CIRCULATION DU PROTOPLASMA ET DU LATEX
tendra à s’augmenter d’année en année, résultat dû manifestement à l’accumulation des sucs nutritifs en ce point, par suite de la difficulté qu’ils trouvent à se frayer un chemin. Les choses iront même au point que le bourrelet cortical finira par surplomber et recouvrir le lien de fer, puis par rejoindre la partie située au-dessous de lui ; de la sorte, le fil de fer finira par être caché entre le bois et l’écorce; c’est là l’explication de la découverte, qui a été faite plusieurs fois, d’objets divers rencontrés dans l’épaisseur même des arbres, tels que clous, cornes de cerf, etc., entièrement masqués par les productions successives de l’écorce.
C’est, en effet, à travers les tissus de la plus grande partie de l’écorce que se fait la descente de la sève, non par les fibres libériennes, dont la paroi est très épaissie, mais par les éléments pourvus de parois minces et ayant un calibre relativement large, surtout les cellules et tubes grillagés si généralement répandus dans l’écorce, et qui méritent pour cela le nom de cellules et de tubes sèveux. (Yoy. p. 63.)
La circulation est particulièrement active dans la région interne de l’écorce, c’est-à-dire, au niveau de la zone génératrice ou cambium, à laquelle elle fournit des matériaux abondants pour la formation des cellules, dont la multiplication répétée donne du bois, d’une part, de l’écorce, de l’autre.
La sève concourt d’ailleurs à la formation de tous les autres éléments de la plante et à l’élaboration des substances diverses qui s’accumulent en elle et forment des dépôts plus ou moins abondants, réserves nutritives qui seront employées pendant la période végétative suivante.
Circulation du Protoplasma et du Latex.— Pour ne rien omettre d’essentiel au point de vue de la circulation des liquides dans la Plante, nous devons rappeler qu’outre le double mouvement d’ascension et de descente de la sève, il existe dans chaque cellule en particulier une véritable circulation, qui a été étudiée au Chapitre 1er, page 5, sous le nom
FONCTIONS DE NUTRITION
de courants protoplasmiques, et à laquelle on donne souvent aussi le nom de rotation ou de gyration du protoplasma. Les poils transparents de certaines plantes, ceux de Tradescantia , notamment, les cellules allongées de la tige des Char a , sont tout particulièrement favorables à ce genre d’observation.
Ajoutons, enfin, qu’il existe dans la plante un autre système circulatoire, qui paraît tout à fait indépendant de celui que nous venons d’étudier longuement; c’est celui des vaisseaux du suc propre ou laticifères , dont la structure a été examinée au Chapitre 1er, page 14, et le liquide qu’ils contiennent, au Chapitre n, page 42. Bornons-nous à dire que ces vaisseaux sont le siège de courants, faciles à observer dans les plantes où le latex est coloré, comme celui de la Chélidoine ou Grande Éclaire, où il est d’un beau jaune. On peut voir alors, que les laticifères sont anastomosés entre eux, de façon à former des réseaux à mailles polygonales ou arrondies. Le latex parcourt chaque maille suivant un mouvement circulaire, mais en passant souvent, en partie, dans les vaisseaux qui appartiennent aux mailles voisines.
Transpiration.
Nature de cette fonction. — La transpiration , qu’on appelle quelquefois, mais à tort, évaporation , est une fonction d’ordre vital et non pas un phémonène purement physique comme serait ce dernier. On en a la preuve dans ce fait, que la plante, tant qu’elle est vivante, exhale beaucoup moins de vapeur d’eau que quand la vie s’est éteinte en elle : ainsi une plante qui vient d’être coupée dégage une bien plus grande quantité d’eau que lorsqu’elle était sur pied.