C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE
multiples. Sont-ce là des altérations accessoires, contingentes? nous reviendrons sur ce point.
Symptômes. — Ils sont représentés ]>ar trois signes londamentaux ; la tachycardie, rexophtalinie et le goitre. Au point de vue clinique, tantôt ces signes forment une triade qui permet de reconnaître sans peine la nature de TalTection, tantôt, ils se montrent isolés et on dit alors qu’on est en présence d’une forme fruste de l’affection. On les voit parfois apparaître simultanément, d’autres fois ils ne viennent s’ajouter les uns aux autres qu’après un long intervalle. En tous cas, pour ce ([ui est de la tumeur thyroïdienne, elle est loin d’être la première en date, et on a voulu opposer ces cas à ceux où le syndrome basedowien vient compliquer un goitre resté simple pendant des années.
Trachijcardie. — (Test le signe le plus constant. Le début de la maladie est souvent mal déterminé : les sujets commencent par éprouver des troubles nerveux divers, psychiques, sensitifs et moteurs, parmi lesquels les palpitations tiennent le premier rang. Or, à cet égard, il est intéressant de distinguer les sensations subjectives des phénomènes objectifs. C’est ainsi que l’on peut observer une tachycardie atteignant Lit), 150, et *200 pulsations sans que le malade accuse aucune sensation; d’autres fois, au contraire, avec un éréthisme cardiaque modéré, les malades se plaignent de véritables douleurs précordiales ({ui peuvent aller jusqu’à l’angine de poitrine. Parfois même il y a de l’arythmie. A l’examen du cœur, on constate souvent de l’hypertrophie cardia([ue, souvent aussi des souflles, qui les uns sont inorganiques, les autres organiques. Enfin signalons pour terminer la symptomatologie cardiaque que Debove a rap|)orté des accidents asystoliques survenus au cours de la maladie de Hasedow.
Les artères participent au désordre de l’innervation vasculaire : les carotides sont animées de battements, on y entend des souffles, mais, détail particulier, cet éréthisme vasculaire peut ne pas être généralisé à tout le corps. C’est ainsi qu’à un pouls carotidien ou épigastrique bondissant peut correspondre un pouls radial déprimé.
U exophtalmie peut apparaître tardivement ou même manquer totalement. Ouand elle existe, le plus souvent elle est symétrique, mais dans quehjues cas elle affecte un œil d’une façon prédominante. Au début l’occlusion des paupières se fait complètement, mais à mesure que l’exorbitisme augmente, la fente palpébrale s’élargit, et l’œil reste entr’ouvert, même pendant le sommeil : c’est le signe de Stellwag. En dehors de ce signe, on peut en constater encore un autre, c’est le signe de de Graefe, qui consiste dans la perte de la synergie des mouvements de la paupière et du globe oculaire. Ajoutons la possibilité de complications inflammatoires conjonctivales ou cornéennes allant parfois jusqu’à la fonte purulente de l’œil. 11 faut
GOIT RE EXOPHTALMIQUE. 671
aussi signaler Je nyslagmus et de véritables paralysies des muscles de l’œil (Ballet).
Le goitre s’installe d’ordinaire lentement, procédant par poussées successives qui laissent entre elles des rémissions, et meme de véritables périodes de régression, allure commune aussi à l’évolution des autres symptômes et (pTil est bon de se rappeler lorscpi’il s’agit d’apprécier la valeur d’un traitement. Barcment on voit la tumeur se développer tout d’un coup, il s’agit peut-être alors de goitres préexistants dans les(piels s’est laite une apoplexie thyroïdienne, comme nous l’avons vu à propos des adénomes.
Inutile de revenir ici sur les caractères physi([ues du goitre, assez variables d’ailleurs. Dans les cas types, l’aj)parence est celle d’un goitre hypertrophique, de volume modéré; la tumeur est régulière, de consistance à la lois molle et élastique, comme spongieuse. Parfois elle est légèrement réductible. Il s’agit alors de formes vasculaires, et lorsque l’éréthisme cardiaque est intense, le mouvement d’expansion, le souflle, les battements se retrouvent dans la tumeur au point de simuler un anévrysme. Les troubles fonctionnels dépendant directement de la tumeur sont ordinairement nuis, et l’oppression, qui est fréquente, ne tient généralement pas à la compression de la trachée par le goitre ou par le thymus. Mais il est des cas de tumeurs volumineuses susceptibles de refouler la trachée au point de causer l’asphyxie.
Signes accessoires. — Telle est la triade symptomati([ue du goitre exophtalmi(pie. A côté de ces signes cardinaux, il existe un grand grand nombre de signes accessoires, portant sur tous les appareils, et dont une partie se rapporte dans plus d’un cas à l’hystérie concomitante. Le tremblement, étudié avec grand soin par Charcot et Marie, est le plus important de ces signes satellites. Pour un grand nombre d’auteurs, il a une valeur séméiologique égale à celle des symptômes fondamentaux, et peut, dans certaines formes frustes, permettre pour ainsi dire à lui seul de faire le diagnostic. Ses caractères sont en elîet tout à fait spéciaux : il est constitué par une série de secousses brèves se succédant avec une telle rapidité (|ue le malade semble animé d’une véritable vibration qui se sent plus qu’elle ne se voit. Signalons encore les crises convulsives épileptiformes, les crampes, l’etïondrement des jambes, etc.
Les troubles sensitifs sont également nondjreux : névralgies diverses, hyperesthésies, anesthésies, crises gastri([ues. Il faut encore ajouter l’insomnie, et les modifications du caractère. Les malades sont irritables et d’une inégalité d’humeur qui aboutit parfois à une insociabilité complète (Létienney.
Du côté de la peau, le symptôme sur lequel Vigoureux a attiré l’attention en 1888, c’est-à-dire la diminution de la résistance électrique, paraît n’ètre dû qu’à la plus grande conductibilité de la peau.