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CHAPITRE V

Feuille.

Définition et caractères des Feuilles : leur position’sur la tige ; mode d’attache ; mode de nervation ; forme du limhe et ses modifications. — Structure des Feuilles : développement et croissance ; épiderme et Stomates; Parenchyme foliaire; Nervures.

Définition. — Les feuilles sont des organes appendiculaires, toujours portés par la tige, ordinairement étalés en forme de lame, de couleur verte, et destinés à jouer un rôle considérable dans les fonctions vitales des plantes.

Fig. 71. — Fleurs de Tilleul (s), avec une feuille transformée en bractée (v). Fig. 7 2. — Feuilles alternes [Prunus avium).

Caractères des feuilles. — Une feuille se compose, en général, de deux parties, le pétiole et le limbe.

CARACTÈRES DES FEUILLES

Le 'pétiole ou pédoncule est Je support de la feuille; il n’existe pas constamment ; quand il manque, la feuille est dite sessile. Sa forme est variable : ordinairement arrondi, d’autres fois aplati, il prend dans quelques circonstances un grand développement ; par exemple, lorsque le limbe

Fig. 73. — Feuilles opposées ( Symphoricarpus racemosus).

Fig. 74. — Feuilles verticillécs ( Asperula odorata ).

fait défaut, il s’élargit et représente à lui seul toute la feuille, comme on le voit dans certains acacias, ce qui lui a valu alors le nom de pliyllode (cpuXXov, feuille, eÎSo;, apparence).

Le limbe ou partie étalée de la feuille offre les plus grandes variations de forme.

Sans entrer dans de grands détails sur les caractères présentés par les feuilles, on rappellera un certain nombre de définitions relatives à leur position sur la lige, h leur mode d’attache, aux nervures, aux particularités offertes par les bords du limbe, etc.

FEUILLE

Position des feuilles sur la tige.

On appelle feuilles caulinaires, celles qui naissent de la portion de lige visible au-dessus du sol ; radicales , celles

Fig. 75. — Feuilles articulées (Citronnier).

qui partent de la portion souterraine de la tige ; florales , celles qui accompagnent les fleurs sans se modifier sensi-

CARACTÈRES DES FEUILLES

blement dans leur forme,par opposition aux bradées (fig. 71), qui sont des feuilles florales transformées en écailles.

Suivant les rapports de position qu’elles offrent entre elles sur la tige on les dit alternes ou opposées (fig. 72 et 73).

Dans le premier cas, une seule feuille naît en un point donné ; dans le second cas , deux feuilles naissent au même niveau, en deux points opposés de la tige. S’il y en a plus de deux à partir du même niveau, trois, quatre, cinq, etc., les feuilles sont dites verticillées (fig. 74) (1).

Mode d'attache des feuilles.

On appelle feuille articulée (fig. 75), celle dont le pétiole présente à sa base un étranglement surmonté d’une sorte

(1) Cette question de la position relative des feuilles sur la tige ou phyllotaxie est traitée avec tout le développement qu’elle comporte dans le cours de la Classe de Cinquième.

Fig. ^G. —Feuilles embrassantes (Roseau).

FEUILLE

de bourrelet; embrassante ou amplexicaiile{{\ ig.43 et 76), celle cjui, avant de s’étaler en un limbe libre et flottant, enveloppe

Fig. 77. — A, Feuille composée (Rosier) avec stipules (a) ; B, Feuilles opposées soudées par leurs bases (Chèvre feuille) ; C, Feuille perfoliée (Buplèvre).

la tige d’une sorte degaîne plus ou moins allongée, cette gaine pouvant être fendue (Graminées), ou entière, c’est-à-dire à

bords soudés(Carex); perfoliée, la feuille réduite à son limbe que semble traverser la tige (fig.77, C); décurrente , celle dont les bords du limbe se prolongent en manière d’ailes le long de la tige.

Mode de nervation.

Les nervures de la feuille ne sont autre chose que les saillies linéaires produites par les faisceaux vasculaires émanés de la tige et qui ont traversé toute la longueur du

CARACTÈRES DES FEUILLES

pétiole; elles se voient surtout à la face inférieure du limbe. Il y a ordinairement dans les Dicotylédones une nervure ou côte médiane , plus grosse, puis des nervures secondaires (fig. Tl, A, B) régulièrement disposées de part et d’autre de

la précédente, des nervures tertiaires (fig. 33, 40, etc.), et la nervation est en réseau. Dans les Monocotylédones la disposition est plus simple : au lieu de se terminer par anastomoses comme les précédentes, les nervures sont, rectinerviées ou curvinerviées parallèles, entre elles, en long (fig. 43), ou en large (fig. 79) ; mais, dans ce dernier cas, à partir d’une côte médiane longitudinale, ou bien elles vont en divergeant à partir de la base du limbe.

Forme du limbe.

Les formes variées du limbe ont valu aux feuilles les nomsd 'ovales, arrondies ou orbiculaires , lancéolées , linéaires , subulèes , sagittées, réniformes , cordi formes, etc., qui s’expli-

FEUILLE

quent d’eux-mêmes; enfin, quand le limbe au lieu de se continuer par son bord avec le pétiole, lui donne insertion vers son milieu (fig. 78), la feuille est dite peltée (pelta, bouclier).

Particularités offertes par les bords du limbe.

La feuille est entière quand le bord du limbe est uni, sans dentelures; dentée, serrée (serra, scie), quand il est découpé en forme de dents un peu recourbées comme celles d’une scie; crénelée, quand les découpures sont larges et obtuses.

Lorsque le limbe est partagé, par des incisions, en lobes distincts, on dit la feuille bifide , trifide,quadrifide, quinquéfide ou multifide, bilobée, trilobée, etc., bipartite, tripartite , etc., ou pinnatiséquée, suivant que les divisions sont peu profondes, vont un peu plus avant, ouatteignent enfin presque la base du limbe. Si les incisions sont irrégulières, la feuille est dite laciniée , et pinnatifide quand les incisions sont profondes et les lobes disposés régulièrement à la façon des folioles d’une feuille composée-pennée ; enfin, palmée, quand elles divisent le limbe en lobes réguliers disposés en rayonnant à partir du sommet du pétiole (Ricin, Vigne, fig. 41). Toutes ces feuilles sont dites simples.

Un degré de plus dans la disposition précédente caractérise les feuilles composées, c’est-à-dire, celles qui sont formées par des lobes ou folioles nettement séparés et distants les uns des autres, tous portés par un pétiole commun ou par autant de pétioles secondaires insérés sur un pétiole primaire (fig. 77, A). Les principales dispositions qu’elles affectent leur valent les noms de feuilles pennées (fig. 37), digitées (fig. 77, A), surdécomposées, les divisions primaires en portant de secondaires. Chacune de ces formes offre plusieurs variétés.

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