II. La Symétrie dans la Fleur
Principale loi : Alternance entre les parties de deux vERTiciLLEs voisins. — De même que les feuilles, bien loin d’être placées au hasard sur la tige, sont disposées d’une façon fort régulière,^ les organes floraux, qui en dérivent, occupent aussi sur l’axe raccourci qui les porte des situations toujours subordonnées à certaines règles.
Si l’on prend comme type, pour fixer les idées, une fleur qui,commecelledeCrassule (fig.llo), soitaussi régulière que
Fig. 115. — Diagramme Fig. 116. — Diagramme Fig. 117. — Diagramme
l’une fleur de Crassulc.
l’une fleur de Berbéris.
l’une fleur d’iris.
Fig. 117.
possible et composée de quatre verticilles successifs, qui sont, en allant de dehors en dedans, le calice, la corolle, l’androcée ou l’ensemble des étamines et le pistil ou l’ensemble des carpelles, on voit que les parties de l’un des verticilles, quel qu’il soit, alterne avec les pièces du verticille suivant, c’est-à-dire, que l’insertion d’une pièce quelconque d’un verticille répond à l’intervalle de deux pièces du verticille adjacent. Ainsi, la fleur de Crassule offre un calice de cinq sépales, une corolle de cinq pétales alternant avec les précédents, un androcée de cinq éta-
NOTIONS DE MORPHOLOGIE
Kxceptions à la loi d’alternance.
Circonstances qui masquent la symétrie florale.
mines alternes avec les pétales, et un pistil de cinq carpelles alternant de même avec les étamines.
L "alternance des verticilles successifs, telle est donc la principale loi de la Symétrie florale.
Mais cette loi offre de si nombreuses exceptions, elle est si souvent altérée, qu’il y a en réalité fort peu de fleurs où elle trouve son application entière et absolue. Chez un grand nombre on en observera des exemples partiels: ainsi, dans la plupart des cas, les pétales alternent avec les sépales, tandis qu’en même temps les deux autres verticilles sont opposés ou, comme on dit encore, superposés , entre eux ou par rapport aux pétales, c’est-à-dire, que l’insertion de deux pièces voisines appartenant à des verticilles différents se trouve sur une même ligne qui irait du centre de la fleur à la périphérie.
Il faut remarquer que parfois l’alternance existe, mais se trouve en quelque sorte masquée par des circonstances particulières : c’est ainsi que dans la fleur du Berberis les pétales semblent superposés aux sépales ; mais un examen moins superficiel montre que le calice se compose en réalité de deux verticilles aussi bien que la corolle, et que le verticille intérieur de la corolle alterne avec celui qui est extérieur, celui-ci avec le verticille intérieur du calice, lequel alterne lui-même avec celui qui est le plus en dehors (fig. 116).
L’alternance n’est pas plus absolue pour les carpelles ; c’est ainsi que dans le Lis, la Jacinthe, l’Iris et d’ailleurs dans la plupart des Monocotylédones, les carpelles ou, si l’on veut, les loges de l’ovaire, sont opposés aux sépales extérieurs, tandis que, dans les Dicotylédones, ils sont tantôt alternes et tantôt opposés.
Il arrive même que des plantes appartenant à une même famille naturelle offrent une semblable divergence au point de vue de la situation relative des carpelles et des sépales.
Il ne faut pas oublier, par ailleurs, que la disposition des parties se modifie souvent avec le développement complet de la fleur, de sorte que, si l’on veut être renseigné exactementsurles relations vraies des parties, il faut les considérer avant l’épanouissement de la fleur, c’est-à-dire, dans le