I. — Nutrition (Étude spéciale d’une plante phanérogame
Tige : croissance et fonctions de la tige 44
Racine. — Radicelles. — Croissance et fonctions de la racine. 82
Feuille: structure, croissance et fonctions 94
Nutrition en général : plantes à chlorophylle, plantes sans chlorophylle. — Aliments. — Réserves nutritives. — Respiration. 106
II. — Reproduction (Étude spéciale d’une plante phanérogame).
Fleur : enveloppes florales ; structure de l’étamine ; anthère ; pollen ; structure des carpelles; ovule 149
Fécondation et développement 188
Fruit et graine 203
Germination : phénomènes qui l’accompagnent 213
Cryptogames : reproduction et formes alternantes. — Parasitisme 220
PRÉFACE
Nous n’en sommes plus au temps deTournefort,où les seigneurs et les dames de la cour elles-mêmes, entraînés par l’enseignement séduisant de ce grand naturaliste, allaient dans les bois des environs de Paris étudier la Botanique, devenue en quelque sorte une science à la mode. Pourquoi cette aimable science est-elle si négligée de nos jours et ne trouvet-elle plus guère d’adeptes que parmi ceux qui ont quelque prétention au titre de savant ou qui ont besoin de la connaître par devoir professionnel? Sans vouloir sonder la question ou remonter aux causes d’un semblable état de choses, peut-être me sera-t-il permis, tout au moins, d’émettre l’avis que l’abondance et la variété des notions qui sont imposées aux jeunes. gens n’y sont pas étrangères, de sorte que le temps leur suffit à peine pour acquérir une connaissance suffisante des matières dont sont
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chargés leurs programmes, afin d’obtenir, au plus tôt, le diplôme désiré de bachelier, puis de s’enfermer, du moins ceux qui ont le goût du travail, dans les écoles spéciales ou se livrer aux études ardues de quelque carrière laborieuse dont la préparation absorbe tous leurs instants.
Et pourtant, l’étude de l’Histoire naturelle n’est-elle pas des plus propres à reposer l’esprit trop tendu par des travaux souvent exagérés? La Botanique notamment, l’étude des plantes, qui est inséparable de promenades au milieu des champs et des bois, n’est-elle pas la meilleure et la plus saine des distractions que l’on puisse proposer à un jeune homme? Cette intéressante étude, conduite avec intelligence, exerce le corps et l’esprit, tout en les fortifiant et reposant l’un et l’autre à la fois.
Mais, pour la plupart, nous passons à côté des merveilles que la nature généreuse étale à nos yeux, sans y prêter le plus souvent la moindre attention, sans daigner nous baisser pour contempler l’une de ces beautés. Cependant, c’est une phrase comme stéréotypée, que tout dans la nature est merveilleux, que tout a été fait avec nombre, poids et mesure. Mais, grand Dieu! qu’ils sont nombreux ceux qui croient à cette vérité sur la foi des autres, et se trouveraient bien embarrassés d’en faire la démonstration, alors qu’il leur serait facile et si doux de la vérifier par eux-mêmes.
On ne saurait donc trop encourager les jeunes gens à consacrer quelques-uns de leurs loisirs h
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l’étude des choses de la nature. Quelle plus charmante occupation, par exemple, que de considérer une fleur, se rendre compte de sa forme, en examiner attentivement l’une après l’autre, chaque partie, le calice, aux folioles assez épaisses, recouvrant à demi les délicats pétales de la corolle aux couleurs vives et au délicieux parfum qui attirent les insectes, êtres inconscients du rôle souvent considérable qu’ils vont jouer dans la multiplication de la plante, en transportant au moyen de quelque partie de leur corps la fine poussière fécondante qui sort de petites capsules, les anthères, et qui mise au contact d’autres petits corps que la fleur recèle dans son sein et que protègent tous les organes extérieurs artistement disposés autour d’eux, deviendra la graine, en qui se trouve renfermée la promesse d’une génération nouvelle ?
Maintenant, si poursuivant cette étude, au lieu de se contenter de considérer la forme et les relations superficielles de ces organes, le jeune homme aidé d’un instrument grossissant pénètre plus avant dans la connaissance de l’organisation, étudie la structure intime, la délicatesse des tissus, les cellules aux parois si fragiles qui, agencées de différentes façons, forment la charpente [de cet élégant édifice, pourra-t-il ne pas être saisi d’admiration en présence de tant de merveilles accumulées dans de si petits objets?
