PRODUITS DES GLANDES
ne se forment que par la trituration des organes qui les contiennent : ainsi celle d’amandes amères, qui résulte du mélange de deux principes naturellement séparés dans la graine.
Les oléo-résines résultent du mélange d’une résine et oiéo-résines. d’une essence. On peut citer comme types : les térébenthines, qui découlent d’incisions pratiquées sur la tige de plusieurs espèces de Conifères, Mélèze, Pin, Sapin, etc., dans le bois et l’écorce desquels se trouvent accumulés les organes sécréteurs. La distillation de la térébenthine donne l’essence de ce nom et une résine, la colophane; citons encore l’oléo-résine désignée à tort sous le nom de baume de la Mecque ou de Judée, qui découle du Baumier de la Mecque, la térébenthine de Chio , celle de Copahu, improprement appelée baume de Copahu.
Les résines sont des corps solides à la température ordi- Résines, naire, plus ou moins friables, à cassure vitreuse et d’odeur plus ou moins forte; nous nous contenterons d’en indiquer quelques-unes : la résine de gaïac , la résine mastic , fournie par le Pistachier lentisque, de la région méditerranéenne, et qui s’en écoule sous forme de larmes, à la suite de légères incisions du tronc et des branches * les Orientaux s’en servent comme masticatoire, pour parfumer l’haleine, fortifier les gencives et blanchir les dents, d’où son nom de mastic; la résine copals ou résine animée , produite par des plantes de la famille des Légumineuses, et qui sert à la fabrication de vernis siccatifs; la sandaraque , que fournit une espèce de Conifère du nord de l’Afrique, employée dans les vernis et pour rendre du corps au papier aminci par le grattoir;
\q jalap, utilisé en médecine comme purgatif.
Les gommes-résines , résultant du mélange de résines et Gommes-résines, de matières gommeuses, sont produites par des plantes herbacées de l’Afrique et de l’Asie. Les principales sont Yasa fcetida , Y opoponax, la gomme ammoniaque , le galbanum , fournis par des plantes de la famille des Ombellifères, la myrrhe et Yoliban , par des Térébinthacées, la gomme-gutte , la scammonée , etc., par d'autres plantes.
Les baumes , enfin, sont des substances complexes, dans Baumes.
lesquelles il entre des résines, des essences et un acide aromatique, tel que l’acide benzoïque ou cinnamique. Les plus employés sont le benjoin , le storax , le liquidambar , le baume de Tolu , le baume du Pérou , etc., qui sont utilisés en médecine et surtout dans la parfumerie.
Latex. — Les vaisseaux laticifères (fig. 17) renferment un suc spécial, le suc propre ou latex , formé de deux parties, un liquide incolore, dans lequel flottent en grand nombre des globules, tantôt incolores et tantôt vivement colorés en rouge, en jaune, en blanc laiteux. La consistance du latex est souvent plus ou moins visqueuse.
On n’est pas bien fixé sur le rôle que joue le latex dans l’économie de la plante. Autrefois on lui a attribué une importance considérable au point de vue de la nutrition. On croit généralement qu’il peut être repris par les cellules et concourir à l’alimentation ou à la calorification de la plante. Toutefois, dans un certain nombre de cas il paraît n’êlre plutôt qu’un produit excrémentitiel.
Il contient des substances très variables, qui diffèrent suivant les espèces végétales, et dont un grand nombre sont utilisées à des usages industriels ou médicaux, quelquefois même alimentaires; beaucoup renferment des poisons violents. Nous citerons quelques-uns des plus importants.
Le latex du Pavot somnifère blanc constitue l 'opium; pour l’obtenir on incise superficiellement le fruit de la plante ou capsule; il s’en écoule un liquide laiteux qui se concrète en larmes que l’on recueille avec soin ; celui de la Laitue, fourni par des incisions pratiquées au sommet de la tige, est connu sous le nom de lactucarium.
Le caoutchouc se rencontre dans le latex d’un assez grand nombre de plantes de l’Amérique du sud, de l’Inde et de l’Afrique; on l’obtient en faisant des incisions qui traversent toute l’épaisseur de l’écorce; la gutta-percha est le suc desséché d’un grand arbre de la Malaisie, Ylsonandra gutta ; on l’obtient au moyen d’incisions faites sur le tronc.
Parmi les plantes qui fournissent un latex alimentaire, citons le Galactodendron utile ou Yarbre à la vache , de
LATEX
r Amérique, dont le latex, semblable à du lait, en possède les propriétés nutritives ; le Papaya carica , dont le latex contient une substance azotée, \& papaïne, de même composition chimique que la pepsine retirée du suc gastrique des animaux, et qui, comme elle, a la propriété de digérer les substances albuminoïdes; aussi l’administre-t-on comme la pepsine aux personnes dont la digestion se fait mal.
Certaines plantes très utiles au point de vue alimentaire, telles que les Maniocs, qui donnent la cassave et le tapioca , sécrètent un suc propre très vénéneux, dont il faut avoir soin de débarrasser la fécule, sous peine d’empoisonnement ; les Euphorbiacées en général, même celles de notre pays, renferment un suc très âcre et qui peut donner lieu à des accidents.
Le latex de YUpas antiar et de plusieurs plantes voisines est très toxique et sert aux Indiens à empoisonner leurs flèches; celui qui s’écoule de plusieurs Champignons de notre pays est le plus souvent nuisible, mais il y a des exceptions, certains Champignons laiteux étant comestibles.
Enfin le latex peut contenir des résines, des baumes, du tannin, etc., ce qui ne doit pas surprendre, puisque, comme on l’a vu plus haut, il existe une série de formations intermédiaires entre les laticifères proprement dits et les appareils glandulaires chargés d’ordinaire de la sécrétion de ces substances.