ORGANES SÉCRÉTEURS
visqueux, et encore les glandes pédiculées si répandues à la surface des feuilles des plantes dites carnivores. (Yoy. Chap. vu. Digestion.)
Les glandes profondes, situées dans l’épaisseur des feuilles, des organes floraux, de la tige ou des fruits, sont extrêmement variables de forme et de structure.
Les unes sont formées d’une cellule unique, mais plus souvent d’un petit groupe de cellules, dans l’intérieur desquelles s’accumule le produit élaboré ; souvent ces cellules éclatent et se déchirent, et il en résulte une petite cavité commune remplie du liquide sécrété, comme c’est le cas
des glandes des fruits du Citronnier, de l’Oranger. D’autres fois, les cellules sécrétantes sont disposées autour d’une cavité centrale ou petite poche, qui peut être arrondie, comme c’est le csa des Conifères, ou allongée en forme d’un petit canal, comme cela se voit dans le fruit des Ombellifères, où les glandes ont reçu pour cette raison le nom de bandelettes. Les cellules glandulaires ont elles-mêmes une forme allongée, et sont disposées en files superposées; les cloisons intermédiaires se résorbent ; on a alors de véritables canaux sécréteurs , qui conduisent par des transitions insensibles jusqu’à la structure des vaisseaux laticifères.
Le plus souvent, le produit de sécrétion reste enfermé dans les tissus et ne sort pas à l’extérieur, mais il y a un assez grand nombre d’exceptions; ainsi les glandes stigmatiques du pistil, celles des bourgeons, laissent échapper un liquide visqueux qui, dans le premier cas, relient
Fig. 32. — Glande huileuse de l’ovaire du Metrosideros buxifolia coupé en travers et grossi 300 f. ; e, épiderme; p, parenchyme; w, paroi interne de la glande ; t, grosse goutte d’huile; k, cristaux; a, grains d’amidon.
Glandes profondes .
Essences.
les grains de pollen, et dans le second cas sert de vernis protecteur ; les nectaires, dont la plupart des fleurs sont pourvues, laissent écouler leur sécrétion au fond de cellesci, où elle attire les insectes ; de même, les glandes des plantes dites carnivores laissent exsuder un liquide qui s’accumule comme une petite perle à leur extrémité. Tantôt la sortie de la sécrétion se fait par simple exhalation à travers la paroi cellulaire et tantôt par déchirure ou destruction de celle-ci.
Produits de la sécrétion des glandes. — Les organes sécréteurs qui viennent d’être étudiés donnent naissance à des produits très divers, le plus souvent liquides, quelquefois solides, presque toujours aromatiques et chimiquement formés de carbone et d’hydrogène. Mais la plupart d’entre eux, aussitôt formés, prennent de l’oxygène et absorbent de l’eau, de sorte que la combinaison primitivement binaire devient ternaire : le carbure d’hydrogène devient un hydrate de carbone. Ces produits portent le nom d’essences, d'oléo résines, de résines , de gommes-résines et de baumes.
Les essences n’ont aucun rapport, malgré les noms d'huiles volatiles, d'huiles essentielles qu’on leur donne souvent, avec les substances grasses. Toutes sont liquides à la température ordinaire, à une exception près, le Camphre. Elles résultent du mélange de deux principes, ou si l’on veut, de deux huiles essentielles distinctes, dont l’une est cristal lisable ( stéaroptène ) et dont l’autre reste toujours liquide ( éléoptène ). À la longue, elles s’altèrent à l’air et à la lumière, s’oxydent et se résinifient. Citons parmi les principales essences : celles de Rose, de Laurier, le camphre du Japon, qui se forment dans le parenchyme des feuilles; celles de Thym, d’Hysope et d’un grand nombre de Labiées, qui se forment à l’intérieur de cellules très superficielles ou de poils épidermiques; les essences d’Anis, de Coriandre, de Fenouil, fournies par les fruits de ces plantes ; celles de Cannelle, le camphre de Bornéo, élaboré dans la tige et les rameaux.
On les obtient par pression ou distillation; quelques-unes