ÉTUI MÉDULLAIRE
Quant aux lignes rayonnantes qui s’étendent de la moelle à l’écorce, ce sont les rayons médullaires, restes du tissu dans lequel se sont développés les faisceaux vasculaires qui constituent la plus grande partie du bois.
Ajoutons qu’assez souvent la masse du bois est en outre cœur du bois nettement divisée en deux régions distinctes, les zones inté- et Aubierrieures étant d’une couleur plus sombre, d’un tissu plus serré, plus dur; celles de l’extérieur ayant une nuance plus claire, un tissu bien moins résistant. Les premières, qui sont formées depuis plus longtemps, constituent le duramen ou coeur du bois , tandis que les autres, de formation plus récente, constituent Yaubier. Le Chêne présente d’une façon très nette cette distinction en aubier et en duramen; dans la bonne menuiserie on n’emploie que cette dernière partie. Lorsque l’arbre est jeune, la quantité d’aubier est en beaucoup plus grande proportion que plus tard ; aussi convient-il de n’abattre les chênes que lorsqu’ils ont au moins 100 ou 150 ans.
Le bois se compose de fibres et de vaisseaux . Les pre- Fibres ct mières offrent les caractères que nous savons appartenir à Vaisbo“sux du celles du liber, c’est-à-dire, qu’elles ont la forme de tubes étroits terminés en pointe, soudés les uns aux autres et anastomosés pour former des réseaux (fig. 14 et 49). Elles peuvent présenter les ponctuations ou les épaississements variés décrits plus haut; enfin elles s’incrustent de ligneux et deviennent très résistantes.
Les seconds, épars au milieu des fibres, sont ponctués ou rayés ou quelquefois annelés. Avec le temps, leurs parois d’abord minces s’épaississent et leur calibre diminue par suite du dépôt du ligneux qui leur donne une grande consistance, en même temps qu’une couleur plus foncée.
2° Etui médullaire. — C’est la partie la plus interne du bois, celle qui entoure immédiatement la moelle. Des carac-
activité, laquelle va en se ra lentissant, pour être bientôt suivie d’une période de repos. Cependant, même dans ces pays, toutes les plantes n’en sont pas pourvues. Dans les pays chauds, la végétation ne subis sant pas d’arrêt, le bois ne forme qu’une masse homogène.
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tères très nets la distinguent du reste du système ligneux. Elle offre, en effet, des éléments spéciaux, à savoir, des vaisseaux annelés, que nous avons vus exister rarement dans le reste du bois, mais surtout des vaisseaux spiralés ou trachées à spire déroulable, que Ton rencontre uniquement dans celte région de la tige.
3° Rayons médullaires. — Comme il a été déjà dit, ce sont les restes du tissu cellulaire ou parenchyme, dans lequel se sont développés les éléments du bois, qui constituent les rayons médullaires. Refoulé de plus en plus, le tissu cellulaire se trouve réduit à l’état de minces cloisons interposées entre ces éléments. Les unes sont plus longues et traversent toute l’épaisseur du bois; les autres, plus courtes, ne comprennent qu’un nombre variable de zones ligneuses, mais partent toujours des plus extérieures pour s’avancer plus ou moins loin vers le centre.
Les cellules constituantes des rayons médullaires sont allongées de dedans en dehors (fig. 47, h), contrairement aux cellules des autres parties de la tige qui sont allongées dans le sens transversal ; leur forme est généralement quadrilatère.
4° Moelle. — Partie la plus interne de la tige, la moelle est formée de cellules ordinairement hexagonales, remplies de suc et souvent colorées en vert dans les jeunes rameaux ; mais bientôt, par suite des progrès de la végétation, tous les sucs dont elle est gorgée sont employés au développement des feuilles et des fleurs, et dès lors ses cellules constituantes sont desséchées, vides et décolorées. Souvent même, ces cellules se rompent, de larges cavités sont creusées au milieu d’elles, et les débris de la moelle ne se voient plus que sur le pourtour de l’étui médullaire.
La moelle renferme à l’état jeune, comme il a été dit, des substances diverses, dont plusieurs sont extraites par l’industrie, qui les fait servirà notre alimentation, ou à d’autres usages. Ainsi plusieurs sortes de féculcsdu commerce ont cctle
DÉVELOPPEMENT DE LA TIGE
provenance ; la plus commune de toutes, celle de la Pomme de terre, n'a pas une autre origine. Les tubercules de cette plante sont des tiges souterraines dont la moelle énormément développée est remplie de fécule. Le papier de riz , d’une texture si fine et d’une éclatante blancheur, qui nous vient de Chine, et qui est employé à la fabrication de fleurs artificielles ou de petites images peintes, n’est autre chose que des lames de moelle d’une plante de ce pays, YAralia papyrifera.
