‹ BotticelliChapitre 35 sur 42 · Vasari, t. III, p · texte numérisé non relu

Vasari, t. III, p

2. Sur les dessins de Botticelli, cf. Berenson, The drawings of Florentine painters, t. I, p. 60-66 et pi. 40-44. Le catalogue raisonné des dessins du maître se trouve au tome II, p. 28.

i5o LES MAITRES DE L'ART

soient, ne nous apprennent au fond rien de bien nouveau sur la manière de l'artiste. On y trouve la même grâce rêveuse, le même raffinement subtil, le même traitement des draperies, la même beauté de la ligne enfin, que nous avons bien des fois déjà signalés dans les peintures de Botticelli. Il serait donc assez superflu de nous arrêter longuement à l'œuvre dessiné de Sandro, si nous ne possédions, en outre, datant des dernières années de la vie du maître, une longue suite de dessins tout à fait curieux : c'est la série qu'il composa pour l'illustration de la Divine Comédie.

Les humanistes de l'entourage des Médicis n'avaient pas eu moins d'admiration pour Dante que pour les grands écrivains de l'antiquité classique. Laurent le Magnifique lui-même a traduit en italien le traité De la Monarchie; Cristoforo Landini a composé un savant commentaire de la Divine Comédie^ qui fut présenté solennellement à la Seigneurieflorentine, et qui prit place dans l'édition fameuse du poème publiée à Florence en 1481. Il semble bien que, dès ce moment, l'attention de Botticelli, toujours prompt à suivre les tendances de son temps, avait été attirée de ce côté. Dans l'édition de 148 1, on trouve, en effet, accompagnant les premiers chants de l'Enfer^ dix-neuf gravures sur cuivre, qui offrent une ressemblance assez frappante avec les dessins de l'artiste dont je vais parler. Sans doute, le graveur, fort malhabile du reste, a simplifié énorme-

BOTTICELLI iSr

ment les esquisses de Sandro ; et, d'autre part, le départ de Botticelli pour Rome, en interrompant son travail, arrêta au XIX*' chant l'illustration entreprise. Ce n'est point pourtant un fait sans intérêt de constater l'enthousiasme que le peintre, dès cette date, éprouvait pour l'œuvre de Dante. Il ne devait pas tarder à y revenir.

Vasari raconte qu'après son retour de Rome, Botticelli commenta et illustra une partie de la Divine Comédie^ et « qu'il perdit beaucoup de temps à cette œuvre, qui l'empêcha de faire d'autres travaux et mit beaucoup de désordre dans sa vie ' ». Le biographe inconnu du maître, qu'on appelle l'AnO' nyme Gaddiano, a précisé fort heureusement ces indications un peu vagues et suspectes : « Botticelli, dit-il, illustra un Dante sur parchemin, destiné à Lorenzo di Pier Francesco dei Medici; ce fut une ceuvre qu'on tint pour merveilleuse >». On connaît déjà ce cousin du Magnifique, pour qui Sandro travailla en d'autres circonstances encore, et qui, en 1496, était un des protecteurs attitrés de l'artiste ~. Une heureuse fortune nous a conservé en outre le manuscrit même qui fut illustré pour lui. Retrouvé, il y a une cinquantaine d'années environ, par Waagen, dans la collection du duc d'Hamilton, ce précieux ouvrage

Page 1