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II. — ANOMALIES DES DIVERS PLANS

Du côté des parties mottes^ nous signalerons seulement les nævi et angiomes, assez fréquents au thorax, et quelques cas de lipomes congénitaux, limités ou diffus, qui s’observent de préférence près du rachis et ne sont probablement que des lymphangiomes kystiques ayant sul)i la dégénérescence graisseuse (Lannelongue).

Les kgstes congénitaux offrent plus d’intérêt, et aujourd’hui encore, c’est dans le Traité de Lannelongue et Achard que nous trouvons les documents les plus précis sur ces tumeurs. Comme au cou, on peut voir au thorax les trois variétés de kystes : dermoïdes, mucoïdes, séreux.

Le siège d’élection des kystes dermoïdes du thorax est la région sternale; on les a observés principalement au niveau de l’union des deux premières pièces du sternum, et Lannelongue en rapporte cimj cas où la nature dermoïde de la poche est nettement établie. Peyrol signale un fait plus récent publié par Clutton.

Ici comme ailleurs, il n’y a pas de ligne de démarcation précise entre la variété dermoïde et la variété mucoïde, et on a observé des kystes dont la paroi était en partie cutanée et en partie muqueuse : tel un kyste présternal, opéré par A. Nélaton, et dans lequel l’examen histologique, pratiqué par Ch. Robin, a montré un mélange d’épithélium pavimenteux et d’épithélium vibratile.

(1) P. MAïut:, Dé.'onnatioas thoraciques dans quelques affections méd'cales [Gaz. hebdoni., 11 tev. 1896).

CH. SOULIGOÜX. — AFFECTIONS DE LA POITRINE

Quant aux ki/sles mucoïdes purs, nous ne connaissons que le cas (le Houel rapporté par Lannelongue : le kyste à épithélium vibratile siégeait au-devant du sternum.

Sans reprendre ici la pathogénie de ces tumeurs, discutée ailleurs par Pierre Delbet, nous rappellerons que leur siège au-devant du sternum, sur la ligne médiane, à Tunion des lames thoraciques, s’accorde avec la théorie de renclavement.

Les kystes séreux, ou lymphangiomes kystiques de la région thoracique, sont beaucoup moins fréquents que ceux du cou. Leur topographie, contrairement à celle des tumeurs précédentes, n’a rien de fixe, et elles restent indépendantes des fentes ou tissures embryonnaires. Pour ce qui concerne leur anatomie pathologique et leur pathogénie, nous renvoyons au chapitre que Pierre Delbet a écrit sur les lymphangiomes en général (1). Ceux du thorax ne présentent rien de particulier. Ils peuvent occuper des points variables de la paroi. Quelques-uns empiètent à la fois sur le cou et la poitrine. Ils acquièrent parfois un volume considérable, tels : un cas de Müller oij la tumeur, longue de 34 centimètres, s’étendait du creux axillaire jusqu’au bassin; un cas de Lannelongue, où le kyste, occupant toute la moitié droite du thorax, recouvrait entièrement les côtes, et avait été pris pour une énorme pneumocèle congénitale.

L'extirpation est le traitement de choix des différentes variétés de tumeurs congénitales du thorax. Les difficultés de dissection, qui peuvent arrêter lorsqu’il s'agit des kystes séreux du cou, n’existent pas pour ceux de la poitrine, et le trop jeune âge du sujet est la seule contre-indication dont il faille tenir compte.

Les anomalies musculaires des parois thoraciques sont nombreuses. Elles intéressent plus l’anatomiste que le chirurgien.

Les anomalies du squelette portent sur les côtes ou le sternum.

Assez fréquentes, les anomalies costales s’observent dans la forme, le développement et le nomI)re.

La courbure des côtes varie beaucoup suivant les individus, indépendamment des causes qui peuvent modifier leur forme, comme le vêtement ou la profession. D’après Peyrot, on a vu les arcs costaux devenir convexes en dedans, rétrécissant ainsi la poitrine d’une façon considérable (2).

L’extrémité antérieure des côtes peut être bifurquée, ainsi que le cartilage correspondant : la côte semble alors s’articuler par deux cartilages avec le bord du sternum. Ou bien les deux branches de bifurcation se réunissent avant l’articulation chondro-sternale et la côte paraît perforée.

Les côtes sont parfois arrêtées dans leur développement. La plupart des anomalies de ce genre ont été observées sur le cadavre, et on ne

(1) Pierre^Delbet, Traité de chirurgie clinique, t. I, p. 478.

(2) Peyrot, Traité de chirurgie publié sous la direction de Duplay et Reclus, t.VL

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