Que sera-ce encore, si poussant plus loin ses recherches, il s’efforce de surprendre les manifesta-
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lions vitales, les fonctions de cet être auquel la Providence a accordé une sorte de vie, s’il voit les mouvements qui s’accomplissent dans les cellules, la circulation, dans toutes les parties de l’organisme, de certains liquides, sorte de sang que des vaisseaux sont chargés de distribuer; s’il surprend les procédés employés par la Plante pour se nourrir, en empruntant au règne minéral les aliments dont elle a besoin, la voie par laquelle elle les introduit dans son organisme, les métamorphoses physiques et chimiques qu’elle leur fait subir dans l’intimité de ses tissus; comment un petit nombre de principes minéraux, carbone, hydrogène, oxygène, azote, se transforment en cette variété infinie de composés organiques si complexes que renferme la Plante, tels que fécule, sucre, matières grasses, substances albuminoïdes; comment elle amasse dans certains organes des provisions ou réserves nutritives, pour les utiliser à un moment donné; les substances variées qu’elle sécrète et qui, renfermées dans de petites cavités closes ou dans certains canaux, sont souvent recherchées par l’homme pour servir à son alimentation ou à des usages médicaux ou industriels?
Quel que soit le point de vue auquel on se place pour étudier la Botanique, on est sûr d’y trouver un grand charme et souvent une réelle utilité pratique.
Pénétré des idées qui viennent d’être exposées, nous avons composé cet ouvrage où se trouvent réunies les notions élémentaires de la Botanique, avec le désir qu’il ne soit pas, pour tous, seulement
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un Manuel destiné à répondre aux exigences du Baccalauréat, mais, au moins pour quelques-uns, une initiation à la plus aimable des sciences, qu’il en développe le goût et excite en eux le désir de pénétrer plus avant dans sa connaissance.
Le plan que nous avons suivi est des plus naturels, et celui qui paraît le mieux convenir aux ouvrages didactiques qui ont pour objet les sciences expérimentales. Procédant du simple au composé, nous considérons d’abord les parties élémentaires des Végétaux, qui tous ont pour point de départ la Cellule, dont nous étudions la composition et les transformations qu’elle peut subir. Passant ensuite à l’étude des substances contenues dans les cellules végétales, nous passons en revue les principales, aussi bien celles qui jouent un rôle dans la nutrition de la Plante et doivent être entraînées, à un moment donné, dans le tourbillon vital, que celles qui constituent des matières d’excrétion et qui ne paraissent plus devoir jouer aucun rôle dans la vie de l’organisme. De l’étude des éléments anatomiques et des tissus qu’ils forment, passant aux organes, nous examinons d’abord ceux qui concourent à la nutrition, à savoir la Tige, la Racine, les Feuilles, pour aborder, aussitôt après, l’étude de leurs fonctions. On remarquera que celles-ci portent les mêmes noms que ceux employés à propos des Animaux; c’est qu’en effet, comme on va le dire dans les pages suivantes, les procédés mis en œuvre et les résultats obtenus sont très comparables à ceux que nous
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offrent ces derniers. Passant alors aux organes qui servent à la reproduction de la Plante, c’est-à-dire à la Fleur, nous en indiquons brièvement la composition, la structure, afin de pouvoir suivre les phénomènes intimes qui précèdent ou qui accompagnent la formation du Fruit et de la Graine. L’exposé de ces mêmes phénomènes considérés chez les organismes végétaux les plus inférieurs termine cette étude en nous réservant de véritables surprises par leur singulière et merveilleuse complexité. La question si importante du Parasitisme chez les Végétaux sera ensuite rapidement traitée. Enfin, quelques considérations sur les mouvements partiels ou d’ensemble offerts par les végétaux compléteront l’ouvrage.
Ainsi aurons-nous passé en revue les traits principaux de la vie des Plantes, dont les notions d’anatomie acquises chemin faisant faciliteront singulièrement l’intelligence.
Angers , 6 janvier 1886.
INTRODUCTION