Développement et Accroissement de la Tige.
Développement de la tige. — Pour compléter les notions précédentes et avoir une idée d’ensemble de la composition d’une tige dicotylédone, il reste à voir comment se développent les parties qui la constituent.
Fig. 52. — Portion d’une coupe transversale du sommet d’une tige ( Rliipsalis ) (gross. 300); e, épiderme surmonté de la cuticule; p, parenchyme herbacé; c, cellules prosenchymateuses ou libres ; g, vaisseaux ; /, l, lacunes intercellulaire^.
Si l’on prend un rameau en voie de formation et qu’on y pratique une coupe transversale (fig. 52), on remarque qu’il se compose d’abord de cellules ayant toutes uniquement le même aspect. Puis, celles de la périphérie
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s’aplatissent et prennent peu à peu les caractères d’un épiderme (e); au-dessous de celles-ci se reconnaît une zone
de cellules assez irrégulières et entremêlées de méats (1,1): c'est le parenchyme cortical . Plus en dedans apparaissent régulièrement disséminées dans la masse cellulaire, sur un même cercle, de petites taches plus sombres qui sont les faisceaux fibro-vasculaires (fig. 52; 53, A. et 53, B); leur forme estcelle d’un triangle dont la pointe est tournée du côté du centre; la partie extérieure de chacun d’eux est formée de fibres, première indication du liber y tandis que la partie centrale comprend des fibres et des vaisseaux, ceux qui occupent l’extrême pointe du triangle étant des trachées déroulables; ainsi débutent les faisceaux du bois proprement dit. Entre ces deux ordres de faisceaux du liber et du bois, se trouve une étroite zone génératrice , produisant du bois du côté interne, du liber du côté externe, et destinée à former de nouveaux faisceaux intercalés entre les faisceaux primitifs qui viennent d’être étudiés.
Il peut arriver que le cambium se transforme complètement en fibres ou en vaisseaux ; dès lors, le faisceau ne pouvant plus s’accroître est dit fermé (fig. 57), par opposition à celui dans lequel le cambium persiste et tend à augmenter continuellement l’épaisseur du faisceau fibro-vasculaire qui mérite le nom d 'ouvert (fig. 53, B). Le premier cas, qui se rencontre exceptionnellement chez les Dicotylédones, est général chez les Monocolylédones et les Cryptogames.
Fig. 53, A. — Coupe transversale d’une jeune tige de Dicotylédone (. Kerria japonica). En dedans de l’épiderme et du parenchyme herbacé (r) se voient de nombreux faisceaux (g) encore isolés les uns des autres, disposés sur une ligne circulaire et présentant chacun le liber en dehors, puis le cambium ou zone génératrice, enfin des vaisseaux en dedans ; s, rayons médullaires ; tu, moelle.
DÉVELOPPEMENT DE LA TIGE
Les petites masses fibro-vasculaires sont d’abord séparées par de larges espaces de tissu cellulaire, qui diminuent peu à peu par suite de la formation de nouveaux faisceaux
Fig. 53, B. — Coupe transversale d’un faisceau libéro-ligneux très grossi de la fig. 53, A; e, épiderme, recouvert d’une cuticule épaisse ; rp, parenchyme herbacé; k, assise de cellules formant une zone de séparation entre ce parenchyme et le faisceau libéro-ligneux ; n, i, o, éléments fibreux et cellulaires de la partie libérienne du faisceau ; b, b, cambium ; h, g, x, libres et vaisseaux de la partie ligneuse du faisceau; m, m, moelle; s , s, prolongements de la moelle entre les faisceaux, origine des rayons médullaires.
TIGE
Accroissemcrt en largeur.
Accroissement en hauteur
et qui, de plus en plus refoulés, finiront par ne plus former que d’étroites traînées de cellules rayonnant du centre h la périphérie, lesquelles ne sont autres que les rayons médullaires (fi g. 53, A , et 53, D , s).
Enfin tout à fait au centre se voit la moelle (m), d’abord tormée de cellules qui ne se distinguent pas du reste du tissu cellulaire, mais qui prend un peu plus tard, dès la fin de la première année, les caractères que nous lui avons vus sur une tige plus âgée.
