteurs trouvent dans ces productions de bons caractères pour distinguer les variétés d'arbres fruitiers.

Accroissement en longueur. — Les divers tissus que nous venons de rencontrer, résultent de la difTéren-

dation du méristème qui occupe le sominel de la tige

FIg. iiB. - (JneleDiicelle très Jeune de Gureau. c, épiderme; â(, slomale; ce, cellules comblanles; le parenchyme

(sommet végétalif); comme dans la racine (Voy. p. 122), le

Fig. 119. — Une lenticello Irës avancée de sureau. cm, cellules comblanles ayant rompu l'ipiderme e ; es, liège ; c, cambium de la lige.

centre est occupé par trois cellules iniliales superposées

I6B TIGS.

qui, par des cloisonnemeats succeasiTs, donnent naissance à l'épiderme, à l'écorce el au cylindre central.

Nous résumons dans le tableau qui suit les caractères principaux qui différencient la tige delà racine (l).

Racine.

Tige.

Coifte.

Pas de coiffe.

Poils temporaires localisés ver)

Pas de poils temporaires loc

le somiuel.

lises vers le sommet.

Accroissement terminal et inte

calaire.

Pas de feuilles.

Feuilles.

.OnPHOLOOI» .HTERKE.

— Slractart primaire.

Ëcorce épaisse.

Écorce mince.

Assise pi:irère.

Épiderme pourvu de stomates

Écorce tris djfférjnciée.

Écorce peu différenciée.

Faisceaux ligneuï et faisceauï

Faisceaux libéro-ligneui.

libériens alternant.

Boiï centripète.

Bois centrifuge.

Bois forme seulement de vais-

Bois composé de vaiiseaui,

fibres et de cellules.

Initiales profondes.

Initiales superficielles.

Sfracfure

seconds fre.

La tige remplit des fonctions multiples ; elle soulienl les feuilles et les fruits ; quand elle est jeune, elle renferme des cellules verles dans l'écorce, mais celles-ci occupent des surfaces si peu étendues qu'elles contribuent faiblement à Vassimilalion de l'acide carbonique ; les tiges, même les plus ligneuses, renferment, comme les racines, des réserves dans la moelle, dans les rayons médullaires et dans l'écorce; au printemps, la plante

(1) A. Dauuillon, Leçoni éUmenUir

e Botanique.

puise ses premiers alimenls dans les réserves de la lige et de la racine en atlendanl l'apparition des feuilles. Certaines tiges, avons-nous vu, sont de véritables magasins de réserves localisées dans les parencliymes conjonctirs, qui sont devenus prédomiaanLs (tubercules, bulbes, etc.).

La tige, organe conducteur. — Mais le rôle principal de la Lige, c'est de charrier la sève des racines aux feuilles el des feuilles aux différents organes. Déterminons quelle voie elle suil, et comment on peut expliquer l'ascension de l'eau dans des plantes qui atteignent quelquefois des hauteurs considérables.

A. Sève lirute ou ascendante. — On désigne ainsi le liquide tiré du sol parles poils absorbants. A priori, on peut admettre que pour se rendre aux feuilles, la sève suit de préférence la voie la plus facile et la plus directe, c"est-à-dire les longs canaux que nous avons désignes du nom de vaisseaux; c'est ce que confirme l'expérience.

Coupons au printemps, au ras du sol, soit une lige de vigne, soit une tige de clématite de haies, où les vaisseaux du bois sont assez gros pour être visibles à l'œil nu ; essuyons ensuite la branche avec du papier buvard : bientôt on verra perler la sève dans le bois, principalement à l'orifice des vaisseaux.

On peu! encore plonger des haricots très jeunes dans de l'eau colorée par de la fuchsine; après quelques heures, en pratiquant une coupe transversale de la lige, on peut constater au microscope que les vaisseaux du bois seuls sont teintés de rouge.

Quand, dansunejeunetige,onpratique, Fig, 120.- E> à quelques centimètres l'une de l'autre, périence de deux encoches a el fe dépassant la moelle {fig. 120), tous les vaisseaux se trouvent coupés; cependant la plante ne se fane pas, ce qui prouve bien que la sève peut aussi se propager latérale- ScHHiBAUX et Nasot. — Botan- agric. tO

ment, passer à travers les autres éléments du bois; mais à cause des nombreuses cloisons que rencontre la sève, la circulation est évidemment beaucoup moins rapide que dans tes vaisseaux.

Dans les arbres, la sève ne circule que dans l'aubier ; les vaisseaux du duramen sont fermés par ce qu'on a appelé des ihijUes, sortes de vessies provenant du développement des cellules contiguës qui ont fait hernie dans le vaisseau après avoir percé les ponctuations. Causes de l'ascension de la sève brûle. — On en compte trois principales : 1° la pression osmotique des racines ; 2" la transpiration; 3° la capillarité.

