PHÉNOMÈNES DE MOUVEMENT CHEZ LES VÉGÉTAUX
de végétaux inférieurs ou de leurs corpuscules reproducteurs que Ton voit nager avec agilité dans un liquide, ou bien d’espèces d’une organisation plus élevée, enfonçant avec persistance leur racine vers le centre de la terre, au lieu de la diriger vers l’atmosphère, l’inclinant vers un endroit humide pour s’écarter d’un point plus aride, etc., dans ces différents cas, il est impossible d’admettre l’exercice d’une volonté et l’existence d’une sensibilité proprement dite, sentie, si l’on peut ainsi parler. Les agents extérieurs, lumière, chaleur, oxygène, etc., agissent sur la substance vivante de ces organismes, sur leur protoplasma, et y déterminent une réaction, d’ailleurs encore assez mal expliquée, mais qu’assurément on ne peut caractériser du nom de sensation.
Les mouvements exécutés par les végétaux sont de deux ordres, les uns généraux, les autres partiels. Dans le premier cas, la plante se déplace en totalité ; on en rencontre de nombreux exemples dans les espèces les plus inférieures. Dans le second cas, ce sont seulement certaines parties qui subissent des changements dans leur direction, comme un grand nombre de végétaux d’organisation plus parfaite nous en fournissent des exemples. Nous allons étudier successivement les uns et les autres.
Mouvements exécutés par les Végétaux inférieurs. — Un grand nombre d’organismes inférieurs, que l’on croit devoir ranger dans le règne végétal, auquel ils appartiennent bien, en réalité, par l’ensemble de leurs propriétés, jouissent d’une locomotilité très marquée. Ainsi, sur le tan ou tannée, dont se servent les corroyeurs pour apprêter les cuirs, on rencontre souvent des masses larges de plusieurs décimètres et épaisses de quelques centimètres, qui se déplacent en rampant et peuvent monter même le long de parois verticales. Ce sont les Myxomycètes, sortes de Champignons muqueux, d’organisation très simple, formés d’un protoplasma très actif, qui émet des espèces de bras ou pseudopodes, servant à fournir des points d’appui à l’organisme, pour permettre à toute la masse de se déplacer.