ASSIMILATION
ne sont pas directement assimilables et susceptibles de faire définitivement partie de l’organisme végétal ; ils doivent être d’abord assez profondément modifiés, passer à l’état de peptone (1), phénomène d’ailleurs assez mal connu dans son essence. Ce qui est acquis, c’est que ce résultat est dû, dans les plantes, comme dans le tube digestif des animaux, à l’action de la pepsine , ferment de nature azotée, qui existe dans le suc gastrique. Le suc contenu dans les laticifères de certains végétaux renferme de la pepsine ; tel est celui du Papayer ou Carica papaya, dont on a pu l’extraire, et que l’on prescrit comme médicament aux personnes dont la digestion se fait mal, au même titre que la pepsine que l’on retire du suc gastrique des animaux (2). Cette pepsine digère les substances albuminoïdes dansdes cellules des plantes, et c’est à elle que l’on croit devoir rapporter les phénomènes de digestion qui s’opèrent à la surface des feuilles des plantes carnivores. Pour que son action puisse s’exercer, il est nécessaire que les aliments soient mis en présence d’un acide; or nous avons vu que la sécrétion des glandes dont ces feuilles sont pourvues est très nettement acide ; toutes les conditions nécessaires à la digestion des substances azotées ou albuminoïdes se trouvent donc là réunies (3).
Assimilation. — Chez les végétaux comme chez les animaux, l’assimilation est la fonction qui a pour effet de rendre les substances absorbées semblables aux tissus mêmes de l’organisme, afin qu’ils puissent en faire désormais partie intégrante. Elle s’exerce soit sur des substances qui viennent d’être puisées au dehors, soit sur des matériaux introduits depuis un temps variable dans la plante, mais restés jusque-là sans emploi.
(1) Du grec 7C£7rro;, digéré, terme qui signifie que les matières parvenues à cet état sont immédiatement aptes à être absorbées.
(2) La pepsine extraite du Carica papaya , arbre des Moluques et des Antilles, porte le nom spécial de papaïne.
(3) Comparez les notions qui précèdent avec celles qui sont exposées dans le Cours de Zoologie, Anatomie et Physiologie animales, Chap. vu. La substance vivante et ses propriétés , p. 187.
Siège et conditions de l’assimilation.
146 FONCTIONS DE NUTRITION
Le siège de cette fonction est nettement indiqué ; il se trouve dans les feuilles, qui contiennent de la chlorophylle. En outre, cette fonction est caractérisée par une désoxydation énergique, dont on trouve une double preuve dans les deux faits suivants : d’une part, l'activité des cellules à chlorophylle produit un dégagement considérable d’oxygène, et d’autre part, tandis que les aliments puisés au dehors sont extrêmement riches en oxygène, les tissus mêmes des plantes en sont fort pauvres.
Nous savons enfin que les phénomènes d’assimilation ne s’accomplissent que sous l’influence directe des rayons solaires.
Ajoutons, toutefois, qu’une plante renfermée dans un lieu obscur continue à croître; qu’une graine, un tubercule de pomme de terre, placés dans l’endroit le plus sombre, germent, poussent une tige, des feuilles, parfois même des fleurs. C’est qu’il intervient une autre série d’opérations qui s’exercent sur les substances déjà assimilées, mais non employées jusqu’alors à la nutrition de la plante. Ces phénomènes s’accomplissent d’ailleurs également dans les végétaux placés dans les conditions normales. Ces substances, préalablement assimilées dans les cellules chlorophylliennes, peuvent subir des métamorphoses, des changements chimiques plus ou moins complexes, qui les rendent aptes à servir à la nutrition de tels ou tels organes. Ainsi, c’est en vertu d’une opération de ce genre que l’amidon renfermé dans un tubercule de pomme de terre, même placé dans l’obscurité, est employé à la nutrition et au développement des jeunes tiges qui en partent; c’est pourquoi, jusqu’à ce que la réserve nutritive accumulée dans le tubercule soit épuisée, la plante continuera à s’accroître, bien qu’il lui soit impossible de faire des assimilations nouvelles aux dépens de matériaux étrangers, par suite de l’absence de feuilles vertes et d’exposition à la lumière. Mais lorsque cette provision alimentaire sera épuisée, la plante s’arrêtera forcément dans sa croissance et mourra bientôt.
Réserves nutritives. — L’intervalle qui existe entre l’as