__ SYPHILIS
La cavité bucco-pharyngienne est un siège d’élection pour toutesles manifestations de la syphilis. Nous étudierons successivement les accidents priinitifs^ secondaires et teidiaires^ nous consacrerons ensuite quelques pages aux lésions qui sont sous la dépendance de la syphilis héréditaire, et enfin nous nous occuperons des rétrécissements du pharynx que cause parfois la syphilis abandonnée à son évolution, mal ou insuffisamment soignée et des moyens d’y remédier.
Chancres buccaux.
La syphilis se gagne souvent par la bouche. Les chancres buccaux sont en effet les plus fréquents, de beaucoup les plus fréquents des chancres extragénitaux.
Sur dix mille chancres observés par Fournier, quatre cent trentecinq siégeaient à la bouche.
Il faut donc compter en clinique avec cette localisation de l’accident primitif, et défait sans cesse, à propos de toutes les ulcérations^ des lèvres, de la langue, des amygdales, nous avons à agiter ce diagnostic.
Parmi ces chancres buccaux, les plus communs sont ceux des. lèvres, puis viennent ceux de l’amygdale et de la langue. Mais on les a rencontrés un peu partout dans la cavité buccale : à la gencive, à la joue, au palais, au voile du palais, ou sur les piliers du voile. Mauriac en aurait même observé un qui siégeait en arrière du pilier postérieur, dans le pharynx meme.
Quelques-uns de ces chancres sont très exceptionnels. C’est ainsi que l’on compte encore les cas observés à la voûte et au voile. Dans son remarquable ouvrage sur les Chancres extrayénilaiix, Alfred Fournier en cite quelques-uns empruntés à sa pratique et aux publications d’autres syphiligraphes. J’en ai recueilli un moi-méme en 1889, sur un jeune homme de vingt ans. Mon maître Desnos, auquel je montrai le malade, trompé par cette localisation, pensa à une lésion scrofuleuse, mais la marche de l'affection lui donna tort et montra bien qu’il s’agissait de syphilis. J’ai soigné ce même malade à la fin de 1893 pour des accidents tertiaires du voile du palais.
Pour les chancres de l’amygdale, pendant longtemps ils n’ont élé l’objet d’aucune description. Ils étaient constamment méconnus, confondus avec d’autres lésions, malgré leur fréquence, à tel point que