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NATURE DES FERMENTS DIGESTIFS

fait s’infléchir, et que du même coup la petite proie est précipitée dans la cavité intérieure qui va être son tombeau. Cette cavité, garnie de prolongements ou poils rameux, est ordinairement pleine d’eau et d’air. On a cru d’abord que le rôle de ces vésicules était de faire flotter la plante; mais depuis on s’est assuré qu’elles n’étaient nullement nécessaires à ce résultat et que leur fonction véritable est de capturer les insectes ; presque toutes, en effet, en contiennent et souvent en grand nombre (5, 8, 10 crustacés, larves, etc.). Ces utricules n’ont pas la propriété, comme les feuilles des plantes examinées jusqu’ici, de digérer les substances animales, qui y ont pénétré ; mais ces substances se décomposent à la longue, et c’est seulement alors, paraît-il, que leur masse est peu à peu absorbée, la décomposition étant sans doute activée par quelque ferment sécrété par les glandes répandues dans les vésicules.

On pourrait allonger la liste des plantes regardées comme carnivores ; les exemples précédemment cités sont les plus frappants et suffisent à faire connaître celte remarquable particularité.

Nature des ferments digestifs. — Nous avons vu que toutes les plantes digèrent dans l’intérieur de leurs cellules, la plupart aussi par l’intermédiaire de leurs racines, quelques-unes par leurs feuilles ou certains organes qui en dérivent. Nous devons étudier maintenant quels sont les agents chimiques de cette digestion. La fonction digestive s’exerçant sur des substances variables, cet agent doit, lui aussi, être différent suivant les cas.

La plante a la propriété de digérer des substances féculentes, des substances sucrées, des substances grasses et des substances albuminoïdes; il y a de même quatre sortes de principes digestifs ou ferments .

Le ferment de l’amidon ou fécule, l’ un des principaux aliments des plantes, est la diastase, que l’on a découverte d’abord dans l’orge en germination. Sous son influence, l’amidon se dédouble en dextrine et en glycose, et finalement en glycose soluble et absorbable; c’est grâce à elle

Diastase, ferment des substances féculentes.

FONCTIONS DE NUTRITION

Ferment

inversif.

Ferment

émulsif.

Pepsine, ferment des substances albuminoïdes,

que le tubercule de pomme de terre en germination digère l'amidon qui le compose presque entièrement, pour le faire servir, une fois modifié, à la nourriture et à l'accroissement des jeunes tiges qui en partent.

Suivant les chimistes, cette diastase végétale ne diffère aucunement de la diastase animale, l’un des éléments importants de la salive, et elle joue chez la Plante le même rôle que dans l’Animal, c’est-à-dire, qu’elle transforme l’amidon, insoluble, en glycose soluble.

Le sucre de canne ou saccharose, c’est-à-dire celui que fournil la tige de la Canne à sucre, la racine de la Betterave, etc., ne peut pas servir directement à la nutrition de la plante; il doit être converti d’abord en sucre de raisin ou glycose et en lévulose (sucre incristallisable), substances qui, mélangées l’une avec l’autre, en proportions égales, constituent le sucre interverti. Le principe qui opère ces changements porte le nom de ferment inversif. La même opération se passe dans le corps des animaux pour transformer de même la saccharose en sucre interverti ; c’est le suc intestinal qui contient ce ferment spécial.

Les substances grasses, aussi bien dans les végétaux que dans les animaux, ne peuvent être absorbées par les cellules si elles n’ont pas été d’abord émulsionnées, c’est-à-dire, divisées en gouttelettes d’une extrême finesse. Si l’on broie, par exemple, des graines oléagineuses dans de l’eau, on voit la matière grasse de celles-ci se diviser en une infinité de globules huileux d’une petitesse incroyable ; ce que l’on produit ainsi artificiellement, une substance particulière l’accomplit naturellement dans la plante, c’est le ferment émulsif. Ce ferment est en même temps saponifiant , c’est-àdire, qu’il dédouble les corps émulsionnés en acides gras et en glycérine, résultat identique à celui que l’on obtient dans la fabrication des savons, d’où le nom de saponification.

Ce même ferment existe dans le suc pancréatique des animaux.

Enfin, les plantes renferment presque toujours une certaine proportion de substances azotées, car elles se nourrissent, en partie, d’aliments albuminoïdes. Mais ces corps

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