‹ BotaniqueChapitre 88 sur 107 · REPRODUCTION DES MOUSSES · texte numérisé non relu

REPRODUCTION DES MOUSSES

désignés sous le nom de formes ou générations alternantes (1).

On entend par là qu’un individu donne naissance à un autre être qui ne lui ressemble nullement et qui, au bout d’un temps plus ou moins long, donnera à son tour naissance à un nouvel être qui ressemblera au premier et non à celui dont il provient directement. Il en résulte, par conséquent, dans le cycle de développement de ces plantes, une alternance de formes souvent très nettement caractérisée. Dans la règle, l’un des termes de la série doit son origine à une génération sexuée, et l’autre à une génération asexuée. La reproduction des Mousses, des Prêles et des Fougères va nous fournir des exemples du premier cas ; les Champignons nous en présenteront du second.

Reproduction des Mousses. — Les Mousses, qui possèdent, on l’a vu plus haut, des modes si variés de multiplication, se reproduisent surtout par fécondation (fig. 146). Sur des pieds isolés ou sur un même pied se trouvent des anthéridies ou appareil fécondateur et des archégones (àpj$, commencement, y°vo<m naissance), qui renferment des organes analogues aux ovules. L’anthéridie, à son complet développement, a la forme d’un petit corps arrondi ou ovalaire porté sur un court pédicule. Elle est remplie de cellules dont chacune devient un anthérozoïde, sous forme d’un filament enroulé en spirale, avec une extrémité renflée, tandis que l’autre, plus effilée, offre deux longs cils vibratiles. L’archégone a la forme d’une petite bouteille dont la partie supérieure se prolonge en un long col. Dans la cavité intérieure est une grosse cellule, Y oosphère, surmontée de cellules plus petites, qui se dissociant à un moment donné, permettent aux anthérozoïdes de pénétrer jusqu’à la cellule centrale, laquelle, fécondée, devient Yoospore. Celle-ci, au lieu de fournir directement par sa germination

(1) Voyez le Cours de Zoologie, Anatomie et physiologie animales, p. 129.

FORMES ALTERNANTES

une nouvelle Mousse semblable à celle qui a donné naissance à l’oospore, s’accroît sur place considérablement, s'allonge en un filet ou soie (fig. 147, s), dont la croissance force l’archégone à se rompre transversalement vers sa base, de sorte que la soie porte à son sommet la plus grande partie de Tarchégone sous forme d’une coiffe(YV,m), au-dessous de laquelle se trouve ce qu’on appelle le fruit de la Mousse, la capsule (b), où se forment des spores. Celles-ci flottent dans un liquide qui remplit la capsule, sauf sa partie centrale occupée par une petite colonne de tissu solide, la columelle,

Fig. 147. — Fruit et germination des Mousses; I, spore de Ceratodon purpureus , (k)y en voie de germination (gross. G00 fois) ; p, proembryon ; II, tige fructifère de Bryum Warneum (grand, nat); w, rhizoïdes ; c , rameaux feuillus; s, soie; b, fruit; III à VII, capsules ou fruits de différentes espèces de Mousses (gross. 10 fois) : Ceratodon purpureus, Pogonatum nanum , Physcomelrium curvisetum, Cynodontium gracilescens, Racomitrium païens; b, capsule; d, opercule; ni, coiffe; bl, feuilles; s, soie.

qui s’épanouit à sa partie supérieure en une sorte de couvercle ou opercule (d), lequel tombe à un moment donné, de sorte que le fruit a la forme d’une urne , à bords ordinairement dentelés et qui laisse sortir les spores ou séminales. La séminule (I, A:), placée' sur le sol dans des conditions convenables absorbe l’humidité, se gonfle et germe. Mais la nouvelle production n’est pas encore la plante définitive : c’est un protonema ou proembryon ( p ), composé de filaments plus

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