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CHAPITRE VU

Suite des Fonctions de nutrition.

Respiration et fonction chlorophyllienne. Différences fondamentales entre ces deux fonctions. Étude comparée de la respiration et de la fonction chlorophyllienne. Conséquences de la respiration : production de chaleur; production de lumière. — digestion et assimilation. Parties de la plante où s’opère la digestion. Plantes carnivores. Nature des ferments digestifs. — Assimilation. — Réserves nutritives. — Classification des substances assimilées.

Respiration et Fonction chlorophyllienne .

Différences fondamentales entre ces deux fonctions. — Sous le nom de respiration on a longtemps confondu deux ordres de phénomènes tout à fait différents : l’un consiste dans l'absorption de l’acide carbonique de l'air, dont le carbone reste fixé dans la plante, tandis que l’oxygène retourne dans l’atmosphère; l’autre consiste, au contraire, dans l’absorption et la fixation par la plante de l’oxygène de l’air, et le rejet d'une certaine quantité d’acide carbonique.

La distinction de ces deux fonctions n’est établie avec quelque précision que depuis une époque récente, bien que, depuis assez longtemps, l’observation du rôle joué par les feuilles ait fait soupçonner la vérité. Ainsi, dans la première moitié du xvme siècle, Haies disait : « Les feuilles servent aux végétaux comme les poumons aux animaux. » Priestley observa que des feuilles fraîches plongées dans de l’eau de source et exposées au soleil dégageaient des

FONCTIONS DE NUTRITION

bulles de gaz qu’il reconnut être de l’oxygène (qu’on appelait alors air déphlogistiqué, air vital) ; il en conclut que les plantes purifiaient l’atmosphère pour le rendre respirable aux animaux.

Ingenhouz remarqua que ces mêmes plantes qui, au soleil, purifient l’air, le vicient à l’abri de la lumière, en exhalant un gaz bien différent, l’acide carbonique. Enfin Sénebier montra que l’oxygène dégagé par la plante exposée au soleil est le résultat de la décomposition de l’acide carbonique de l’air ou bien de celui que les racines ont puisé dans le sol.

De ces observations il résulte que les végétaux se comportent vis-à-vis de l’atmosphère de deux façons bien différentes. Dans l’un des cas, en effet, il s’agit d’une fonction d’ordre purement chimique, à savoir la réduction de l’acide carbonique emprunté à l’air ; dans l’autre, une fonction vitale de premier ordre entre en jeu, la respiration proprement dite.

Ce second ordre de phénomènes peut être complètement assimilé à la respiration des animaux, puisqu’il consiste dans l’absorption de l’oxygène de l’air, lequel se combine ensuite dans les tissus mêmes de la plante avec certains principes hydro-carbonés, pour former de l’acide carbonique destiné à être rejeté au dehors (1). d’antaya pas Cette étude montre que l’antagonisme fonctionnel que fonctionne?6 l’on a voulu jadis établir entre les animaux et les plantes e”ttrrÀnimainte n’existe pas en réalité. La respiration des uns et des autres a pour résultat final de vicier l’air atmosphérique en lui prenant de l’oxygène et lui rendant de l’acide carbonique. Mais nous nous hâterons d’ajouter que la composition normale de l’atmosphère est néanmoins maintenue grâce aux végétaux, puisque chez eux, à côté de la respiration proprement dite existe une autre fonction, dont le rôle est de prendre l’acide carbonique de l’air et de rejeter de l’oxygène en échange ; et même l’activité de cette seconde

(1) Yoy. Anatomie et Physiologie animales , par le docteur P. Maisonneuve, 1885, p. 199.

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