DIAGRAMME ET PLAN DE SYMÉTRIE DE LA FLEUR
bouton. C’est ainsi que dans la fleur de l’Àncolie, où l’on voit un grand nombre d’étamines disposées sur dix rangées
rayonnantes, dont cinq sont opposées aux pétales et cinq alternes avec eux, l’alternance existe en réalité pour les unes comme pour les autres, car si on les étudie dans le bouton, on voit que les étamines de cette fleur sont disposées sur un grand nombre de verticilles, dont le plus extérieur alterne avec les pétales et tous les autres alternent entre eux.
Enfin, faisons remarquer, en terminant, quelques autres circonstances qui font varier d’une façon absolue la symétrie florale ou tout au moins peuvent la masquer à l’œil de l’observateur : telles sont l’augmentation du nombre des pièces d’un verticille par multiplication ou dédoublement ; le Pavot (fig. 95), par exemple, qui n’offre que deux pièces au calice, en a quatre à la corolle, de sorte que la fleur semble asymétrique ; mais il n’en est rien, la corolle étant en réalité formée de deux verticilles, alternant l’un avec l’autre, et l’extérieur avec le calice.
La soudure des pièces d’un même verticille entre elles, l’avortement ou l’atrophie d’une ou plusieurs pièces, ou même la disparition d’un verticille tout entier, sont encore autant de causes qui viennent souvent modifier la symétrie de la fleur.
Diagramme et Plan de symétrie de la fleur. — Les botanistes, pour figurer la position relative des parties d’une fleur, ont adopté, comme on l’a vu déjà, un dessin fort simple, qui se prête à toutes les modifications possibles. C’est ce qu’on appelle un diagramme (1), lequel n’est
Fig. 118. — Diagramme d’une fleur d’Ancolie.
(1) Ataypap.p.a, dessin, figure géométrique.
NOTIONS DE MORPHOLOGIE
autre chose qu’une projection, sur un plan, des verticilles de la fleur, dont chaque partie est représentée par un trait de convention.
Le diagramme d’une fleur de Crassule (fig. 115), déjà citée comme très régulière, offre un premier cercle de lignes en forme de croissant, qui figurent le calice, puis un second concentrique au premier, d’une autre teinte, représentant la corolle ; en dedans de celui-ci, le cercle des étamines, dont les anthères biloculaires sont indiquées ; entre deux étamines voisines se trouvent de petits organes grandulaires (disques) qui sont également figurés par un petit ovale ; enfin au centre du diagramme se voient les loges de l’ovaire, dans l’angle de chacune desquelles se remarquent deux ovules.
Un tel diagramme permet non seulement de reconnaître le mode de préfloraison , c’est-à-dire, la façon dont les organes se recouvrent dans la fleur avant l’épanouissement, le mode d’insertion des différentes parties relativement les unes aux autres, autrement dit, leur situation alterne ou opposée, la direction introrse ou extrorse des étamines, à savoir, si le côté où se fait la déhiscence regarde en dedans ou en dehors^de la fleur, etc.; mais il fait de plus reconnaître, au premier coup d’œil, la symétrie de la fleur,
Fig. 119. — Diagrammes] de fleurs dicotylédones sur le type quatre et sur le type-cinq.
Fig. 120. — Diagramme de fleur monocotylédonc sur le type trois.
c’est-à-dire, dans quelle direction il faut faire passer un plan vertical, pour que la fleur soit divisée en deux parties égales. Dans une fleur, comme celle qui nous sert de type, on peut voir qu’il existe un grand nombre de plans symé-