1° La pression exercée par le contenu des poils absorbants, chasse celui des cellules voisines et le fait monter de proche en proche. On peut mesurer la pression osmotique en ajustant un tube manomélrique sur une souche de vigne décapitée {fig.

121). La pression atteint parfois une atmosphère, c'est-à-dire que, dans un tube vertical , la sève s'élèverait jusqu'à 10 mètres de hauteur.

2° Lorsque la plante rejette de l'eau dans l'atmosphère, la feuille, l'organe qui est le siège de la transpiration, agit comme une pompe aspirante vis-à-vis de l'eau absorbée par les racines.

3° Les deux causes précédentes ne nous expliquent pas comment la sève peut arriver au sommet des arbres

, souche décapitf retire lorsque la ]

PHYSIOLOGIE DB U TIGB. ITl

qui alleigoent une hauteur de beaucoup supérieure à iO mètres. Ou sait qu'en plongeant un tube capillaire dans un liquide, celui-ci s'élève jusqu'à une certaine hauteur, sans qu'aucune force extérieure intervienne. Les vaisseaux sont aussi des tubes capillaires. De plus, des chapelets de bulles d'air réduisent leur section, ce qui augmente encore l'énergie de la capillarité.

Une expérience imaginée par notre regretté maître, M. Vesque, met en évidence ce phénomène. Dans un tube thermométrique très étroit, à section elliptique, on aspire un liquide coloré en rouge, de façon à réaliser un chapelet de bulles d'air séparées les unes des aulres par une mince couche de liquide; ce résultat obtenu, on plonge la base du lube dans un récipient renfermanl également du liquide rouge et on ferme l'ouverture supérieure avec du plfilre; le liquide s'évapore à la surface du plâtre poreux comme il s'évaporerait dans les feuilles; on voit alors deux filets rouges s'élever te long des parois sans que les bulles d'air se dépiacent. On s'explique que la colonne liquide, interrompue par les bulles d'air, puisse s'élever à des hauteurs considérables.

E, Sève élaborée. — La sève brute, arrivée dans le parenchyme des feuilles, perd de l'eau par transpiration : elle se concentre; d'autre pari, elle se charge des matières organiques fabriquées par la chlorophylle aux dépens de l'acide carbonique de l'air et des matières minérales du sol (nitrate, phosphate, et c j : cette sève, renouvelée par le travail de la cellule, s'appelle la sève élaborée ou sève descendante. La dernière dénomination est inexacte, car si la sève élaborée est le plus souvent descendante, elle devient ascendante quelquefois, quand elle se rend, par exemple, dans un bourgeon terminal, qui, revêtu d'écaillés épaisses, est encore incapable de décomposer l'acide carbonique de l'air.

Quelle est la voie suivie par la sèva ^aborée ?

Quand on détache un anneau d'écorce sur une lige, un petit bourrelet cicatriciel apparaît sur le bord infé-

rieur <Je la plaie ; il se forme, au contraire, pendant le même temps, à la partie supérieure de la blessure, un gros bourrelet garai parfois de racines adventives ; c'est donc que dans cette région l'alimentation a été plus abondanle. Si l'on av:iit laissé une étroite bande d'écorce réunissant les deux bords de la plaie, ou bien si l'on

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avait pratiqué une incision moins profonde respectant le liber, les deux bords de la plaie auraient produit des bourrelets de même épaisseur.

Ces observations démonlrent que c'e^t dans le liber que s'effectue le transport de la sève élaborée, et qu'il a lieu des feuilles aux autres organes. L'expérience démontre que les vaisseaux criblés sont la voie ordinaire suivie par la sève élaborée.

Pendant l'hiver, la Iranspiralion conime la Tonction clilorophyllienne, sont très ralenties; la circulation de -la sève doit donc être aussi très lente, si même elle n'est pas suspendue. Or, à ce moment, les tubes criblés sont précisément bouchés par une substance appelée subslance calleuse [fig. 122) ; ils restent ainsi dans l'inaction jusqu'au printemps, époque à laquelle la substance calleuse disparait pour laisser passer la sève élaborée. De ces notions, dégageons quelques indications pratiques. Dans la vigne, on pratique quelquefois une incision annulaire au-dessous du point d'attache des grappes; la sève descendante dérivée au profit du raisin en favorise le dévelop- ■ peinent (fig. Ii3),

Quand un jeune arbre ■se trouve ewlièrement décortiqué sur une faible longueur de la lige, on relie les deus

bords de la plaie par Fie- izS-- incision annuaire.

de jeunes rameaux

{grefl'e américaine). Il arrive souvent que des arbres ■déjà âgés deviennent souffreteux sans cause apparente; des incisions longitudinales, pénétrant jusqu'à l'écorce, suffisent parfois pour leur rendre toute leur vigueur; cette pratique, bien connue des arboriculteurs, a pour effet de déterminer la formation d'une couche annuelle -composée d'un tissu délicat, capable de laisser circuler la sève avec plus de facilité que le tissu dense produit sous l'inlluence de la pression e.\ercéc par la vieille .écorce.

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