GRAINE ET MULTIPLICATION ^ATURE:LLE
^Voici, pour un épi de blé, les chiffres relevés à la Station d'essais de semences de rinstitut agronomique (1):
Fleura ouvertes les 10 11 1i 13 *J juillet /«/.
Poids moyen des grains correspondanls 43 41 38 33 38 milligrammes.
Le poids moyen des grains va progressivement diminuant.
Nous savons que dans une touffe de blé, les épis sorlenl successivement ; si la règle que nous venoos de formuler est exacte, l'épi sorti le premier, épi n" 1 (épi maître ou mattre-brin], fournira des grains plus lourds que l'épi n° 2, celui-ci, des grains plus lourds que l'épi n° 3 et ainsi de suite.
Dans une grosse touffe, les épis apparus les derniers, les lardiUons, ainsi que les désignent les cultivateurs, ne produisent plus que du grain avorté. C'est ce qui ressort des chiffres suivants se rapportant à une touffe de 5 talles.
Épis n=* .12 3 4 5
Date de l'iipiaison 7 S 8 21 3S juin.
Poids moyen d'un grain 3i 31 S6 17 12 milligrammes.
Notons de plus que le poids des épis décroît dans le même sens que celui des grains :
Épisn»' i S 3 4 s
Poids des grains qu'ils
renrermenl 2Kr005 1^^235 lE^OOS 0B''490 OKraao
De ces observations, il ressort que les plus beaucc épis renferment tes plus beaux grains. Recoller les premiers à part, ou bien extraire les plus gros grains à l'aide de cribles appropriés, sont deux opérations qui conduisent au même résultat.
Avant de livrer le blé au moulin, tes cultivateurs devraient le soumettre à un criblage très énergique et employer comme semences les grains les plus gros.
(1) ScaniBAUx, Contribalion i iaméUoration des plantei cultiviet (Comptes rendus, 1892).
MATURATION DES GHAINES. 333
Cette pratique ne causerait aucun préjudice au meunier, les grains Jes plus gros étant les plus pauvres en gluten, la matière la plus précieuse de la farine.
Dans le blé, les premières fleurs apparaissent au milieu de l'épi, c'est donc là qu'il faut aller chercher les plus gros grains.
Dans l'avoine, la floraison commence au sommet de la panicule et se poursuit progressivement vers la base (floraisoii basipèlé) : c'est donc au sommet qu'on trouve tes grains les meilleurs.
Dans la betterave, dans le chou et autres Crucifères, dans le sainfoin et dans la plupart des autres Légumineuses, la floraison se poursuit de la base de l'inflorescence au sommet (floraison basifuge) ; il n'est pas rare que les fleurs terminales avortent complètement.
Le choix, comme semences, des graines les plus lourdes, constitue un progrès réel sur les habitudes ordinairement suivies ; il ne faut pourtant pas en exa|i;érer l'importance: c'est une méthode de sélection très pratique, à la portée de tous les cultivateurs, mais qui ne laisse point d'être imparfaite. La plupart des gros grains, en effet, ont bénéficié d'une suralimentation de la plante mère ; ils fournissent une génération de plantes vigoureuses, ce qui est sans doute un résultat déjà très appréciable, mais leur influence ne se fera pas sentir sur les générations suivantes; autrement dit, les caractères qui nous les font remarquer, ne sont pas héréditaires ; ceux qui les transmettront à leur descendance et qui représentent les meilleurs étalons, sont l'infime minorité ; il faudrait poursuivre des expériences cullurales pour arriver à les découvrir. Ces expériences de sélection méthodique, très longues et très délicates, ne peuvent guère être entreprises avec fruit dans une exploitation.