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MODIFICATION DES PAROIS DE L’ANTHÈRE

cellule ; il se compose par conséquent, d’une paroi ou membrane d’enveloppe et d’un contenu.

La membrane est double, c’est-à-dire qu’elle comprend deux enveloppes emboîtées l’une dans l’autre, mais ayant des caractères bien différents (fig. 102) : l’interne est molle, très extensible, élastique, c’est Yintine ou endhyménine ; l’externe est résistante, inextensible, pourvue de prolongements ou de dessins variés et seule percée de pores en plus ou moins grand nombre, c’est Yexine ou exhyménine ; cette dernière manque dans certains cas, notamment dans les masses polliniques.

Le contenu du grain de pollen ou la fovilla (1) est composé de protoplasma tenant en suspension différents granules animés de mouvements variés (mouvement brownien), particulièrement des grains d’amidon et aussi des gouttelettes d’huile. Enfin, dans le protoplasma se voit un noyau.

Sous l’influence de la pénétration, par endosmose, d’une certaine quantité de liquide dans l’intérieur du grain de pollen, la fovilla augmente de volume et repousse l’intine, qui passe à travers les pores de l’exine en formant ce qu’on nomme le tube ou boyau pollinique , sur lequel on reviendra au Chapitre de la fécondation des végétaux.

Modification de structure des parois de l’antiiêre. — Tandis que les grains de pollen se forment et grossissent, la paroi de l’anthère, formée de 3 ou 4 couches concentriques de cellules, présente d’importants changements. La couche la plus voisine des utricules polliniques (fig. 100, F, n) se ramollit, devient gélatineuse et finalement se résorbe à mesure que les grains de pollen grossissent.

En dehors de cette zone s’en voit une autre qui va jusqu’à l’épiderme et qui se compose de cellules résistantes, marquées d’épaississements réticulés ou spiralés, et auxquelles on a donné bien à tort le nom de cellules fibreuses (fig. 103 et 104), car nous avons vu dans le premier Chapitre (p. 12), ce qu’il fallait entendre par fibres.

(1) On écrit aussi, et avec plus de raison favilla, mot latin qui signifie fine poussière.

LÀ FLEUR

Enfin, tout à l’extérieur, se voit l’épiderme avec ses stomates (fig. 103, w et 104).

D’après cela, la coupe transversale d’une étamine complètement développée montre donc une couche épidermique, une couche de cellules fibreuses placées sur un, deux,

Fig. 103. — Coupe transversale d’une anthère entièrement développée de la Fritillaire (Fritillaria imperialisj (gross. 15) ; a, connectif ; b, b, loges de l’anthère; c, sillon longitudinal séparant les logettes primitives; d, fente de l’anthère au moment de la déhiscence; e, cavité dont est creusée l’anthère; s, grains de pollen qui la remplissent ; w, paroi de l’anthère.

Fig. 104. — Portion très grossie de la paroi de l’anthère. En dehors, grandes cellules épidermiques ; en dedans, cellules fibreuses.

ou trois rangs, et formant la paroi des logettes , dans lesquelles se trouvent entassés les grains de pollen. Dans la grande majorité des cas, les logettes sont d’abord au nombre de quatre, mais la mince cloison qui sépare les logettes d’un même côté se rompt, et les deux petites cavités communiquent l’une avec l’autre, de sorte que l’anthère n’offre plus en définitive que deux loges et est dite bilocu laire.

Ajoutons que la disposition des cellules fibreuses varie avec le mode de déhiscence ; ainsi dans les anthères dont la déhiscence se fait par des pores terminaux (Bruyère), elles manquent complètement; très souvent elles sont localisées dans certaines régions, par exemple, de chaque côté de la ligne suivant laquelle se fend chaque loge à la maturité du pollen. Aussi s’accorde-t-on généralement à leur attribuer un rôle prépondérant dans le phénomène de la déhiscence.

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