‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 123 sur 194 · C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE

la question sous l'aspect le plus généralement admis, et nous passerons en revue, sans vouloir trop préciser leurs indications, les interventions chirurgicales récentes dont le temps n’a pas encore pu consacrer la valeur.

Pathogénie (1). — Les théories émises sur la genèse des accidents peuvent être ramenées à trois ; théorie nerveuse, théorie sympathique •et théorie thyroïdienne.

Tiikorie nerveuse. — Le goitre exophtalmique serait une névrose dont les symptômes se rapporteraient principalement à des troubles fonctionnels de la région bulbo-protubérancielle (parmi les- (juels l’hypersécrétion thyroïdienne). Cette théorie a encore de nombreux partisans (Ballet, Marie) (2). On a cru un moment pouvoir l’appuyer sur les lésions diverses du bulbe que l’on a parfois constatées à l’antopsie, mais qui n’ont pas été retrouvées. Les expériences de Filehne, Durdufi, Bienfait, qui, par la section des corps restiformes, provoquaient certains symptômes basedowiens, n’ont pas été contirmées. En faveur de la théorie nerveuse plaident cependant les rapports étroits qu’atfecte la maladie de Basedow avec les autres névroses dans son étiologie et dans ses allures clinicpies.

Théorie sympathique. — C’est la ]dus ancienne. Elle serait établie au point de vue anatomique i>ar certains auteurs sur une atrophie du grand sympathi([ue et de ses ganglions, mais cette lésion, nnllement spécifique, a été rencontrée dans d’antres états cachectiques. Néanmoins, il faut reconnaître que les opérations nouvelles faites sur le sympathi({ue semblent attribuer à ce nerf un rôle an moins secondaire dans la })roduction des accidents.

Théorie TiiviuiïmENNE. — Mœbius le premier a incriminé le corps thyroïde. Cette opinion a été sontenue ensuite en France par Benant et son élève Bertoye, par .Jotfroy et Achard (3) ; la maladie pourrait alors être ramenée à des lésions primitives dn corps thyroïde qui entraîneraient le trouble dans le fonctionnement de la glande. Mais ces lésions, •d’après Brissaud, existeraient dans beaucoup de corps thyroïdes normaux. Si l’on lient compte de certains faits cliniques, tels que l’apparition de symptômes basedowiens à la suite de l'ingestion de grandes ([uantités de corps thyroïdes (Béclère, Kocher) confirmés par l’expérimentation sur les chiens (Ballet et Enriquez, Congrès de Bordeaux, 1895), il semble bien qn’il faille attribuer la maladie plutôt à un

(1) Ruuhl, Faux goitre exophtalmique {Gaz. des hôp., 1891). — Joffroy, Nature et Hait, du goitre exophtalmique [Progrès méd., 1893). — Mœnius, Trait, du goitre exophtalmicpie iu Specielle Path. und Thérapie de Nothx.\oel, Vienne, 1896. — Duhamel, Contribution à l’étude du faux goitre exophtalmique, thèse de Paris, 1894, no 170. — M. Fat:re, Fitude sur le goitre exophtalmique [Gaz. des hôp., 1897, n” 77, p. 774). — Eulemîurg, De la maladie de Basedow (A'Ue Congrès ail. de inéd. int., Il juin 1897). — Gley, Sur le fonctionnement de la glande tliyroïde et la maladie •de Basedow [Congrès de Bordeaux, AT® session, I893h

)2) Marie, Sem. inèd., 1894, p. 101.

(3) Joffroy et Achard, Arch. de mèd. expérim., 1893.

GOITRE EXOPHTALMIQUE.

trouble dans le fonctionnement quanlitalif du cor|)s lliyroïde ou peutêtre qualitatif (Eulenburg, Révillod).

Ainsi le phénomène primitif serait u le fonctionnement exagéré du corps thyroïde. C’est un trouble humoral. Celte &i‘crélion exagérée mettrait en branle dans le bulbe, ou accessoirement dans la moelle, les noyaux qui président à la symptomatologie de la maladie d(‘ Basedow. Quant à l’exagération initiale de la sécrétion thyroïdienne, elle est déterminée selon toute vraisemblance par toutes les causes morales, infectieuses ou toxicpies (pii agissent sur le système in'rveux » (Ballet et Enri({uez).

Étiologie. — Le goitre exophtalmi(|ue est beaucoiq) jilus fréquent chez la femme et apparaît ordinairement entre vingt-cin(| et quarante ans. Fré([uemment on le trouve associé chez le même sujet à l’hystérie ou à l'épilepsie, et par là il se rapproche de ces névroses qu'il n’est pas rare de retrouver dans les antécédents héréditaires des malades. La maladie de Basedow, d’ailleurs, est parfois héréditaire elle-même. Ajoutons encore qu’elle paraît exister un peu plus fréquemment dans les pays où régnent les endémies goitreuses.

Comme déterminant l'apparition (les accidents, il faut noter les impressions morales vives, les préoccupations, les chagrins. Parfois, à la suite d’une frayeur, la maladie s’est constituée d’un seul cou(> avec tous ses caractères.

Anatomie pathologique. — Je laisse de c(Mé les altérations inconstantes, bulbaires ou sympathiques qui n’ont été mises en avant qu(‘ pour appuyer une théorie, et je m’occuperai seulement des lésions thyroïdiennes bien établies. Le corps thyroïde, dans la grande majorité des cas, otTre l'apparence d’un goitre hypertrophique asymétrique, la coupe en est régulière et uniforme. Dans les cas où l’examen histologique a été fait(l), on note un agrandissement des alvéoles, dont la lumière est remplie par la multiplication des cellules de revêtement, et la sclérose du tissu conjonctif interstitiel, comparable à une cirrhose thyroïdienne. Ajoutons aussi que dans un grand nombre d’autopsies on a trouvé le thymus hypertrophié (Moebius, Marie, Spencer, Debove). Mais cette description ne peut }>as être généralisée à tous les goitres exophtalmiques. Il en est de bien caractérisés par leurs symptômes, et qui au point de vue anatomi(iue nous présentent des formes goitreuses diverses ne dilférant en rien de celles que nous avons étudiées à propos des goitres simples. Maintes fois on trouve des noyaux d’adénome, des kystes simples ou

(1) G. Hæmig, Anatomische Untersuchungen über Morbus Basedovii {Aî'cli. f. klin. Ch., 1897, Band LV, p. 1), — Theilaleh, Des rapports entre la maladie de Basedow et les alTections des organes génitaux {Arch. fiir GynlikoL, Band XLIX, 1895, p. 1). — Doléris, Atîections génitales de la femme et maladie de Basedow {Xouv. arch. d’obstètr. et de gynécoL, juillet 1895).

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