Accroissement de la tige. Bourgeon terminal et Élongation de la tige. — La tige s’accroît en même temps en deux sens, à savoir, suivant son diamètre transversal et suivant sa longueur. Celle qui n’a qu’une durée d’un an produit son accroissement en largeur, comme il a été dit au paragraphe précédent. Mais pour celle qui vit plusieurs années, l’élargissement est dû à l’activité du cambium qui, comme on l’a vu (p. 64), produit chaque année une nouvelle couche de liber en dehors, une nouvelle couche de bois en dedans, de sorte que la zone ligneuse formée la première année se trouve recouverte par une zone nouvelle qui, l’année suivante, sera à son tour recouverte par une troisième. Le nombre de ces zones concentriques permet même de reconnaître sur un arbre scié transversalement l’âge qu’il doit avoir.
Quant à l’accroissement en hauteur ou à l’élongation de la tige et des rameaux, il dépend du développement des bourgeons foliaires qui terminent ces parties.
Les bourgeons des plantes sont de deux sortes: les uns, ovoïdes renflés, volumineux, produisent des fleurs (bourgeons florifères) ; les autres, ovoïdes allongés, plus grêles, produisent des feuilles (bourgeons foliifères ou foliaires); c’est de ces derniers seuls qu’il est question en ce moment.
Un bourgeon foliaire n’est autre chose qu’une tige très raccourcie (fig. 54, 11); portant des appendices, ou feuilles, très rapprochés les uns des autres; le tout est souvent protégé par des écailles, surtout dans les pays froids ou tempérés. Très fréquemment, ces écailles, sortes de feuilles
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avortées, de consistance dure, ligneuse, sont enduites d’un vernis ou garnies d’une épaisse couche de duvet, pour mieux
garantir du froid les parties délicates qu’elles enveloppent.
Ces bourgeons, en effet, 'doivent passer l’hiver dans un état de non activité pour se développer seulement au printemps suivant. Les feuilles rudimentaires qui entrent dans la constitution des bourgeons ont une disposition constante pour une espèce de plantes donnée, souvent même pour un même genre ou une même famille; et ces caractères, désignés sous le nom de ; pré foliation , sont employés à la classification. Elles peuvent, en effet, être pliées'dans le sens de leur longueur ou de leur largeur, plissées à la manière d’un éventail, roulées sur elles-mêmes de différentes façons, etc.
Par l’accroissement et la division de ses cellules, le cône terminal de la tige (fig. 54, II, a) s’allonge et produit au fur et à mesure de nouvelles feuilles sur ses parties latérales, de sorte qu’il ne se trouve jamais à nu, mais au contraire toujours enveloppé de feuilles qui le recouvrent complètement. En même temps, les feuilles de la base du bourgeon s’épanouissent, et l’espace qui sépare deux feuilles superposées constitue ce qu’on appelle un entre-nœud. Il peut se faire que les entre-nœuds une fois dégagés du bourgeon ne s’allongent pas, et les feuilles restent alors très serrées sur la tige. Plus souvent, chaque entre-nœud s’allonge, alors les feuilles sont plus espacées, et la tige s’accroît
Fig. 54. — I, Une branche d’Ormeau avec bourgeons (gr. nat.); II, coupe longitudinale d’un bourgeon. Dans les deux dessins : k, bourgeon ; b , cicatrices foliaires ; a, point ou sommet végétatif; bl, jeunes feuilles; d, écailles.
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d’autant; cette croissance intercalaire, comme on l’appelle, vient donc ajouter ses effets à la croissance terminale, dont il a été précédemment question.
La pousse nouvelle qui résulte de cette évolution du sommet de la tige a une composition identique à celle qui a été indiquée dans l’étude faite sur une tige d’un an, c’està-dire, que l’on trouve : au centre, la moelle, sous forme d’un étroit cylindre dont la hauteur est celle de la nouvelle pousse, puis, en dehors d’elle une couche ligneuse, prolongement de celle qui s’est formée sur toute la longueur de la tige pendant cette même période végétative et qui dépasse, on le comprend, de toute la hauteur de la pousse, la couche ligneuse'de l’année précédente. Il en est de même pour la couche corticale formée en dehors de la zone ligneuse ; il faut remarquer seulement, que la nouvelle formation corticale, dans la partie de la tige située au-dessous de la pousse récente, occupe la portion interne de l'écorce dont elle a repoussé en dehors toutes les couches précédemment formées.